Des politiciens suisses en Erythrée? Polémique

DiplomatieLe séjour d'acteurs politiques suisses en Erythrée est perçu comme une action de propagande du régime dictatorial.

Claude Béglé (PDC/VD) fait partie du voyage qui suscite la polémique.

Claude Béglé (PDC/VD) fait partie du voyage qui suscite la polémique. Image: Keystone

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«J'ai renoncé de mon plein gré au voyage lorsque j'ai été informée du lieu et du programme», a déclaré la conseillère aux Etats Pascale Bruderer (PS/AG) dans une interview à la Schweiz am Sonntag. Elle avait été sollicitée pour participer à ce séjour dont le but est d'évaluer la situation sur place.

Pascale Bruderer estime que ce voyage ne peut que donner une image déformée de la réalité. En dépit de rencontres prévues avec des représentants du gouvernement érythréen, elle a réalisé qu'il aurait été difficile d'entrer en contact avec les locaux, justement ceux qui «pourraient parler du régime ouvertement et avec un regard critique».

Dans le cadre de voyages privés, plusieurs politiciens suisses sont partis en Erythrée la semaine dernière. Parmi eux, les conseillers nationaux Thomas Aeschi (UDC/ZG), Yvonne Feri (PS/AG), Claude Béglé (PDC/VD) et la conseillère d'Etat écologiste argovienne Susanne Hochuli. Le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE) doit les rejoindre mardi. Les politiciens prévoient de rentrer à la fin de la semaine.

Hochuli se défend

Dans l'interview, Pascale Bruderer fait aussi remarquer que le consul honoraire suisse Toni Locher, organisateur de l'excursion, est payé par le gouvernement érythréen. De son côté, Susanne Hochuli, chargée de l'asile en Argovie, conteste dans la SonntagsZeitung le fait que le pays soit soumis à un régime totalitaire à l'image de la Corée du Nord.

La conseillère d'Etat affirme qu'elle et sa fille ont pu se déplacer librement, sans la présence de Toni Locher. Dans la capitale Asmara, elles ont eu l'occasion de faire connaissance avec des Erythréens, «par hasard», à toute heure du jour et de la nuit.

Cesla Amarelle (PS/VD) a, parmi d'autres, fortement critiqué la participation de la présidente des Femmes socialistes Yvonne Feri à ce voyage, rapporte Le Matin Dimanche.

Contrairement à Pascale Bruderer, Christian Wasserfallen estime qu'il faut se demander si un tel voyage fait sens. «Celui qui veut se faire une opinion doit se rendre sur place, quel que soit l'organisateur».

Près de 10'000 requérants d'asile

L'Erythrée constitue le premier pays de provenance des requérants d'asile en Suisse, avec 9966 requêtes l'année dernière, environ 3000 demandes de plus qu'en 2014.

En août dernier, le conseiller d'Etat lucernois Guido Graf (PDC) avait envoyé une lettre au Conseil fédéral, demandant que le statut de réfugié ne soit plus accordé aux Erythréens. Il estimait que leur intégrité physique et leur vie n'étaient plus menacées.

Cheffe du Département fédéral de justice et police, Simonetta Sommaruga avait répondu qu'il n'était pas question de renvoyer les Erythréens dans leur pays, le qualifiant «d'Etat arbitraire». De nombreux rapports décrivent l'Erythrée comme une dictature et un Etat de non-droit. (ats/nxp)

Créé: 07.02.2016, 17h47

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