Pas de préférence nationale pour l’embauche à l’Etat

Parlement fédéralLe modèle genevois ne sera pas appliqué à la Confédération ou dans les entreprises comme Swisscom, les CFF ou la Poste.

Deux propositions ont échoué au parlement: lundi au Conseil national et mardi au Conseil des Etats.

Deux propositions ont échoué au parlement: lundi au Conseil national et mardi au Conseil des Etats. Image: Keystone/ Steeve Iuncker-Gomez

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Il n’y aura pas de priorité nationale à l’embauche dans l’Administration fédérale ou dans ses satellites comme Swisscom, les CFF ou La Poste. Coup sur coup, deux propositions dans ce sens ont échoué au parlement: lundi au Conseil national et mardi au Conseil des Etats. Le Conseil fédéral est favorable à une priorité à l’information des chômeurs locaux pour les places vacantes à l’Etat. Il rejette cependant la solution genevoise qui oblige les administrations recrutant du personnel à convoquer des chômeurs résidents pour un entretien d’embauche.

C’est Roger Golay (MCG/GE) qui a ouvert les feux au Conseil national. «De trop nombreux citoyens de notre pays attendent un signal fort et solidaire de la Confédération pour les aider dans leur situation dramatique et désespérée», argue-t-il dans sa motion. Il s’émeut du nombre de frontaliers qui travaillent dans les entités publiques alors que le chômage des résidents est élevé.

En chiffres

Les chiffres? Ils sont donnés par le Conseil fédéral. «Sur 37 000 collaborateurs de l’Administration fédérale, on compte environ 1550 personnes (4%) de nationalité étrangère, parmi lesquelles moins de 100 frontaliers.» Qu’en est-il des anciennes régies publiques? Swisscom engage 18% de personnel étranger, La Poste 16%, les CFF 15% et RUAG près de 10%. Pour ces entreprises, il n’y a pas de statistiques concernant les frontaliers. Ces derniers sont cependant en augmentation sur le marché de l’emploi suisse. Selon l’Office fédéral de la statistique, on en dénombre 318 000 (+3,7%) à la fin de 2016. Plus d’un tiers (37%) travaille dans la région lémanique.

Bien que socialiste, le conseiller national Manuel Tornare soutient la préférence indigène à l’embauche. «A compétence égale, il faut privilégier les résidents, sinon cela débouche sur des tensions. Mais chaque canton doit être libre d’appliquer cette règle ou non». Guillaume Barazzone (PDC/GE) opte aussi pour une préférence indigène à compétence égale. «Mais il ne faut pas en faire un carcan législatif rigide. Sinon on prétérite aussi les Suisses qui habitent dans les régions frontalières. Je suis pour une priorité aux habitants de la région.» Au vote, le Conseil national a refusé la motion Golay et sa préférence nationale par 103 voix contre 83.

«A compétence égale, il faut privilégier les résidents, sinon cela débouche sur des tensions. Mais chaque canton doit être libre d’appliquer cette règle ou non»

Mardi, l’indépendant affilié à l’UDC Thomas Minder n’a pas eu davantage de succès au Conseil des Etats. Son interpellation pour donner la priorité aux travailleurs indigènes à la Confédération a été classée sans débat. «Ce qui me dérange, c’est le nombre élevé d’employés étrangers hors UE (6%) qui travaillent à La Poste. J’aimerais bien savoir quel genre d’emplois ils occupent», se demande-t-il.

Prochaine étape sur cette question sensible: le référendum contre la loi d’application de l’initiative «Contre l’immigration de masse». Les organisateurs diront ce mercredi combien de signatures ils ont déjà récolté.

Créé: 28.02.2017, 19h36

«Il faut laisser le peuple trancher»

Si le référendum contre la loi de gestion de l’immigration votée en décembre par le parlement n’aboutit pas, la prochaine étape sera pour le peuple de voter sur l’initiative RASA. Celle-ci demande à ce que l’initiative «Contre l’immigration de masse» soit purement rayée de la Constitution. Elle entend clarifier le fait qu’il est impossible
pour la Suisse de gérer de façon autonome l’immigration en provenance de l’UE alors que notre pays a signé les accords bilatéraux.

Le Conseil fédéral ne soutient pas cette attaque frontale contre un vote populaire récent. Il a proposé deux contre-projets à choix. L’un précise que «la gestion de l’immigration doit tenir compte des accords internationaux d’une grande portée pour la position de la Suisse en Europe». L’autre se contente de biffer le délai de trois ans pour appliquer l’initiative.

Les Vert’libéraux viennent d’arrêter leur position en la matière. Ils combattent les deux contre-projets «décourageants» du Conseil fédéral qu’ils assimilent à du bricolage. Ils présentent leur propre contreprojet. Que dit-il? Que la Suisse gère l’immigration des étrangers dans le cadre de ses engagements internationaux, qu’elle le fait sans contingents, mais en soutenant l’exploitation du potentiel de la main-d’œuvre indigène. La conseillère nationale Isabelle Chevalley (VD) explique: «Chacun interprète la volonté populaire sur l’immigration et les Bilatérales différemment. Nous voulons clarifier la question et laisser le peuple trancher. Si notre contre-projet ne passe pas, alors nous soutiendrons RASA.»

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