«Il y a un intérêt à prolonger les indemnités des chômeurs le temps de la crise»

CoronavirusLes personnes en fin de droit espèrent un geste du Conseil fédéral. Le syndicat Unia revendique 200 jours supplémentaires, tandis que le président de l’USS demande l’arrêt des recherches d’emploi.

«C’était déjà difficile pour les gens de retrouver un emploi avec une économie qui fonctionnait à plein régime; cela ne va pas s’arranger avec 20% de l’activité économique qui tombe», réagit le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard

«C’était déjà difficile pour les gens de retrouver un emploi avec une économie qui fonctionnait à plein régime; cela ne va pas s’arranger avec 20% de l’activité économique qui tombe», réagit le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard Image: Keystone

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Dans le plan de sauvetage de l’économie à 42 milliards de francs annoncé par le conseiller fédéral Guy Parmelin, il a essentiellement été question de mesures visant à maintenir à flot un maximum d’entreprises du pays, ainsi que l’activité des travailleurs indépendants. Avec notamment la promesse de prêts d’urgence jusqu’à 500'000 fr., à un taux d’intérêt «minime» et garantis à 100% par la Confédération, dès ce jeudi.

Les personnes se trouvant actuellement au chômage n’ont cependant pas eu voix au chapitre, si ce n’est que les nouveaux inscrits pourront bénéficier des indemnités de non-emploi avec effet immédiat, le délai d’attente de 5 à 20 jours ayant été supprimé. Mais quid des chômeurs dont le droit à l’indemnité sera échu ce printemps, voire l’est déjà depuis la mi-mars? Bénéficieront-ils d’un report, à l’instar des poursuites suspendues jusqu’au 4 avril? Car si vendredi dernier l’activité économique fonctionnait encore «à 80%», selon le ministre des Finances Ueli Maurer, les perspectives de retrouver un emploi à moyen terme s’annoncent très compromises dans de nombreux secteurs économiques.

«C’était déjà difficile pour les gens de retrouver un emploi avec une économie qui fonctionnait à plein régime; cela ne va pas s’arranger avec 20% de l’activité économique qui tombe», réagit le président de l’Union syndicale suisse (USS), Pierre-Yves Maillard. «Plutôt que d’accabler encore plus ces gens en leur faisant consommer les maigres économies qui leur restent, il y a un intérêt à les maintenir au chômage le temps de la crise, en attendant que le système reparte.»

«Parer au plus pressé»

Une prolongation du droit à l’indemnité que le Vaudois qualifie de «nécessaire», «au même titre que l’arrêt des demandes de recherche d’emploi»: «il faut vraiment parer au plus pressé: tout ce qui est contrôle de routine doit être allégé, car le traitement des demandes de réduction du temps de travail doit mobiliser toutes les ressources des services cantonaux de l’emploi. Nous savons que des milliers de demandes arrivent, si bien que même en prenant 10 minutes par demande, ce sont des dizaines de postes de travail à plein temps pour les traiter. C’est vraiment l’enjeu critique.»

«A situation extraordinaire, mesures extraordinaires», abonde le vice-président d’Unia -le plus grand syndicat du pays-, Aldo Ferrari. «Nous revendiquons que celles-ci s’appliquent pendant 200 jours, ce qui permettrait de passer 2020. Car quand nous serons sortis de cette crise et qu’il s’agira de remettre la machine en marche, les employeurs vont probablement avoir d’autres inquiétudes que de procéder à des entretiens d’embauche.» Et d’ajouter: «si des gens pensent que certains pourraient profiter du coronavirus, je les invite à visiter les Urgences du CHUV ou des HUG.»

Ce lundi, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) s’est dit favorable «à ce qu’une solution soit trouvée» pour les chômeurs en fin de droit, en précisant que la problématique est du ressort du Conseil fédéral. Le chef de la Direction du travail, Boris Zürcher, a en revanche annoncé que le SECO fera effectivement des propositions visant à «alléger» les obligations en matière de recherche d’emploi. «Cela n’a pas de sens de maintenir la sévérité actuelle», a-t-il indiqué. Tout en déplorant que des Cantons, comme Genève, aient pris les devant en décrétant «unilatéralement» la semaine dernière que les recherches d’emploi ne sont plus obligatoires sur leur territoire pour les chômeurs.

Créé: 24.03.2020, 11h58

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