Passer au contenu principal

Italie-Tessin: la brouille va perdurer

Il n’y a pas qu’à Genève que les travailleurs frontaliers provoquent de chauds débats politiques. Au Tessin, l’explosion du nombre des employés italiens a même déclenché une mesure inédite. Le conseiller d’Etat en charge du Département des institutions, le légiste Norman Gobbi, a récemment exigé que tous les frontaliers fournissent un extrait de leur casier judiciaire. Une chicane qui est utilisée comme un moyen de pression. Le vrai but du canton transalpin est en effet de pouvoir ponctionner plus de rentrées fiscales sur les salaires frontaliers.

Vue du Tessin, la Confédération est jugée trop molle dans ses négociations avec l’Italie. Et le temps presse puisqu’un accord fiscal sur les frontaliers doit être signé avant la fin du mois. Consciente de la grogne, Berne a envoyé, hier, une délégation de choc auprès du Gouvernement tessinois. La ministre des Finances fédérales Eveline Widmer-Schlumpf était accompagnée de Jacques de Watteville, Monsieur Finances internationales et accessoirement négociateur en chef pour le dossier européen, ainsi que de Mario Gattiker, Monsieur Asile et Travailleurs étrangers.

But de ce trident fédéral de haut vol: aplanir les différends pour qu’un accord Suisse-Italie voie le jour. Au-delà de l’accord sur les frontaliers, ce sont aussi les relations bilatérales qui se jouent. Berne ne veut pas de guerre ouverte avec sa voisine italienne alors qu’elle cherche une solution avec l’UE pour sauver les bilatérales.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.