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La Poste muselle-t-elle ses partenaires de transport?

Les entreprises privées travaillant avec le géant jaune doivent signer un accord de confidentialité. Faute de quoi, elles risquent une rupture de contrat et une amende salée. La Poste dément.

Keystone

Jeudi, lors de la publication de ses chiffres, La Poste, par le biais de son président du conseil d'administration a affirmé qu'elle voulait être honnête et faire toute la transparence sur l'affaire CarPostal. Mais ce vendredi, le Blick révèle une nouvelle pratique qui ne va pas dans ce sens. Selon le journal, La Poste imposerait la loi du silence aux entreprises de transport avec lesquelles elle travaille.

En effet, selon un document que s'est procuré le journal, elle a envoyé ces derniers jours un accord de confidentialité à ses partenaires qui exploitent des lignes sous la bannière de CarPostal. Ils doivent renvoyer à La Poste le texte signé dans un délai d'un mois.

Confidentialité absolue

En paraphant cette déclaration, les sociétés privées promettent une «confidentialité absolue» sur les informations liées à leur coopération avec La Poste. Parmi elles, «toutes les données touchant les clients de La Poste», mais aussi les données personnelles, statistiques, financières, bancaires et liées aux fournisseurs. De même, en cas de rupture des liens de travail, tous les documents ou projets doivent être restitués ou «détruits sur instruction de La Poste». Les entreprises qui ne respecteraient pas la déclaration de confidentialité seraient soumises à une amende contractuelle pouvant aller jusqu'à 50'000 francs.

Une amende qui signifierait la ruine pour les compagnies de car, dont beaucoup sont des entreprises familiales. Un opérateur de bus est du coup très remonté: «La Poste nous dicte la façon dont on doit faire des affaires. Ce musèlement est un abus de confiance. Nous sommes harcelés par La Poste et cela empire», critique-t-il.

A noter que plus de la moitié des lignes de cars postaux en Suisse ne sont pas exploitées par La Poste directement, mais sous-traitées à quelque 170 entreprises privées qui arborent les couleurs de CarPostal.

Un scandale pour les politiciens

Du côté du monde politique, les critiques ne sont pas moins vives. Pour le conseiller national PDC Thomas Egger, qui est aussi représentant des régions de montagne, il s'agit carrément d'un «scandale», inacceptable dans la mesure où La Poste a promis la transparence. Son collègue PLR Kurt Fluri abonde: «cela ressemble beaucoup à une obstruction à l'enquête. Cela ne va pas.»

Walter Wobmann, président de l'association des entrepreneurs cars postaux et entreprises suisses privés du transport public, BUS.ch, est lui aussi très fâché. Pour lui, il s'agit clairement de «chantage» en réaction au scandale CarPostal. «On veut réduire au silence les compagnies privées de cars postaux», estime-t-il. Et la pression exercée par La Poste serait énorme, affirme le conseiller national UDC qui va déposer une intervention à ce sujet mercredi lors du débat urgent sur La Poste aux Chambres.

La Poste dément

Du côté de La Poste, on dément fermement vouloir museler les entreprises partenaires. Dans un communiqué envoyé vendredi, le géant jaune évoque un devoir de diligence. «Le moment de l'envoi du document est très mal tombé», a indiqué Oliver Flüeler, porte-parole de La Poste, pointant le recoupement malheureux de cette déclaration avec les révélations sur l'affaire CarPostal. Il n'y a toutefois aucun lien entre les deux, a-t-il assuré.

Le géant jaune explique que la déclaration a été envoyée à tous ses partenaires qui ont accès à ses systèmes informatiques internes. Et qu'elle vise à protéger ces derniers contre les abus. Les sociétés qui travaillent donc pour CarPostal et qui échangent des données avec le portail internet de La Poste sont donc soumises à ces nouvelles règles.

Vérifications en cours

De son côté, BUS CH estime qu'à première vue, la signature de la déclaration de confidentialité n'apparaît pas comme problématique. L'Association des entrepreneurs et entreprises cars postales privés suisses souhaite néanmoins tirer plus au clair la situation, selon un communiqué. Elle recommande donc aux entreprises privées de ne pas encore signer le document.

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