Widmer-Schlumpf pour forcer l'union du centre?

AlliancesPDC, Vert'libéraux et PBD se cherchent un avenir commun. De leurs débats dépend le sort de la conseillère fédérale grisonne.

Le président du PBD, Martin Landolt (à g.), et celui du PDC, Christophe Darbellay (à dr.), souhaitent trouver des alliances au centre, sans parler de fusions.

Le président du PBD, Martin Landolt (à g.), et celui du PDC, Christophe Darbellay (à dr.), souhaitent trouver des alliances au centre, sans parler de fusions. Image: Keystone

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S’allier pour être plus fort. La devise est sur toutes les lèvres des partis du centre depuis dimanche soir. Laminés au sortir des élections, PDC (-1 siège au National), PBD (-2), Vert’libéraux (-5), Parti évangélique et Parti chrétien-social n’en restent pas moins, ensemble, la 2e force du parlement.

Mais pour peser, les chefs de file de ces formations savent bien qu’il faut désormais se rapprocher. «On ne doit plus se contenter de plates-formes communes. Il faut agir», note le vice-président du PBD, Lorenz Hess. «Je suis ouverte à des collaborations. Avec le PDC, le PBD, mais aussi les Verts. De quelle manière? Nous en discuterons début novembre», indique la conseillère nationale Isabelle Chevalley (Vert’libéraux/VD).

«Ce n’est pas un oui d’emblée, souligne pour sa part le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS). Il faudrait qu’une fois pour toutes, le PBD et les Vert’libéraux soient clairs sur leurs intentions. Il n’est pas possible de se rapprocher quand on perd et de s’éloigner dès qu’on gagne.»

«Pas un fan-club!»

L’alliance du centre ne sera pas une partie de plaisir. D’un programme à l’autre, les différences sont grandes. Les Vert’libéraux et leur «mariage pour tous» peuvent-ils faire ménage commun avec le PDC? La base chrétienne de ce parti peut-elle communier avec les protestants PBD? «C’est un processus à long terme. Il faut en effet analyser les questions des programmes et l’acceptation par nos bases», souligne Lorenz Hess.

Mais cette alliance a-t-elle un autre sens que de sauver la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf? «Oui, il ne s’agit pas de créer un fan-club de notre ministre! Les électeurs veulent un centre fort.»

Tout de même, Yannick Buttet note que le succès de la politique d’alliances lancée au centre aura «probablement un impact sur la réélection de la Grisonne». Chef du groupe parlementaire PDC, Filippo Lombardi concède aussi qu’il s’agit «d’aller vite», histoire d’y voir plus clair avant le 9 décembre, jour de l’élection du Conseil fédéral.

Car dans l’attente, la fébrilité grandit au centre. Depuis dimanche et le carton de l’UDC, la tentation existe chez certains élus de soutenir un deuxième agrarien au gouvernement, au détriment d’Eveline Widmer-Schlumpf. Hier, le St. Galler Tagblatt faisait le compte au sein du PDC. Sur 34 élus contactés, neuf, tous Alémaniques, assurent déjà qu’ils voteront pour un 2e UDC au Conseil fédéral.

Il y a quatre ans déjà, les élus PDC n’avaient pas tous soutenu la ministre des Finances. Parmi les anti-Widmer-Schlumpf cités par la presse, on retrouve ses détracteurs de toujours, fait remarquer Yannick Buttet. Mais la razzia de l’UDC a marqué les esprits.

Le Valaisan soutiendra-t-il la Grisonne? «J’attends de voir si elle est candidate et aussi de connaître les résultats finaux au Conseil des Etats pour avoir une vision des forces en présence», évacue le conseiller national. Donc, seule l’arithmétique compte? «Non. Si l’UDC veut un 2e siège, il faut aussi qu’elle présente un homme ou une femme d’Etat potentiel et pas un chef de meute.»

Nouvel élu, le Vaudois Claude Béglé est lui aussi hésitant à ce stade. Il souhaite se faire un jugement au contact de son groupe parlementaire. Mais il note un tiraillement. «Au niveau local, je suis convaincu qu’il faut que nous renforcions les forces du centre. Par ricochet, je peux difficilement laisser tomber Mme Widmer-Schlumpf. Mais d’un autre côté, je considérerais tout à fait normal que le plus grand parti du pays ait droit à deux sièges au Conseil fédéral.»

«Trois-deux-deux»

La fébrilité du PDC s’explique. Le parti devra sans doute remplacer sa propre conseillère fédérale, Doris Leuthard, lors de la prochaine législature. Peut-il prendre le risque de se mettre à dos l’UDC aujourd’hui, au risque qu’elle attaque son siège au gouvernement demain? Plus philosophiquement, la question de la concordance divise. Filippo Lombardi (PDC/TI) estime qu’elle impose un 2e UDC au Conseil fédéral. «Mais je suis respectueux des décisions du groupe que j’ai l’honneur de présider.»

Au contraire, la Vert’libérale Isabelle Chevalley assume: «Je voterai pour Eveline Widmer-Schlumpf. C’est une femme courageuse qui a toujours bien travaillé. Je suis pour une concordance avec trois sièges pour la droite, deux au centre, deux à gauche. Si l’UDC veut un 2e siège, le PLR peut lui en donner un.»

Créé: 20.10.2015, 22h30

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