Le PLR veut armer la Suisse contre la crise

EconomieEn campagne électorale, le parti met en avant son thème fétiche. Avec quelques nouveautés.

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Guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, taux d’intérêt négatifs, pénurie de main-d’œuvre qualifiée ou encore signes de récession en Allemagne: pour le PLR, les nuages s’amoncellent dans le ciel économique. À deux mois des élections fédérales, le parti cherche à faire revenir son domaine de prédilection dans les radars de la campagne. Il a présenté jeudi à Berne un papier de position qui rassemble ses principales propositions économiques et fiscales. «Ce n’est pas parce que la Suisse va bien en ce moment qu’il en sera toujours ainsi», lance la présidente du PLR, Petra Gössi.

Taux unique pour la TVA, imposition individuelle, fiscalité plus attrayante, libéralisation du marché du travail: une bonne partie de la recette libérale-radicale est connue. Petra Gössi l’admet. «Mais nous devons enfin aller de l’avant. Il n’y a plus d’excuse», ajoute-t-elle.

Une immigration qualifiée

Le papier économique du PLR contient aussi de nouvelles propositions. Rassemblées, elles font figure de plan B au cas où l’accord-cadre avec l’Union européenne, principal partenaire économique de la Suisse, sombrait totalement. Par exemple, cette urgence de signer de nouveaux accords de libre-échange avec les États-Unis et le Mercosur, selon une doctrine: «Plus les relations avec l’UE sont incertaines, plus les accords de libre-échange avec les États tiers deviennent importants.»

Face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, accentuée par la pression sur la libre circulation des personnes avec l’UE, le PLR propose de retenir en Suisse les jeunes étrangers qui y ont obtenu un master ou un doctorat, notamment dans le domaine technologique. «Le PLR ne veut pas plus d’immigration, mais une immigration qualifiée», commente le vice-président, Christian Lüscher. «Selon une étude d’UBS, il manquera jusqu’à 500'000 travailleurs qualifiés au cours des dix prochaines années», ajoute le Genevois.

Le parti imagine aussi l’avenir d’une Suisse boutée hors des prestigieux programmes de recherche européens. Il préconise notamment de coopérer davantage avec le Royaume-Uni, la Corée du Sud ou encore le Japon.

Faut-il en déduire que le PLR a déjà enterré l’accord-cadre défendu par son ministre, Ignazio Cassis? «Nous avons dit un oui de raison à cet accord. Mais s’il échoue, on ne peut pas réagir du jour au lendemain. Il faut s’y préparer à l’avance», répond Petra Gössi.

Créé: 22.08.2019, 18h25

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