Six raisons de dire oui au diagnostic des embryons

Fécondation in vitroSelon les partisans du diagnostic préimplantatoire (DPI), il est urgent de modifier la loi suisse pour venir en aide aux couples stériles. Arguments.

La Suisse interdit toujours le diagnostic préimplantatoire des embryons, contrairement à la majorité des pays européens.

La Suisse interdit toujours le diagnostic préimplantatoire des embryons, contrairement à la majorité des pays européens. Image: AP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il serait grand temps de moderniser les méthodes de fécondation in vitro en Suisse, jugent les partisans du diagnostic préimplantatoire (DPI). Le comité interpartis favorable à «une modernisation de la Constitution» a lancé sa campagne, jeudi à Berne. La majorité des partis soutiennent un oui dans les urnes le 14 juin prochain, à l’exception du PDC et du Parti évangélique (PEV). Mais la question provoque des divergences dans chaque camp, à gauche comme à droite. Au début du mois, les opposants avertissaient qu’ils ne veulent pas «d’une sélection des êtres humains» Réplique et plaidoyer en huit points.

Répondre au désir d’enfant

«Pourquoi priver des méthodes modernes de procréation médicalement assistée (PMA) des couples qui désirent avoir un enfant, alors que le taux de natalité recule en Suisse?» demande le conseiller national Thomas Weibel (PVL/ZH). La modification de la Constitution ouvrirait la porte au DPI, lequel permet une sélection des embryons pour éviter de transmettre des maladies héréditaires. «Un désir d’enfant inassouvi, c’est une épreuve lourde pour un couple et nous connaissons tous des gens qui en ont souffert», ajoute Anne Mahrer (Verts/GE).

Préserver la santé

La loi actuelle n’autorise pas de sélection. Deux ou trois ovules sont implantés dans l’utérus de la femme, sans garantie de viabilité (un ovule sur six est viable). Lorsque la fécondation réussit, elle aboutit à une grossesse multiple une fois sur cinq. «Ce genre de grossesses met en danger la santé de la mère et de l’enfant», souligne la conseillère nationale Rosmarie Quadranti (PBD/ZH), qui cite les risques de haute pression vasculaire, de complications ou d’accouchement prématuré.

Eviter la grossesse à l’essai

Le DPI étant interdit, l’alternative pour la femme est d’attendre le test prénatal en cours de grossesse (lire ci-dessous) pour savoir si le fœtus est éventuellement porteur d’une maladie héréditaire. «Les statistiques montrent que 9 couples sur 10 décident d’interrompre une grossesse dans ce cas», fait remarquer la sénatrice Pascale Bruderer (PS/AG). Autoriser le DPI revient, selon elle, à éviter des «grossesses à l’essai».

Stopper le tourisme médical

La majorité des pays européens ont «déjà modifié leurs Constitutions en faveur de la procréation médicalement assistée moderne» (PMA), fait remarquer Thomas Weibel. Pour un couple stérile, les chances de réussite d’un traitement contre l’infertilité sont donc plus élevées à l’étranger. Conséquence logique: beaucoup de Suisses se rendent à l’étranger pour de tels traitements. «Du moins ceux qui peuvent se le permettre financièrement, ce qui provoque une inégalité économique», ajoute Anne Mahrer.

Pas d’eugénisme

La révision de l’article constitutionnel précise que la PMA est réservée pour les cas de stérilité et les risques de transmettre une maladie grave. En aucun cas «pour développer chez l’enfant certaines qualités ou pour faire de la recherche». La Commission nationale d’éthique «considère le DPI comme positif parce qu’il est moins lourd psychologiquement et physiquement qu’un avortement», ajoute Pascal Bruderer. Les craintes d’eugénisme sont infondées, selon les partisans, car aucun indice dans les autres pays européens ne prouve de tels dérapages.

La liberté des couples

Certains couples décident actuellement de ne recourir à aucun test. «Ce choix restera possible à l’avenir, pense la conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG), opposée à son parti sur ce projet. Chaque couple doit pouvoir être libre et s’estimer ou non capable d’éduquer un enfant handicapé.» Le peuple a, selon elle, souvent misé sur la responsabilité individuelle en refusant d’interdire la PMA en 2000 ou en approuvant le régime du délai en 2002. «La majorité a toujours considéré que les couples concernés sont en mesure de prendre une décision responsable», observe Ruth Humbel.

Créé: 16.04.2015, 21h18

Articles en relation

«On ne peut pas décider qui doit vivre et qui doit mourir»

Fécondation artificielle Le PDC Dominique de Buman se bat contre le diagnostic préimplantatoire. Voici pourquoi. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.