«Lancer des thèmes peu connus est une question de courage»

Elections fédéralesLes Verts lancent samedi leur campagne pour les élections fédérales. Entretien avec la coprésidente Adèle Thorens.

Adèle Thorens et les Verts suisses espèrent gagner deux ou trois sièges supplémentaires cet automne sous la Coupole fédérale.

Adèle Thorens et les Verts suisses espèrent gagner deux ou trois sièges supplémentaires cet automne sous la Coupole fédérale. Image: Odile Meylan

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Ils sont dans les starting-blocks. Il y a quatre ans, les Verts suisses avaient bu la tasse. L’heure est à la reconquête, avec l’espoir de regagner deux ou trois sièges. Mais alors que tout le monde parle de l’écologie, qu’est-ce qui fait encore la marque de fabrique du parti? Entretien avec sa coprésidente, la conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens.

–Quelles sont vos ambitions électorales pour cet automne? Nous voulons bien sûr maintenir les 17 sièges actuels. Et nous espérons gagner deux ou trois sièges supplémentaires. Nous avons un potentiel à Bâle-Ville, dans le canton de Vaud et au Tessin.

–Où trouver de nouveaux électeurs? Vous êtes en concurrence avec le PS et les Vert’libéraux. En effet, nous sommes soumis à une forte concurrence – ce qui est assez nouveau pour nous. Le PS et les Vert’libéraux sont nos concurrents et nos partenaires naturels. Mais, dans les cantons, nous avons commencé à regagner des élections en 2013, malgré un repli à Genève. Et, en 2014, nous avons progressé. Nous pouvons donc être raisonnablement optimistes.

–Quelle politique d’alliance allez-vous mener? Les sections cantonales décideront. Le PS sera notre principal allié, mais il y aura aussi des alliances avec les Vert’libéraux. Il n’y a pas de tabou.

–Un grand combat des Verts durant cette législature, ça a été le nucléaire. Et demain? Nous devons maintenir la pression. En 2011, après Fukushima, tout le monde voulait la sortie du nucléaire. Les Verts ont gagné sur le tournant énergétique. L’augmentation des soutiens aux renouvelables est un vrai progrès, même si la loi votée est très peu ambitieuse. Reste que tout le monde a peur de se fâcher avec le lobby du nucléaire. Conséquence, nous avons fait un pas en arrière sur la fermeture des centrales nucléaires. Beznau pourra fonctionner jusqu’à 60 ans et il n’y a pas de date pour la fermeture des centrales de deuxième génération. Beaucoup de promesses électorales n’ont pas été tenues.

–Tout le monde fait de l’écologie. Etre Vert aujourd’hui, c’est quoi? Nous sommes les seuls à nous battre pour une écologie conséquente et visionnaire.

–C’est très théorique… Pas du tout, c’est très concret. C’est la fermeture des centrales nucléaires, ce sont les questions d’aménagement du territoire. Nous allons probablement lancer le référendum contre la Lex Weber qui est devenue un catalogue d’exceptions pour contourner la volonté populaire de mettre fin au bétonnage des Alpes. C’est aussi la défense de la biodiversité, la protection de l’eau – deux sujets où la situation se péjore. L’écologie, c’est être conséquent également quand c’est difficile, et pas seulement se rallier à des dossiers où tout le monde est d’accord.

–Vous vous repositionnez comme un parti de niche? Nous sommes un parti pionnier. Nous voterons en mars sur la fiscalité écologique: nous avons fait dans les années 1990 déjà une initiative sur le sujet! Aujourd’hui, nous nous battons pour une économie verte, qui est l’économie de demain! Obsolescence programmée, économie circulaire, ou économie de fonctionnalité: très peu de gens savent ce que ces notions signifient, mais nous les avons mises à l’agenda politique. Tout cela sera classique dans dix ans.

–Vous êtes des idéalistes? Une large partie de notre électorat est postmatérialiste et veut une politique axée sur les valeurs plutôt que sur le pouvoir. Nous nous battons pour plus de responsabilités face aux générations futures et face aux plus faibles. Nous nous battons aussi pour la défense des libertés fondamentales: l’Etat ne doit pas dicter les choix de vie des individus. Nous nous engageons pour le mariage pour tous. Et, face aux nouvelles technologies, nous sommes à peu près les seuls à nous engager pour ce qu’on appelle les digital rights: la neutralité du Net ou la protection des données.

–En tête des préoccupations des Suisses, il y a l’emploi, la santé, l’immigration. Est-ce que vous n’êtes pas à côté de la plaque? Comment pouvez-vous dire cela? Sur la migration, nous avons été les premiers à demander que l’on applique le vote du 9 février de manière eurocompatible! Et maintenant, d’autres partis nous ont suivis. La Suisse doit rester un pays ouvert. Nous sommes un contrepoint à l’UDC.

–Mais les gens ont voté pour freiner l’immigration! On peut le faire par des mesures internes: formation professionnelle, intégration des femmes sur le marché du travail, lutte contre le dumping salarial, réduction de la promotion économique exogène. Ce sont des réponses rationnelles et non populistes.

–Visez-vous toujours un siège au Conseil fédéral? Attendons les résultats des élections. Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. (24 heures)

Créé: 16.01.2015, 09h18

Ce que ces mots lui évoquent du tac au tac

Adèle Thorens s'est prêté au jeu des réponses spontanées à l'évocation de grands thèmes politiques

Libre circulation «A accompagner, à encadrer. On a sans doute mal géré notre croissance économique pour être arrivé à ce résultat le 9 février dernier.»

Pendulaires «La mobilité n’est pas toujours un choix personnel. Il faut réduire cette mobilité avec des formules innovantes dans l’aménagement du travail: télétravail, flexibilisation des horaires ou encore bureaux décentralisés à partager.»

Asile «Il faut à tout prix éviter l’instrumentalisation de l’asile dans le débat sur l’immigration de masse! Nous défendons la tradition humaniste de la Suisse, qui doit rester un pays d’accueil.»

Islam «Là aussi, évitons l’instrumentalisation du débat. Les victimes de Charlie Hebdo sont mortes en défendant la liberté. Ne prenons pas de mesures extrêmes et liberticides pour conjurer la peur.»

Egalité «C’est un grand thème pour les Verts! Le vote du 9 février sera peut-être le déclic qui permettra de mettre en pratique l’égalité homme-femme au travail.»

Famille «La famille bouge aujourd’hui. Et les Verts se battent pour que l’État garantisse à chacun de vivre librement ses choix.»

Pauvreté «L’aide sociale est victime d’attaques extrêmement violentes. La Suisse a le devoir d’assurer un minimum correct aux personnes ici et de s’engager contre la pauvreté ailleurs dans le monde.»

Formule magique «Pour gouverner, il faut des gens capables de créer des majorités et de faire avancer les dossiers plutôt qu’une formule mathématique.»

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