Mise en oeuvre de l'initiative du 9 février peut-être retardée

Immigration de massePour Didier Burkhalter, le délai de trois ans pour mettre en oeuvre l'initiative de l'UDC sur l'immigration pourrait être dépassé de peu en cas de bonne solution en vue.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter s'est exprimé dans le <i>Blick</i>.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter s'est exprimé dans le Blick. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le délai de trois ans pour mettre en oeuvre l'initiative de l'UDC sur l'immigration n'est pas gravé dans la pierre, estime Didier Burkhalter. Le conseiller fédéral laisse entendre dans une interview qu'une bonne solution est plus importante qu'un délai.

Les dix-huit mois qui restent jusqu'au délai de mise en oeuvre -en février 2017- devraient être suffisants, déclare le chef du Département fédéral des affaires étrangères dans l'édition de lundi du quotidien alémanique Blick. Pour le moment le Conseil fédéral est sur la bonne voie, assure-t-il.

«Mais si le délai de mise en oeuvre devait être dépassé d'un mois afin de pouvoir obtenir un très bon résultat, alors il en sera ainsi». Didier Burkhalter a souligné que «les délais sont importants, mais ils ne renforcent pas nécessairement la position de négociation de la Suisse».

A son avis, il est plus important de préserver le futur de la Suisse. Dans le cadre de la mise en oeuvre, le Conseil fédéral y sera attentif.

Le Conseil fédéral seul responsable

L'initiative de l'UDC «Contre l'immigration de masse» demande une limitation de l'immigration avec l'aide de contingents. Elle prévoyait que le Conseil fédéral soit seul responsable de sa mise en oeuvre si le Parlement n'y parvenait pas dans un délai de 3 ans.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga avait déjà qualifié ce délai de problématique pour les négociations avec l'UE. En décembre, dans une interview accordée à la Neue Zürcher Zeitung, elle estimait que la Suisse s'était elle-même mise sous pression. L'UE sait que la Suisse a un délai, mais désormais ce dernier est inscrit dans la Constitution, avait-elle déploré.

Un nouvel accord sur la libre circulation des personnes n'est pas à l'ordre du jour, car l'UE refuse pour l'instant d'entrer en matière. Dans une interview au quotidien Nordwestschweiz publiée lundi, le conseiller fédéral Alain Berset a déclaré qu'on ne pouvait pas forcer un partenaire à négocier, même si cela était inscrit dans la Constitution.

Il reste cependant optimiste: «Nous avons toujours été en mesure de trouver une solution avec l'Europe». Selon Alain Berset, le débat intensif sur le rapport de la Suisse avec l'Europe suite à l'acceptation de l'initiative de l'UDC est également positif.

Intérêt de l'UE pour un accord global

L'ancien ambassadeur suisse à Berlin, Tim Guldimann est plus sceptique sur la possibilité d'une mise en oeuvre dans les délais. «Je ne comprends pas comment, en Suisse, on peut faire comme si des négociations sur la libre circulation avaient lieu avec l'UE», déclare-t-il dans une interview publiée lundi dans la Berner Zeitung.

Bruxelles n'est pas préparée à ces négociations. L'UE a signalé à plusieurs reprises qu'elle était intéressée à un accord bilatéral global, selon l'ancien diplomate, qui est aussi canditat au Conseil national dans le canton de Zurich pour le PS. «Prenons-la donc au mot».

Le Conseil fédéral a choisi «la meilleure solution», selon Tim Guldimann, en nommant récemment un responsable des négociations avec l'UE et en reliant de ce fait les dossiers entre eux. Cependant, il n'est pas encore clair comment le Conseil fédéral désire réaliser cela. Les négociations ne font que commencer et «ces dernières dureront encore des années», prévoit l'ancien diplomate.

«Le Conseil fédéral temporise»

En fin de semaine, le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz a laissé entendre dans le SonnstagsBlick qu'il s'engagerait pour la Suisse auprès de l'UE afin que des négociations sur l'immigration puissent avoir lieu. De telles déclarations constituent «un signal positif» a déclaré Didier Burkhalter.

Elles ne doivent pourtant pas être surestimées, a mis en garde Didier Burkhalter. Les 28 Etats membres de l'UE doivent être convaincus par la solution.

L'UDC a réagi aux déclarations de Didier Burkhalter sur le délai de mise en oeuvre. Dans un communiqué, elle estime que «ces tentatives d'éluder une décision du peuple sont scandaleuses».

Contingents d'étrangers

Le gouvernement compte prendre connaissance des résultats de la consultation sur l'application de l'initiative contre l'immigration de masse cet automne. Le projet prévoit la généralisation des contingents d'étrangers et un encouragement à l'embauche de main-d'oeuvre indigène.

Le Conseil fédéral compte transmettre son message aux Chambres fédérales au début de l'année prochaine. Les Chambres fédérales devraient alors pouvoir empoigner la question. (ats/nxp)

Créé: 24.08.2015, 07h36

Articles en relation

Succès des opposants à la limitation de l'immigration

«RASA» Le texte qui vise à revenir sur la votation du 9 février 2014 en supprimant de la Constitution le rétablissement de contingents d'immigration a recueilli 100'000 signatures. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.