«Des employés de maison travaillent 80 heures par semaine»

Sans-papiersUn appel est lancé ce mercredi à Berne pour que les employés de maison soient soumis à la loi sur le travail.

Plusieurs parlementaires ont participé à l’événement. Parmi eux figurait une représentante d’un parti bourgeois: Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH).

Plusieurs parlementaires ont participé à l’événement. Parmi eux figurait une représentante d’un parti bourgeois: Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH). Image: Keystone

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La plate-forme pour les sans-papiers et l’organisation Women in Development (WIDE) Suisse a remis ce mercredi un appel au Conseil fédéral en faveur des employés de maison. Signé par une soixante d’organisations et environ 600 personnes, il demande que le secteur soit soumis à loi sur le travail afin de bénéficier d’une protection sur le temps de travail et sur la santé. Plusieurs parlementaires socialistes et Verts, emmenés par la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD), ont participé à l’événement. Parmi eux figurait une représentante d’un parti bourgeois: Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH). Martine Bagnoud, secrétaire syndicale au Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT), répond à nos questions.

Quelle est la situation actuelle?
La Suisse a ratifié la Convention (numéro 189) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et travailleurs domestiques. Celle-ci précise que ces employés doivent être traités comme les autres travailleurs. Mais dans notre pays, ce secteur est l’un des rares, avec l’agriculture, à ne pas être soumis à la loi sur le travail. Je rencontre des personnes qui travaillent jusqu’à 80 heures par semaine. Certaines vivent auprès de personnes âgées et sont à disposition 24 heures sur 24. Ce dernier phénomène se voit surtout en Suisse alémanique.

La Convention 189 de l’OIT date de 2011. N’y a-t-il pas une prise de conscience?
La situation évolue positivement. Nous avons maintenant un salaire minimum dans l’économie domestique - de 3735 francs pour un travail hebdomadaire de 45 heures. Suite à un postulat de Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH), le Conseil fédéral a aussi réalisé un rapport sur la problématique des soins aux personnes âgées et mentionne des pistes pour palier aux abus. Mais ceux-ci restent nombreux dans un secteur qui emploie toujours plus de monde en raison du manque de places dans les crèches et dans les homes.

Ce phénomène concerne en majorité les femmes migrantes. Beaucoup viennent d’Amérique latine, des Philippines, d’Europe de l’Est et, depuis quelques années, du sud de l’Europe. Les abus sont les plus importants lorsqu’elles vivent avec une famille et sont payées au mois plutôt qu’à l’heure.

Et le chèque emploi: ne change-t-il pas les choses?
Cette solution s’est développée en Suisse romande, en particulier dans les cantons de Vaud et de Genève. Les résultats sont bons et beaucoup d’employés ont ainsi accès aux assurances sociales. Mais cela n’existe pas dans tout le pays et le secteur reste largement dominé par l’économie informelle. S’il était soumis à la loi sur le travail, des contrôles pourraient être effectués. A Genève, les salaires peuvent être vérifiés dans le cadre des mesures d’accompagnement sur les travailleurs détachés. Mais c’est tout. Comme beaucoup d’employés n’ont pas de permis de séjour, ils n’ont pas forcément accès au Tribunal des Prud’hommes. Et même quand ils le peuvent, comme c’est le cas à Genève, ils hésitent à le faire. Cette question est donc aussi liée à la problématique des sans-papiers.

Créé: 15.06.2016, 14h33

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