«Il faut éviter de faire de Fribourg un canton dortoir»

Elections cantonalesLe conseiller national socialiste Jean-François Steiert espère succéder à Erwin Jutzet au gouvernement fribourgeois.

Le socialiste Jean-François Steiert est pressenti comme candidat pour succéder à Erwin Jutzet au Conseil d'Etat fribourgeois.

Le socialiste Jean-François Steiert est pressenti comme candidat pour succéder à Erwin Jutzet au Conseil d'Etat fribourgeois. Image: KEYSTONE/Peter Klaunzer

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Fin du suspense au Parti socialiste fribourgeois. Le conseiller d'Etat Erwin Jutzet, en charge de la sécurité et de la justice, a annoncé ce vendredi qu'il ne briguerait pas de troisième mandat au gouvernement cet automne. Le Singinois, 65 ans, souhaite «passer le témoin aux plus jeunes».

Qui accompagnera la ministre sortante Anne-Claude Demierre sur la liste socialiste? Le PS en décidera lors de son congrès agendé au 22 juin, le 1er tour de l'élection étant fixé au 6 novembre. Mais un nom est déjà sur toutes les lèvres, celui du conseiller national Jean-François Steiert, 55 ans. Un parfait bilingue qui ne cache pas son ambition. Interview.

La conférence de presse d'Erwin Jutzet était à peine terminée que le PS de la Ville de Fribourg claironnait déjà votre candidature à la candidature. Vous deviez être dans les starting-blocks depuis un certain temps...

Erwin est un ami de longue date. On joue régulièrement aux cartes ensemble, et on ne discute pas que de jass... Il ne voulait pas se précipiter inutilement pour dévoiler son intention. De mon côté, les premières discussions avec la direction du parti cantonal en vue de sa succession remontent à mai 2013.

En 2013, justement, vous avez échoué de justesse lors d'une élection complémentaire au Conseil d'Etat face au PDC Jean-Pierre Siggen. Depuis, vous avez obtenu une brillante réélection à Berne. C'est un boulevard qui s'ouvre devant vous aujourd'hui!

(Sourire) Toute personne intelligente doit répondre non à cette question. Face à nous, il y aura une liste de droite unie, avec six candidats. Pour maintenir l'équilibre actuel et garantir un rapport de forces qui corresponde à ce que les gens votent au plan fédéral, il nous faudra aussi une liste forte. Cette élection ne sera pas une partie de plaisir.

La droite bourgeoise revendique ouvertement un 5e siège au gouvernement. L'UDC était le premier parti du canton aux dernières élections fédérales. La gauche est-elle armée pour tenir le choc?

Nos deux conseillères d'Etat (ndlr, Anne-Claude Demierre et la Verte Marie Garnier) ont fait du bon travail jusqu'ici. Leur bilan jouera en notre faveur. Tout comme le fait que nous soyons les seuls à présenter des femmes sur notre liste. En ce qui me concerne, je peux m'appuyer sur de bons résultats personnels lors des précédentes élections auxquelles j'ai participé. C'est encore envisageable cette fois-ci.

Vous partiriez de Berne où vous êtes un parlementaire influent pour vous retrouver minorisé à l'Exécutif cantonal. Cette perspective ne vous gêne pas?

Le rapport de forces n'est pas plus favorable à Berne qu'au Conseil d'Etat fribourgeois, loin s'en faut. Ce sont deux mondes différents, mais l'approche est similaire: il faut travailler avec les gens des autres partis pour trouver des compromis et faire avancer ses idées. C'est ce que j'aime faire. Ma motivation, c'est toujours de gagner. Et puis, après neuf ans d'activité législative, la possibilité d'appliquer mes idées à un niveau plus concret est très tentante. Surtout à Fribourg, un lieu que j'aime et dont j'apprécie la richesse culturelle.

Comment envisagez-vous la campagne à venir?

Comme deux listes unies et fortes seront opposées, cela donnera un débat d'idées intéressant, plutôt qu'un affrontement de personnes.

De quoi le canton de Fribourg a-t-il besoin ces prochaines années, selon vous?

Au plan financier, notre situation est bonne par rapport à d'autres cantons. Par contre, notre PIB cantonal (ndlr, produit intérieur brut), donc notre force économique, reste faible. Cela ne nous permet pas d'assumer la forte progression démographique que connaît le canton. Un gros défi sera d'utiliser nos ressources financières pour développer des projets susceptibles de renforcer notre compétitivité. Il faut éviter de faire de Fribourg un canton dortoir. J'aimerais m'inspirer de Vaud, qui a su investir dans des projets ambitieux et profite aujourd'hui d'une économie diversifiée et saine.

(24 heures)

Créé: 03.06.2016, 17h13

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