CFF: le plan Sommaruga est bien accueilli

Investissements ferroviairesLa conseillère fédérale socialiste prévoit de défendre l’an prochain un crédit-cadre de 14,5 milliards au profit du rail.

La conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga a manifesté la ferme intention de développer la fiabilité du rail.

La conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga a manifesté la ferme intention de développer la fiabilité du rail. Image: KEYSTONE

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Dans les dernières éditions du «Matin Dimanche» et de la «SonntagsZeitung», Simonetta Sommaruga, cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), a manifesté la ferme intention, entre autres, de développer la fiabilité du rail. Concrètement, la magistrate socialiste prévoit de défendre l’an prochain, au sein du gouvernement, un crédit-cadre d’environ 14,5 milliards de francs. Cette somme serait investie dans la maintenance des infrastructures du réseau CFF, de 2021 à 2024. Soit un supplément de 1,3 milliard par rapport aux frais consentis au cours de la législature précédente.

Pas que les CFF

«Nos experts m’ont confirmé que nous pourrions améliorer beaucoup de choses avec un tel montant. Toutes les compagnies de chemins de fer en profiteront, pas seulement les CFF», a indiqué la conseillère fédérale. Tout en ajoutant une précision cruciale: «L’argent nécessaire pour ces travaux d’entretien est déjà disponible, grâce au fonds pour les infrastructures ferroviaires.» Nouvelle aussi rare que rassurante à la veille de grands travaux, favorisant évidemment un accueil plutôt favorable! «Le fonds pour les infrastructures ferroviaires porte, il est vrai, sur une échéance indéterminée. Il repose en outre sur des sources de financement garanties dans la durée», rappelle Patrick Eperon, responsable de la politique de mobilité au Centre Patronal de Lausanne.

Cette solidité financière ne supprime pas pour autant les difficultés. «Les fonds sont là, certes, confirme Olivier Français, conseiller aux États vaudois libéral-radical et président de la Commission des transports et des télécommunications de 2015 à 2017. Il reste néanmoins à faire avancer la réalisation des projets avec le concours des cantons et des communes. À ce titre, le retard atteint déjà deux ans rien qu’en gare de Lausanne.» Il insiste sur la complexité des tâches à prévoir dans un grand plan d’entretien des infrastructures ferroviaires: «Ce n’est pas qu’une question d’argent. Il faut en plus assurer des conditions structurelles propices aux réalisations. Sans omettre de consulter les populations locales.»

«Nous nous trouvons davantage exposés à un risque de chaos que de manque d’argent»

Patrick Eperon, responsable de la politique de mobilité au Centre Patronal de Lausanne

Cette précision rappelle les réels défis opérationnels de l’été dernier, entre Lausanne et Berne, imposant de gros efforts de coopération dans diverses communes. Ces prochaines années, divers blocages de tronçon seront encore au programme. Comme entre Neuchâtel et Berne. Cette perspective ne semble pas remettre en cause l’accueil favorable réservé aux intentions de la prochaine présidente de la Confédération. «Sur le long terme, ces blocages de tronçon apportent une réelle plus-value et n’autorisent aucune politique du saucisson. Prendre soin d’infrastructures ferroviaires requiert des travaux de fond en comble», relève Olivier Français.

Tenant compte de ces nouveaux désagréments à prévoir sur le réseau CFF, Patrick Eperon n’hésite pourtant pas à lancer une véritable alerte, notamment à l’intention des Romands: «Ces nouvelles interruptions de trafic sur certaines parties du réseau se révéleront, malheureusement, inévitables. D’autres coupures de ligne s’annoncent probables et même plus nombreuses encore qu’aujourd’hui. En particulier en Suisse romande, du fait de retards dans l’entretien des infrastructures dans cette région.»

Les vieux démons

Les informations livrées par Simonetta Sommaruga réveillent de vieux démons: les rivalités de la route et du rail, en matière d’investissements des pouvoirs publics. «Le rail et la route ne se trouvent nullement en concurrence d’un point de vue financier. Ils disposent chacun de fonds et d’enveloppe budgétaire distincts», souligne Isabelle Pasquier-Eichenberger, conseillère nationale Verte genevoise et membre de la Commission des transports et des télécommunications.

Cette réalité financière ne dissipe pas tous les tiraillements. «Je suis moi-même pour le report modal de la route au rail. Des solutions doivent néanmoins être apportées au goulet d’étranglement de Crissier et dans le contournement de Lausanne et Morges», rappelle Olivier Français. Patrick Eperon aborde le même problème sous un angle national: «Les infrastructures ferroviaires et routières vont prendre du retard sur la planification, tandis que le trafic continuera d’augmenter sur les deux réseaux. Nous nous trouvons donc davantage exposés à un risque de chaos que de manque d’argent. Le défi du jour relève des délais et des réalisations, mais pas des financements.»

Créé: 29.12.2019, 20h36

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