Les portables fédéraux sont à la merci des espions

EspionnageLes conseillers fédéraux communiquent via une application de cryptage spécifique. Si elle suffit pour garder les conversations à un niveau confidentiel, elle ne protège pas contre les activités d'espionnage.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle (gauche) montre son téléphone portable à son homologue suisse, Didier Burkhalter.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle (gauche) montre son téléphone portable à son homologue suisse, Didier Burkhalter. Image: Keystone

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Les Allemands en sont convaincus: la National Security Agency (NSA) a espionné le téléphone portable de leur chancelière Angela Merkel. Mais qu'en est-il en Suisse et de la sécurité des conversations du Conseil fédéral?

Un sujet qui ne passionnait guère le gouvernement jusqu'à présent. En janvier 2012, une conférence téléphonique s'était tenue entre les membres du Conseil fédéral au sujet de l'affaire Hildebrand, sans dispositif particulier de sécurité. La conférence s'est déroulée «au moyen de téléphones qui ne sont pas sécurisés», s'étaient par la suite inquiétées les commissions de gestion.

Les parlementaires en profitaient alors pour recommander une sécurité accrue mais ce n'est pas la première fois qu'ils le faisaient. Ils s'en étaient déjà ouverts lors de l'affaire Kadhafi, enjoignant le Conseil fédéral «à prendre toutes les mesures pour assurer à l'avenir la confidentialité à un niveau élevé au sein de l'administration fédérale».

Place à «Janus»

Les commissions demandaient surtout de se pencher sur la sécurité technique des appareils mis à disposition. Le Conseil fédéral s'est alors déclaré prêt à prendre en compte ces considérations et par la suite, les téléphones portables ont été équipés d'une application de cryptage dénommée «Janus», comme l'explique le Tages Anzeiger.

Cette dernière est développée exclusivement pour le gouvernement sur la base de diverses technologies propriétaires. Cette application, encore en phase de test, est déjà utilisée par les Conseillers fédéraux et une cinquantaine de hauts fonctionnaires en charge de dossiers sensibles.

Adaptée pour garantir un niveau confidentiel aux conversations et autres messages, cette application ne convient toutefois pas aux échanges qui doivent rester secrets. Les téléphones portables ne disposent par de systèmes anti-écoutes contre les velléités des espions.

La salle est-elle sûre?

Les appareils, fabriqués à l'étranger, tournent en outre sur des systèmes d'exploitation qui se sont pas conçus en Suisse et offrent donc des possibilités d'accès à des services étrangers.

La Chancellerie fédérale ne souhaite pas commenter mais estime que «la sécurité ne doit pas être assurée uniquement par des mesures préventives techniques mais aussi par des règles de conduite».

En clair: si les conseillers fédéraux veulent discuter de dossiers sensibles en toute discrétion, ils doivent le faire dans leur salle de réunion où ils laisseront leur téléphone portable. Le porte-parole André Simonazzi n'a toutefois pas voulu dire jeudi si la salle était protégée contre les écoutes.

Créé: 25.10.2013, 12h40

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