«Être vraiment responsable, c'est refuser cette loi dangereuse»

Vie privéePas question d'autoriser l'espionnage de masse des citoyens. Jean Christophe Schwaab explique pourquoi il soutient le référendum contre le renseignement

Jean Christophe Schwaab, conseiller national socialiste vaudois.

Jean Christophe Schwaab, conseiller national socialiste vaudois. Image: Keystone

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«Non à l'Etat fouineur! Pas question de donner trop de pouvoirs aux espions suisses!» Les opposants à la nouvelle Loi sur le renseignements (LRens) lancent un référendum pour combattre un texte qu'ils jugent liberticide.

Les Verts, les Jeunes socialistes, et le Parti pirate récolteront des signatures dès le 6 octobre. Ils exposaient leurs arguments aujourd'hui à Berne: les espions ne devraient pas être autorisés à violer la sphère privée des citoyens.

Le Parti socialiste est divisé sur la question. La sénatrice vaudoise Géraldine Savary soutenait ainsi le texte au Parlement, alors que d'autres socialistes le combattaient.

Questions au conseiller national Jean Christophe Schwaab, membre du comité de référendum.

En ces temps d'insécurité, n'est-ce pas irresponsable de refuser de donner des moyens aux renseignements?

Pas du tout! Enquêter, c'est le rôle des autorités de poursuites pénales ordinaires. C’est le travail du Ministère public de la Confédération de mener des investigations et d'arrêter des suspects en cas de danger. Là où cette loi est grave c'est qu'elle veut donner les moyens extraordinaires au Service de renseignement de la Confédération (SRC), qui est une autorité difficile, voire impossible à contrôler. On lui donne la possibilité d'enquêter de façon préventive sur n'importe quel citoyen. Parce qu'il a une tête qui ne revient pas aux enquêteurs ou parce qu'il a participé à une manifestation. je n'ai aucune confiance dans le SRC. On court clairement le risque que n'importe quel citoyen se fasse espionner via sa messagerie ou ses conversations.

La menace terroriste ne mérite-elle pas des moyens extraordinaires?

La lutte contre le terrorisme ne doit pas nous faire jeter des principes fondamentaux, surtout pour des résultats discutables. Les États-Unis sont-ils plus sûrs grâce au «Patriot Act»? Les écoutes de masse de la NSA ont-elles rassurée la population? J'en doute! Le plan Vigipirate a-t-il permis d'empêcher les attentats de Toulouse, celui contre Charlie Hebdo ou le Thalys? La réponse est non. Un des grands risque de la surveillance de masse, c'est que les services secrets soient confrontés à une telle masse de données qu’ils ne savent plus quoi faire avec. En plus de violer la sphère privée de tout le monde on risque d'entraver l’action des autorités.

Les membres de votre parti qui ont voté pour cette loi à Berne invoquaient la responsabilité. Seriez-vous un irresponsable?

Dire que les mesures de surveillance de masse doivent être réservés à des cas précis et des soupçons fondés, ce n'est pas irresponsable. Je crois plutôt qu’il est irresponsable de céder à la peur du terrorisme pour bazarder nos principes démocratiques. Je ne dis pas que c’est ce que font les camarades qui ont soutenu cette loi. Je respecte d'ailleurs leur avis. Mais je considère qu'être vraiment responsable, c'est refuser cette loi dangereuse. Le jour où on aura démoli nos principes fondamentaux, les terroristes auront gagné. Et nous ne serons pas plus en sécurité dans notre pays.

Créé: 28.09.2015, 17h22

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