Un UDC veut refuser les requérants d'asile musulmans

Attentat contre Charlie HebdoAlors que les musulmans de Suisse condamnent l'attentat, un UDC appelle à ne plus accepter les demandes d'asile de musulmans provenant d'Irak et de Syrie.

Walter Wobmann, conseiller national (UDC/SO) et président du Comité d’Egerkingen, à l’origine du vote contre les minarets.

Walter Wobmann, conseiller national (UDC/SO) et président du Comité d’Egerkingen, à l’origine du vote contre les minarets. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les présidents du Conseil national et du Conseil des Etats, Stéphane Rossini et Claude Hêche, ont adressé hier une lettre de condoléances à leurs homologues français, se déclarant «bouleversés». Mais une autre voix s’est fait entendre, celle de Walter Wobmann, conseiller national (UDC/SO) et président du Comité d’Egerkingen, à l’origine du vote contre les minarets. Selon Blick.ch , l’élu exige que les demandeurs d’asile musulmans provenant d’Irak ou de Syrie ne soient plus acceptés dans notre pays.

Pour lui, ce n’est qu’une question de temps avant que la Suisse soit touchée par un attentat. Une proposition qualifiée d’«insoutenable» par le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) qui appelle au contraire «à renforcer la solidarité». «C’est discriminatoire, ne résout rien et contribue à l’atmosphère de haine et de chasse aux sorcières», réagit pour sa part Martine Brunschwig Graf. Et la présidente de la Commission fédérale contre le racisme de mettre en garde contre tout amalgame.

Au sein de l’UDC, la proposition de Walter Wobmann suscite un certain malaise. «Il ne faut pas se précipiter dans ce débat sans recul, estime le député vaudois Claude-Alain Voiblet. Notre pays n’est pas un îlot de sécurité, nous devons nous attendre à des événements comme ceux que connaît la France. Comment y répondre? Il faut d’abord une analyse très fine de la situation.» Le conseiller national André Bugnon (VD) estime pour sa part qu’il faut distinguer deux réalités: «Il y a les musulmans qui acceptent notre démocratie et d’autres qui sont djihadistes.»

Si cette distinction n’est pas faite, «les modérés risquent de se sentir recalés et tomber de l’autre côté», avertit le Vaudois. Avant de conclure qu’il ne faut pas non plus se voiler la face devant le danger représenté par les seconds. La Coordination des organisations islamiques de Suisse et la Fédération d’organisations islamiques de Suisse condamnent pour leur part l’attentat. «Nous sommes profondément touchés par cet assassinat de masse commis au nom de l’islam. L’islam condamne tous les assassins et le Coran dit très clairement que celui qui tue un homme agit comme s’il avait tué l’humanité », soulignent les organisations dans un communiqué.

Insistant sur l’importance de la liberté d’expression pour la coexistence pacifique de la société, elles invitent leur communauté à se joindre aux manifestations dans les différentes villes suisses. Une condamnation également exprimée par des personnalités musulmanes et l’Union vaudoise des associations musulmanes (24 heures)

Créé: 08.01.2015, 23h00

Publicité

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Dès la mi-septembre, le parking «longue durée» de la place Bellerive, à Lausanne, prisé des familles, ainsi que le P+R d'Ouchy seront payants les dimanches. Plus de mille places sont concernées. Paru le 22 août.
(Image: Bénédicte) Plus...