Le PS prône la transparence des dons politiques

CampagneLes soutiens à partir de 10'000 francs échapperaient à l'anonymat. Les critiques fusent.

Le président du Parti socialiste et conseiller aux Etats, Christian Levrat (à gauche), assure qu’il n’y a pas de «grands dons politiques sans contrepartie».

Le président du Parti socialiste et conseiller aux Etats, Christian Levrat (à gauche), assure qu’il n’y a pas de «grands dons politiques sans contrepartie».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

D’un montant global estimé à 50 millions de francs, la campagne actuelle des élections fédérales serait la plus chère de l’histoire du pays. D’où vient cet argent? Impossible de le savoir précisément. A-t-il une influence sur les comportements tant de l’électeur que du politicien? Chacun sa foi. Le candidat PDC vaudois Claude Béglé, transparent sur son budget de campagne de 115'000 francs, affirme que sa condition à chaque don est qu’il reste indépendant. «Je le sais, depuis douze ans que je suis au parlement: il n’y a pas de gros don de campagne sans contrepartie», assure, à l’inverse, le président du Parti socialiste, Christian Levrat.

Le PS s’est donc décidé à lancer une initiative populaire à ce sujet, a dévoilé le Fribourgeois dans le SonntagsBlick dimanche. Remis à la Chancellerie fédérale pour examen préalable, un texte sera soumis en décembre à l’assemblée des délégués. La récolte des signatures pourrait débuter en janvier prochain.

Dans le détail, le PS veut obliger les partis représentés à l’Assemblée fédérale à rendre publics les noms des donateurs ayant versé plus de 10'000 francs. Avant chaque votation ou élection, les partis ou candidats qui dépensent davantage que 100'000 francs devraient se livrer au même exercice de transparence.

Après avoir sombré dans les urnes avec son initiative «pour un salaire minimum» ou celle «pour l’abolition des forfaits fiscaux», le parti à la rose mise désormais sur un débat de société, dans lequel les lignes sont perméables et bougent vite.

«Je suis déçu du PS»

Christian Levrat le sait bien: dans son canton de Fribourg, les Jeunes socialistes et Verts ont réussi cet été le pari de faire aboutir une initiative populaire pour la transparence des comptes de campagne. Au niveau européen, le Groupe d’Etats contre la corruption (GRECO) tape sur les doigts de la Suisse depuis des années: seuls Genève, Neuchâtel et le Tessin disposent d’une loi sur le financement des partis. Au niveau national, l’inaction de Berne agace de plus en plus le GRECO.

Et au parlement fédéral la problématique compte désormais des relais à droite. Le conseiller aux Etats Thomas Minder (Ind./SH) s’y intéresse de près, tout comme le jeune conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG). Ce dernier ne «dit pas non» à l’initiative du Parti socialiste, mais la juge insuffisante. «Ce n’est pas la solution. Je suis déçu. Les politiciens seront payés directement et cela sera encore plus grave!» En 2011, le Saint-Gallois avait fédéré d’autres jeunes élus de tous bords sur la question de la transparence des revenus de la classe politique ( lire ci-dessous). Voilà un point qui manque dans l’initiative socialiste, juge Lukas Reimann.

«Un aspect de délation»

La conseillère nationale Isabelle Chevalley (Vert’libéraux/VD) est aussi sensible à la question de la transparence, surtout dans les votations où «la disparité de moyens est parfois choquante». Mais l’initiative populaire socialiste rate sa cible selon elle: «Elle sera très facile à contourner, avec de grands dons versés en plusieurs fois, ou alors de l’argent qui passera directement par un candidat. Et il y a dans cette approche un aspect de délation qui ne me plaît pas. Il serait plus utile de savoir comment les partis dépensent l’argent qu’ils reçoivent.» (24 heures)

Créé: 04.10.2015, 22h37

Echec d'une autre initiative

Coup de tonnerre le 8 juin 2011: la récolte de signatures pour l’initiative populaire «Pour la publication des revenus de la classe politique» débute. Le thème apparaît alors iconoclaste. Le comité d’initiative encore plus: de jeunes politiciens de tous bords – UDC, Verts, Parti Pirate, etc. – veulent faire la transparence sur les sommes que gagnent les élus de leurs différents mandats. Leur proposition ne sera jamais soumise au peuple, faute de signatures suffisantes.

Pourtant, cette tentative marquera l’émergence d’un souci de transparence qui prend de plus en plus de place dans le débat. Depuis, des entreprises comme UBS, Credit Suisse ou encore Nestlé ont décidé volontairement de rendre publics leurs dons à des ?partis politiques.

Au parlement, les Verts ont déposé une motion en août, demandant au Conseil fédéral de légiférer sur le financement des campagnes d’élections et de votations. Le gouvernement rejette l’idée. Il rappelle que le parlement n’a pas voulu d’une initiative parlementaire qui demandait la publication des dons aux politiques faits par les entreprises et institutions du seul secteur public.

Articles en relation

Le revenu des patrons du secteur public doit être transparent

Secteur subventionné La gauche et les syndicats souhaitent que le Canton impose la transparence aux institutions qu'il subventionne. Une motion dans ce sens sera déposée mardi au Grand Conseil. Plus...

Le monde viticole cherche la recette de la transparence

VAUD A la suite des affaires qui ont ébranlé la confiance des consommateurs, les vignerons et les négociants doivent présenter leur position pour la fin de l’année Plus...

La transparence guette les firmes étrangères

Fiscalité des entreprises Les détenteurs d’actions au porteur pourraient être bientôt identifiés, notamment par le fisc français. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.