Bienne brûle la politesse à Alain Berset sur les retraites

Prévoyance 2020La cité du Seeland veut introduire la retraite à 65 ans pour tous ses employés - femmes comprises.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En matière de retraite, la Ville de Bienne va plus vite que la musique fédérale. Alors que la réforme Prévoyance 2020 d’Alain Berset va passer devant le parlement, le Conseil de ville (parlement) sera amené à voter cet été sur une révision complète du statut du personnel, qui prévoit notamment que l’âge de la retraite sera fixé à 65 ans, pour les femmes comme pour les hommes.

Actuellement, les quelque 2300 employés biennois jouissent d’une situation privilégiée puisque leur activité prend fin normalement à 63 ans. Pour faire le joint, la caisse de pension de la Ville finance un pont entre 63 et 65 ans pour les hommes et entre 63 et 64 ans pour les femmes.

Le relèvement de deux ans de l’âge de la retraite permettrait à la caisse de pension de la Ville de garantir le niveau des rentes actuel malgré la hausse de l’espérance de vie et les taux d’intérêt bas sur les marchés des capitaux, qui rendent difficile leur financement. «Nous avons mené une réflexion autonome, en nous basant sur notre système actuel», explique Nathalie Leschot, cheffe du service du personnel à Bienne.

Retraite flexible
Au départ, le projet était plus extrême: relèvement à 65 ans pour tous, sans rente-pont en cas de retraite anticipée. «Cela a donné lieu à beaucoup de discussions lors des consultations», reconnaît Nathalie Leschot. Finalement, il a été décidé de maintenir un système flexible avec rente-pont en cas de retraite à 63 ou à 64 ans. En revanche, toute possibilité de partir plus tôt sera supprimée, sauf pour les employés nés entre 1955 et 1957 au titre de la garantie des acquis.

Selon Nathalie Leschot, il est apparu qu’une bonne partie du personnel était favorable à un système flexible, permettant au besoin de travailler jusqu’à 65 ans pour maintenir le niveau de sa rente. «Beaucoup de gens vivent des situations particulières: à la suite d’un divorce ou après avoir acheté un logement, leur 2e pilier est incomplet. Ou alors ils ont encore des enfants à charge.»

Présidente de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats (CSSS-E), Liliane Maury Pasquier (PS/GE) ne cache pas sa surprise. «Je m’étonne d’un tel cavalier seul alors qu’un projet plus large est en discussion au niveau fédéral, qui doit justement coordonner les prestations de l’AVS et du 2e pilier.» La socialiste n’est pas opposée à la possibilité de permettre aux gens qui le souhaitent de travail­ler plus longtemps, une flexibilité prévue d’ailleurs dans la réforme Prévoyance 2020. Mais l’aspect contraignant pour les femmes du dispositif biennois lui semble «très problématique».

A droite, la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD) se montre beaucoup plus favorable. «Bienne part du constat qu’il sera toujours plus difficile de financer les prestations actuelles et cherche une alternative à une simple réduction des rentes.» Membre de la CSSS du National, la Vaudoise juge la solution d’autant plus intéressante qu’elle respecte l’égalité hommes-femmes, qu’elle responsabilise les cotisants, qui assument les conséquences de leurs choix, et qu’elle est le résultat d’un compromis dégagé dans le cadre du partenariat social. «Je suis surprise de cette ouverture», conclut la libérale-radicale.

Attractivité de l’employeur
Concernant la réforme Prévoyance 2020, Nathalie Leschot se défend de tout autisme. «Nous avons mené une réflexion à long terme sur notre attractivité en tant qu’employeur. En introduisant le relèvement de l’âge de la retraite et la retraite flexible, nous ne faisons qu’anticiper sur le projet de M. Berset.»

S’il en constitue l’élément le plus voyant, l’âge de la retraite n’est qu’une des nombreuses innovations de la réforme biennoi­se. Plusieurs «biscuits» sont d’ail­leurs prévus, comme une revalorisation des bas salaires – avec un plancher à 4000 francs – ou une contribution d’entretien de 50 francs versée en plus des allocations ordinaires pour enfants ou formation professionnelle, notamment.

Créé: 20.01.2015, 20h50

Articles en relation

«L'âge de la retraite doit être relevé par étapes»

AVS L'Union suisse des arts et métiers (USAM) insiste pour hausser l'âge de la retraite de manière progressive. Les explications de son président Jean-François Rime. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.