«Si on ne fait pas notre job, la NSA le fera pour nous»

RenseignementLes socialistes sont apparus divisés dans le débat sur la révision de la loi sur le renseignement. La vaudoise Géraldine Savary défend un service pour la «souveraineté» du pays.

La conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) a incarné une partie de la ligne des socialistes dans le débat sur la loi sur le renseignement. (LRens). Le National devra se prononcer une nouvelle fois.

La conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) a incarné une partie de la ligne des socialistes dans le débat sur la loi sur le renseignement. (LRens). Le National devra se prononcer une nouvelle fois. Image: Jean-Paul Guinnard

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Il y a des parlementaires qui acceptent mal l'idée d'élargir la marge de manœuvre des espions suisses, discutée en deuxième lecture jeudi au Conseil des Etats. Parmi eux, le sénateur socialiste Paul Rechsteiner (SG) qui s'est battu contre l'entrée en matière, puis contre plusieurs articles traitant des écoutes des câbles, point central du nouvel arsenal du SRC, Services de renseignement de la Confédération. L'élu n'a toutefois pas été suivi par la majeur partie de la Chambre, ni de son parti.

Réaction de la socialiste vaudoise Géraldine Savary, qui a défendu le texte d'Ueli Maurer, modifié par la commission des Etats.

Le PS était divisé dans le débat du jour.

Il y a historiquement toujours eu une tendance libertaire au PS, et une autre qui considère que l’Etat doit assumer son rôle régalien. J’appartiens à la deuxième tendance. Soit on considère que nous n’avons rien à craindre, soit on décide d’avoir un Service de renseignement civil pour assurer notre souveraineté. Il y a aussi ça: si on ne fait pas notre travail, nous serons dépendants des services américains ou israéliens.

Vous avez n’avez toutefois pas obtenu l’utilisation de drones par le SRC sur la sphère privée.

Ce sont des moyens qui vont être de plus en plus utilisés, comme par les médias. C’est de notre responsabilité de donner un cadre à la force publique.

Les craintes du projet sont-elles liées au souvenir de l’affaire des fiches ou aux révélations sur la NSA?

Les deux, mais pas pour les mêmes générations. Le projet d’aujourd’hui a toutefois été considérablement modifié depuis le National. Le «blanc-seing» du SRC a été fortement atténué et les procédures de contrôles renforcées. Pour des écoutes, il faudra l’aval de trois départements et d’une commission externe. Aucun des pays qui nous entoure n’a de cadre législatif aussi strict.

Les Etats ont-ils réussi à éviter un référendum?

Il y aura de toute manière un référendum. Il y a une opposition à l’idée d’écoutes préventives. Mais nous ne sommes pas dans le cas de figure de l’affaire des fiches au 20e siècle. On parle de 6 à 12 cas par année. Le projet est plutôt équilibré. Maintenant il faudra voir ce qu’en fait le National et surtout former le personnel de la SRC à ces nouveaux moyens.

Créé: 11.06.2015, 17h18

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