Le sort d’Alpiq renforce l’idée qu’un soutien à l’hydraulique est nécessaire

Stratégie énergétiqueL’effondrement du prix de l’électricité met à mal les producteurs. Les cantons auront un rôle à jouer.

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Alors que les producteurs d’électricité, Alpiq en tête, sont en proie à de grandes difficultés financières, le Conseil des Etats devrait mettre la main aux dernières retouches sur la Stratégie énergétique 2050 lors de cette session. Le vote final aux Chambres est prévu en juin. Lundi, Alpiq a annoncé mettre en vente 49% de son portefeuille hydraulique en Suisse. En parallèle, la presse alémanique a relaté les discussions autour d’un sauvetage de l’hydroélectrique et du nucléaire par l’Etat. L’effondrement des prix sur le marché européen met à mal les grossistes en électricité.

«Ce n’est pas un hasard si le Conseil des Etats a introduit, l’an passé, une disposition pour soutenir l’hydraulique dans la Stratégie énergétique 2050, réagit le sénateur Robert Cramer (Vert/GE). On savait déjà qu’il y avait des problèmes.» Afin d’aider les barrages, qui fournissent environ 60% de l’électricité produite en Suisse, le législateur a prévu une aide limitée dans le temps aux installations en difficulté. Elle sera financée par les consommateurs et les cantons alpins via une réduction de leur redevance hydraulique. Ce dispositif devrait passer la rampe du parlement tel quel. «C’est un premier pas, probablement insuffisant, note Robert Cramer. Mais le problème est trop gros pour que l’on règle cette affaire sur le coin d’une table dans le cadre des divergences sur la Stratégie énergétique. L’hydraulique doit être traitée à part et la solution impliquera les cantons.»

«Le coût du CO2 est trop bas.»

Le prix très bas de l’électricité est notamment dû à l’Allemagne, qui subventionne fortement ce secteur. «Il y a aussi les centrales à charbon, estime le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD). Le coût du CO2 est trop bas.» Quoi qu’il arrive, l’hydraulique reste un pilier de la stratégie énergétique de la Suisse. «C’est une énergie noble, durable, rappelle Yannick Buttet (PDC/VS). Elle va garder sa valeur. Il faut trouver des outils pour lui permettre de passer cette phase difficile. Les prix finiront par remonter.»

«Ce qui se passe, reprend Roger Nordmann, c’est que les électriciens ne peuvent pas se libérer de leurs centrales nucléaires qui leur font perdre environ 150 millions par an. Et comme ils ont besoin d’argent, ils sont obligés de vendre leurs barrages.» Vaud et le Valais pourraient être intéressés à racheter des parts de ces installations. «Bref, on revient au même point qu’il a une dizaine d’années», résume Robert Cramer. A cette époque, EOS, en main des collectivités publiques romandes, avait cédé ses barrages contre des actions Alpiq.

Créé: 08.03.2016, 21h22

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