La fille de Blocher au Conseil fédéral? «Une provocation»

PolitiqueLes propos tenus par Magdalena Martullo-Blocher (UDC/GR) dans la presse dominicale font réagir les partis bourgeois.

Magdalena Martullo-Blocher au Conseil national en mars 2017.

Magdalena Martullo-Blocher au Conseil national en mars 2017. Image: Keystone

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La fille de Christoph Blocher pourrait-elle se porter un jour candidate au Conseil fédéral? «Seulement en cas d’absolue nécessité, répond la conseillère nationale Magdalena Martullo-Blocher (UDC/GR) dans une interview accordée à SonntagsBlick et au Temps. Par exemple si l’Union européenne nous mettait une forte pression économique.» La patronne du groupe Ems-Chemie précise cependant qu’elle ne s’attend pas à cela aujourd’hui.

«Effectivement, cela n’est pas nécessaire!» ironise Christian Lüscher, vice-président du PLR. Le conseiller national genevois estime que l’UDC est le parti «le plus à côté de la plaque» s’agissant du dossier européen. Il côtoie Magdalena Martullo-Blocher au sein de la Commission de l’économie du National. «Toutes les positions qu’elle adopte vont contre notre industrie d’exportation, dit-il. Récemment encore, elle a montré qu’on ne pouvait pas compter sur elle dans la lutte contre l’îlot de cherté qu’est la Suisse.» Par ailleurs, le Genevois juge «inélégants» les propos de l’intéressée vis-à-vis des deux conseillers fédéraux en place Ueli Maurer et Guy Parmelin.

«La marionnette du père»

Yannick Buttet, vice-président du PDC, se montre encore plus incisif. «C’est de la provocation, lâche-t-il. Personne n’a envie du clone de Christoph Blocher au gouvernement.» Et de rappeler que l’ex-conseiller fédéral UDC (2003-2007) conserve une influence majeure dans son parti. Selon le conseiller national valaisan, «la fille serait la marionnette du père si elle accédait au Conseil fédéral». Mais il ne croit pas une seconde à un tel scénario. «C’est plutôt une opération de communication en vue des élections de 2019, estime-t-il. J’ai entendu dire qu’elle est en difficulté dans les Grisons.»

Entrée en 2015 sous la Coupole fédérale, Magdalena Martullo-Blocher, 48 ans, affirme avoir davantage de plaisir dans son rôle de cheffe d’entreprise que dans celui de députée. Elle critique le flot d’interventions, la longueur des sessions, l’inflation du travail législatif… Son père qualifiait de «perte de temps» l’activité parlementaire. «Je peux le comprendre», confie-t-elle à SonntagsBlick. Elle se dit néanmoins prête à rempiler à Berne si elle reste en bonne santé et si son activité à la tête d’Ems-Chemie le lui permet.

Fidèle à la ligne dure

La conseillère nationale UDC égratigne au passage le PDC et le PLR. Les alliances avec les partis bourgeois se révèlent difficiles, constate-t-elle. Les démocrates-chrétiens «ne votent pas de manière constante et unie». Idem chez les libéraux-radicaux. «Il y a souvent des voix divergentes, qui empêchent de former une majorité», déplore-t-elle. «C’est totalement faux, réagit Christian Lüscher. Sur les grands sujets, notamment nos relations avec l’UE, le PLR est uni.» Son homologue du PDC rejette lui aussi la critique de Magdalena Martullo-Blocher. «Elle nous reproche d’être un parti typiquement suisse, analyse le Valaisan. Pendant que l’UDC cherche à gagner des voix, nous cherchons le consensus, des solutions pratiques et réalistes. Pour cela, il faut négocier avec tout le monde. Aucun parti ne peut imposer une décision à lui seul.»

L’héritière de Christoph Blocher, en tout cas, ne montre aucune intention de s’écarter de la ligne dure de l’UDC. La libre circulation des personnes? «On peut la suspendre sans problème.» Le milliard de cohésion pour l’Union européenne? «On n’a pas besoin de continuer à le verser», assure-t-elle. Les quotas de femmes dans les entreprises? Elle y est «totalement opposée». Même EconomieSuisse, dont elle est membre du comité directeur depuis peu, ne trouve pas grâce à ses yeux: «Elle est trop soumise à l’Europe.» Quant à l’initiative «No Billag», soumise au vote le 4 mars prochain, Magdalena Martullo-Blocher la soutient en insistant sur «les importantes économies» que la SSR, «ce monstre étatique», refuse de faire (24 heures)

Créé: 20.11.2017, 10h22

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