«Les politiciens suisses surestiment Facebook»

Réseaux sociauxLe Webmaster de l’UDC Kevin Grangier conseille aux membres de son parti d’être présents sur les réseaux sociaux. Une excellente plate-forme pour lancer des idées, estiment nombre d'élus.

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«De manière générale, les politiciens suisses surestiment la portée de Facebook et des réseaux sociaux. Néanmoins je pousse les membres de l’UDC, tout en restant prudent, d’y être présents.» Kevin Grangier, porte-parole adjoint de l’UDC Suisse, et webmaster de la formation politique sait de quoi il parle. D’ailleurs, il anime des séminaires sur les réseaux sociaux et conseille ses collègues de parti qui veulent franchir le pas des nouvelles technologies.

«C’est un outil idéal pour se connecter avec d’autres acteurs de la vie politique, comme les journalistes par exemple, mais la relation directe avec la population ne marche pas vraiment. J’imagine que c’est cela qu’Ueli Maurer a expérimenté et qui l’a déçu», analyse Kevin Grangier.

Par ailleurs, le webmaster UDC estime ainsi que les circonscriptions électorales en Suisse sont trop petites pour qu’on puisse réellement escompter un retour avéré malgré une présence forte sur Facebook. Il faut en être, sans se faire d'illusions, résume-t-il.

Mais attention aux dérapages! Kevin Grangier conseille ainsi une grande prudence à ses collègues de parti. «Sur le Net, il ne faut pas mélanger sa vie privée et sa vie publique: sinon on perd la maîtrise de son image. De plus la frontière de la civilité et de la courtoisie est très rapidement franchie», glisse le communicateur de l’UDC.

«On doit savoir garder son sang-froid. Un parti comme l’UDC est souvent pris à partie et étiqueté de manière peu aimable», commente Kevin Grangier. Qui, d'ailleurs, cite aussi bien les cas de propos à l’emporte-pièce de membres de l’UDC que de réponses trop virulentes à des contradicteurs.

Maîtriser Facebook exige du temps

«Pour que ce soit intéressant, il faut avoir le temps. Le profil Facebook doit être dynamique: répondre rapidement, et lancer des thèmes de discussions variés», estime Ada Marra. La socialiste vaudoise est une politicienne très active sur Facebook.

La conseillère nationale en retient deux choses: «Cela permet d’atteindre un autre public que celui qui écoute la radio, par exemple. Et cela offre l’occasion de vrais débats démocratiques. Je peux y lancer des idées et affiner mes argumentaires», explique Ada Marra.

Même son de cloche chez le libéral-radical genevois Christian Lüscher. «C’est un bon baromètre pour lancer des idées. Mais c’est avant tout un outil de communication: je ne vais pas chercher de la substance politique sur Facebook», explique le vice-président du PLR. Qui avoue aimer croiser le fer avec ses collègues parlementaires fédéraux sur la Toile. «Je profite de cette exposition pour corriger les idées d’Ada Marra, de Carlo Sommaruga et d’Antonio Hodgers», s’amuse l’avocat genevois.

Ne pas favoriser les offenses

Mais pour le coup, c’est souvent pour «défendre» ses meilleurs ennemis politiques qu’il a dû à quelques reprises bloquer des internautes. «J’ai une notion très large de la liberté d’expression, mais je ne tolère pas que sur mon mur Facebook on insulte mes adversaires politiques sous prétexte qu’on est d’accord avec moi», affirme Christian Lüscher.

Cela ne l’empêche nullement quelques provocations… Christian Lüscher a ainsi proposé de «botter le cul à ce sale gamin de David Roth qui s’est réjoui de la mort de Margaret Thatcher». Plus de 200 commentaires à ce «post». Et la presse traditionnelle alémanique qui s’est empressée d’appeler le Genevois pour recueillir sa réaction.

La polémique a d'ailleurs démarré sur Facebook. C'est sur son profil que le président des jeunes socialistes a dit vouloir «trinquer à la mort de la Dame de fer». Il arrive parfois que l’actualité des réseaux sociaux finisse dans les journaux papier!

Créé: 11.04.2013, 17h14

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