Pourquoi la Suisse romande reste désavantagée par les primes

Assurance maladieA l’exception de Vaud, les cantons romands enregistrent des hausses supérieures à la moyenne nationale. Explications.


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour les Romands, l’annonce de la faible hausse des primes d’assurance maladie pour 2020 sonne comme une demi-victoire. De ce côté de la Sarine, les Vaudois sont les seuls (sans Berne) à enregistrer des augmentations inférieures à la moyenne nationale. Comme chaque année, en effet, il y a des disparités d'un canton à l'autre. Au niveau national, quatorze se situent au-dessus de 0,2%, avec Neuchâtel qui enregistre la plus forte augmentation (+2,9%). Du coup, les primes neuchâteloises rattrapent les Vaudoises. A l'autre extrême, Lucerne affiche une baisse de 1,5%.


A lire aussi: Explorez les primes 2020 dans votre canton, caisse par caisse


Face à la presse, ce mardi, le conseiller fédéral Alain Berset a relativisé ces différences, en notant que dans l’ensemble, les augmentations sont inférieures à ce qui a été constaté ces dernières années. Reste que si l’on regarde les chiffres absolus, les primes réellement payées, les Romands sont globalement mal lotis. La prime moyenne 2020, pour toute la Suisse, est de 374,40 francs pour les adultes. Genève (483,1 francs), Vaud (418 francs) et Neuchâtel (426,50 francs) sont au-dessus. Le Valais (359,30 francs) et Fribourg (356,70 francs) s’en sortent mieux.

Un calcul complexe

Comment expliquer les différences entre les hausses annoncées mardi? SantéSuisse répond que de nombreux facteurs entrent dans le calcul des primes, comme l’état des réserves, la variation du nombre d’assurés, les frais administratifs ou la contribution à la compensation des risques. Pour cette organisation faîtière des assureurs maladie, l’élément principal reste néanmoins l’évolution des coûts. «Neuchâtel a vu ses coûts par personne augmenter de 4,56% entre 2017 et 2018, contre -0.72% pour Vaud, par exemple», détaille le porte-parole Christophe Kaempf.

Le conseiller d’Etat neuchâtelois Jean-Nath Karakash insiste pour sa part sur le facteur démographique. Dans son canton, la population a diminué ces dernières années. «Du coup, nous sommes moins nombreux pour nous partager les coûts. Cela démontre une nouvelle fois que nous sommes dans un système où l’offre crée la demande.» Le socialiste note qu’au Tessin, où la hausse est de +2,5%, la situation est la même. Au rang des explications, il ajoute que les primes d’Assura étaient légèrement sous-évaluées: une correction a donc été faite.

Avec une augmentation de +2,2%, le Valais figure également dans le camp des perdants. Là, on assiste à une forme de rattrapage. La conseillère d’Etat en charge de la santé, Esther Waeber-Kalbermatten, souligne ainsi que «ces dernières années, la différence entre les coûts valaisans et ceux de la moyenne suisse s’amenuise». Cet écart n’est plus que d’environ 150 francs par assuré et par année en 2018. Ce qui conduit aussi à une homogénéité des primes entre les cantons. Que dire pour le reste de la Suisse romande? «Les primes étant le reflet des coûts, cela peut s’expliquer notamment par une consommation de médicaments plus importante en Romandie», avance Esther Waeber-Kalbermatten, avant de noter que, là encore, les écarts ont tendance à s’amenuiser.

Des habitudes de consultation différentes

Au rang des explications, Michel Matter, vice-président de la FMH, relève que le transfert vers le secteur ambulatoire est important en Suisse romande. Or, ces soins sont intégralement à la charge des assurances (et donc des primes), alors que les cantons paient une partie de la facture hospitalière. «Nous avons aussi des habitudes de consultation différentes. Les psychiatres, par exemple, revoient plus facilement leurs patients. Mais cela permet aussi de réduire le nombre d’hospitalisations.»

Son collègue Philippe Eggimann, président de la Société vaudoise de médecine, ajoute toutefois que ces analyses sont difficiles à faire. La faute, selon lui, à un manque de transparence: «Les primes sont calculées sur une estimation des coûts futurs. Tant que nous agirons ainsi, il sera compliqué de savoir comment elles sont établies.»

Créé: 25.09.2019, 15h35

Articles en relation

Rebecca Ruiz: «Ce n’est qu’un juste retour des choses»

Santé Avec une légère baisse de -0.3%, Vaud fait partie des dix cantons qui voient flancher le prix moyen de l’assurance maladie. La moyenne nationale, elle, est en hausse (+ 0,2%). Plus...

Les primes subissent-elles un «effet élection»?

Assurance-maladie Certains acteurs de la santé le pensent. D'autres s'en défendent. Retour sur quelques chiffres. Plus...

Explorez les primes 2020 dans votre canton, caisse par caisse

Assurance maladie Naviguez à travers la «jungle» tarifaire des primes d'assurance maladie avec notre graphique interactif. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.