«La protection de la population n'est pas garantie en cas d'accident»

Centrales nucléairesLes Médecins en faveur de l’environnement veulent sortir du nucléaire. Ils ont présenté leurs arguments hier à Berne. Interview de leur directeur.

Martin Forter, directeur de Médecins en faveur de l’environnement.

Martin Forter, directeur de Médecins en faveur de l’environnement. Image: Dave Joss

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«Nous, médecins, ne pouvons guère aider la population dans un pays irradié.» C’est l’avis de l’association des Médecins en faveur de l’environnement (MfE), favorable à la sortie du nucléaire sur laquelle les Suisses se prononcent le 27 novembre. Selon MfE, qui présentait ses arguments jeudi matin à Berne, la Suisse n’a tiré «aucun enseignement de Fukushima». Et n’a pas de plan catastrophe qui permettrait de répondre à un accident. Son directeur, Martin Forter, répond à nos questions.

Vous voulez faire peur aux Suisses?
Ce n’est pas l’idée, mais la situation actuelle n’est pas bonne. La protection de la population n’est pas garantie en cas de catastrophe. Depuis 2015, la planification est basée sur un scénario d’accident libérant dix fois moins de radioactivité qu’à Fukushima, et 100 fois moins qu’à Tchernobyl. Il est aussi prévu que le nuage radioactif émerge au plus tôt six heures après le début de l’accident, et non pas quatre ou même deux heures, comme on peut l’escompter dans les scénarios très graves. Pourquoi? L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire affirme qu’il faut une phase préalable de six heures jusqu’à ce que la protection de la population soit opérationnelle. L’accident doit donc s’adapter au planning des autorités: c’est un peu absurde.

Mais il y a des plans! Ils ne servent donc à rien?
En cas d’accident grave, il faudrait évacuer la population. Si le drame se produisait à Mühleberg, 900 000 personnes devraient être déplacées. Il y a beaucoup de documents de planification, mais il manque un plan concret pour y parvenir.

Votre conclusion est qu’il faut sortir du nucléaire: ne pourrait-on pas plutôt améliorer ces planifications?
Des accidents d’une telle ampleur ne peuvent pas être contrôlés. Organiser un plan pour répondre à un drame comme celui de Fukushima coûterait trop cher. Et nous n’aurions pas la garantie qu’il fonctionnerait. Laissez-moi vous donner un autre exemple. En cas de catastrophe, les gens devraient écouter la radio. Mais nos radios digitales ne fonctionneraient plus en cas de coupure d’électricité. Les réseaux mobiles pourraient aussi tomber en panne compte tenu du rush à prévoir. Il serait dès lors difficile d’informer la population. (24 heures)

Créé: 13.10.2016, 18h28

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