La Suisse est en train de devenir une «dictature», clame Blocher

PolitiqueLe tribun zurichois UDC a dénoncé un «coup d’Etat silencieux», vendredi soir lors de son traditionnel discours de l’Albisgütli.

Près de 1300 personnes se sont rendues à la traditionnelle grand-messe de l’UDC zurichoise.

Près de 1300 personnes se sont rendues à la traditionnelle grand-messe de l’UDC zurichoise. Image: KEYSTONE

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Albisgütli 28e. L’UDC zurichoise organisait vendredi soir sa grand-messe annuelle. Au rythme des trompettes de la fanfare, les quelque 1300 invités, sympathisants du parti, remplissent peu à peu l’immense salle du Schützenhaus, sur les hauteurs de Zurich. Les pontes du parti sont là.

On croise le conseiller fédéral Ueli Maurer, le président du parti, Toni Brunner et son successeur désigné, Albert Rösti. Des représentants de la nouvelle garde ont aussi répondu présent: les conseillers nationaux Thomas Aeschi ou Roger Köppel prennent place à l’une des longues tables dressées pour l’occasion. Peu avant 19 h, la star de la soirée, Christoph Blocher, fait son apparition. Les photographes s’enflamment.

Peut-être plus que d’habitude, le discours du tribun zurichois est attendu avec impatience. Il s’agit de sa première sortie officielle depuis qu’il a annoncé, quelques jours plus tôt, son retrait de la vice-présidence de l’UDC pour avril prochain. Et c’est sous des applaudissements nourris, après l’allocution introductive du président de l’UDC zurichoise Alfred Heer, que l’ancien conseiller fédéral monte sur scène.

Atteintes à la souveraineté

Qu’a-t-il réservé à l’assemblée? Une fois n’est pas coutume, Christoph Blocher déplore les atteintes à la souveraineté du peuple, point central de son discours 2016. «On place le droit international au-dessus du droit national approuvé par le peuple en ignorant la volonté du peuple. On refuse d’expulser les étrangers criminels en ignorant la volonté du peuple. On refuse de stopper l’immigration de masse en ignorant la volonté du peuple.»

L’ancien conseiller fédéral le clame: «La Berne fédérale s’est engagée sur la voie de la dictature. Nous sommes en train d’assister à un coup d’Etat silencieux.» A quelques semaines de la votation sur l’initiative de l’UDC sur la mise en œuvre pour le renvoi des étrangers criminels, le 28 février, Christoph Blocher fustige le front qui s’est dressé contre le texte. «Le non-respect de la volonté du peuple est devenu une habitude, voire un programme pour l’administration. Le combat acharné que mènent les milieux politiques, les autorités, l’administration et les juges contre l’initiative de mise en œuvre en est un signe évident. Les autres partis refusent d’expulser les étrangers criminels alors que le peuple et les cantons ont pris clairement cette décision il y a cinq ans.»

Les juges fédéraux en prennent particulièrement pour leur grade, accusés par Christoph Blocher de «se placer au-dessus du législateur suisse sous le prétexte du droit international. Les juges ont le droit de dire le droit, mais pas d’ignorer le droit suisse démocratiquement légitimé.» Le tribun UDC exhorte son parti à déposer une initiative parlementaire réclamant que tous les juges fédéraux prêtent serment devant l’Assemblée fédérale, où ils seront obligés de jurer d’observer la Constitution et les lois.

Christoph Blocher n’oublie pas d’aborder le thème brûlant de l’asile, s’alarmant du nombre de requérants «affluant sans obstacles dans notre pays». «Des frontières n’ont un sens que si on les protège. Sans frontières, il n’y a plus d’Etat. Nos frontières ne s’opposent pas à notre liberté, mais au contraire, elles en sont la condition.»

«Le combat commence»

Ce n’est qu’au terme de son discours, long de plus d’une heure, que Christoph Blocher rassure ceux qui craignaient de le voir s’effacer à la suite de son départ des instances dirigeantes de l’UDC. «Je n’ai pas quitté la vice-présidence pour arrêter le combat, mais pour le commencer.» Tonnerre d’applaudissements.

Il est passé 21 h lorsque l’invité d’honneur prend la parole. Comme le veut la tradition, il s’agit du président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann. Qui n’a pas peur d’aborder les sujets qui fâchent. Le conseiller fédéral PLR s’attire les huées du public lorsqu’il déclare que l’initiative de mise en œuvre est «inacceptable». Mais ce sont des applaudissements qui se font entendre lorsqu’il annonce… en avoir bientôt terminé avec son discours. (24 heures)

Créé: 15.01.2016, 23h27

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