Avenir Suisse propose un service citoyen

CollectivitéLe think-thank suisse cherche des solutions pour sauver notre système de milice politique, en mal de volontaires.

L'idée un peu provocante vise à parer le manque de politiciens suisses, de passer du vote au mandat, en d'autres termes. (Photo d'illustration)

L'idée un peu provocante vise à parer le manque de politiciens suisses, de passer du vote au mandat, en d'autres termes. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Pendant deux cents jours, les citoyens suisses âgés de 20 à 70 ans, hommes, femmes et étrangers bien établis, devraient effectuer un «service citoyen». Il s’agirait d’accomplir des tâches pour la collectivité, comme des mandats parlementaires à tous les niveaux, dans les instances officielles communales et leurs Conseils, ou de participer au développement de projets pour la communauté.

L’idée «un peu provocante» vient du think tank Avenir Suisse, qui cherche des solutions pour parer au manque toujours plus marqué de politiciens suisses. Depuis une quinzaine d’années, les parlements communaux et cantonaux se vident. En 1997, la participation au système de milice en dehors des heures de travail était évaluée à 26,5%. La participation citoyenne informelle (comités, manifestations…) était de 30,2%. En 2013, ces chiffres étaient tombés à 20% et 18,6%.

Un livre sur la question

Le groupe de réflexion a publié un livre sur la question, présenté hier à la presse à Zurich intitulé État citoyen et citoyens dans l’État - la politique de milice entre le mythe et la modernité. Selon l’étude, cette désertion s’explique pour plusieurs raisons: les tâches gouvernementales se sont par exemple complexifiées et prennent plus de temps. C’est aussi le cas des tâches professionnelles, laissant aux individus moins de temps libre. Ceux-ci sont aussi moins enclins à sacrifier le temps dédié à la famille ou aux hobbys à la res publica.

Au niveau national, le système de milice cède ainsi lentement la place à la professionnalisation. La proportion des politiciens à plein-temps s’élève aujourd’hui à 50% dans les Chambres fédérales. Seuls 13% des conseillers nationaux sont encore de véritables politiciens de milice. Tous les autres, ainsi que l’ensemble du Conseil des États, exercent leur mandat politique comme une activité professionnelle à temps partiel.

Les Communes restent ainsi celles qui se basent le plus sur un système de milice. Et elles ont bien du mal. «La moitié des Communes ont de la peine à trouver des candidats pour leur Conseil, explique l’auteur de l’ouvrage, Andreas Müller. Seules 62% des Communes ont des candidats qui s’opposent, tandis que 30% des petites Communes ont autant de candidats que de sièges. On est en droit de se demander si la démocratie fonctionne encore vraiment.»

Susciter le débat

Le service de milice ferait ainsi office d’apprentissage de la citoyenneté, qui pourrait peut-être donner naissance à des vocations. «A l’heure où l’individualisme prédomine et pousse les gens à se désintéresser de l’engagement politique, instaurer un système bureaucratique pour les y pousser ne risque-t-il pas, au contraire, de tuer toute motivation?» fait remarquer un journaliste. Avenir Suisse admet qu’il s’agit d’une idée parmi d’autres. «Nous souhaitons avant tout créer le débat sur la question, répond Andreas Müller. Bien que la population y soit très attachée, le système de milice devient toujours plus difficile à maintenir. La tendance est à la professionnalisation. Si c’est ce que nous souhaitons vraiment, il faut que nous nous engagions définitivement dans cette voie. Sinon, il faudra bien trouver des solutions.» (24 heures)

Créé: 14.01.2015, 08h18

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