«Pour la première fois, on considère les fumeurs comme des partenaires»

TabacAprès le succès de l'expérience valaisanne, 6 cantons romands lancent un programme d'arrêt grâce à Facebook. La Confédération apporte son soutien financier

Les milieux de la prévention de 6 cantons romands lanceront un programme d'arrêt du tabac grâce à Facebook.

Les milieux de la prévention de 6 cantons romands lanceront un programme d'arrêt du tabac grâce à Facebook. Image: Béatrice Devènes

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Dès le 20 mars, les milieux de la prévention de 6 cantons romands lanceront un programme d'arrêt du tabac grâce à Facebook. Le concept repose sur deux piliers: profiter du réseau social pour diffuser des conseils et apporter du soutien aux candidats à l'arrêt du tabac; mais aussi et surtout créer une communauté virtuelle où les participants s'encouragent et partagent leurs expériences au quotidien. Les organisateurs espèrent motiver entre 4000 et 6000 participants durant 6 mois.

Le projet, testé depuis septembre dernier en Valais, donne des résultats très prometteurs. Après trois mois, plus de la moitié des participants n'ont pas repris la cigarette. La Confédération suit de près l'expérience. Le Fonds de prévention du tabac injectera 600 000 francs dans le projet romand. Pour son directeur, Peter Blatter, c'est un modèle d'avenir. Il répond à nos questions.

Peter Blatter, la Confédération va financer une grande partie du projet romand. Qu'est-ce qui vous intéresse dans cette expérience?

Deux facteurs nous ont vraiment impressionnés. D'abord il y a l'énorme succès en terme de participants. Le projet pilote valaisan a réuni 1000 participants. C'est nettement plus qu'avec une campagne antitabac standard. Et surtout, avec ce programme, on prend les fumeurs qui ont l'intention d'arrêter de fumer comme des partenaires et non pas comme de simples cibles de notre intervention. Et ça, ça change complètement. Jusqu'à présent, cela ne s'était jamais fait - ou en tout cas jamais en Suisse.

Vous n'avez même pas attendu la fin du projet pilote pour vous lancer. Pourquoi un tel enthousiasme?
Ce projet a pris un tel élan que j'aurais trouvé dommage d'arrêter cet élan. C'est pour cela que nous avons décidé de profiter de cette dynamique, sans attendre d'avoir toutes les réponses à nos questions. Le Fonds de prévention considère ce projet romand comme un projet pilote et nous allons en faire nous-même, directement, l'évaluation afin de mieux comprendre les mécanismes de succès.

Cela veut dire que vous réfléchissez déjà à étendre le projet à l'ensemble de la Suisse?

Non, pas encore. Je veux vraiment des résultats concrets et stables.

Vous engagez 600 000 francs dans le projet. Qu'est-ce que ça représente par rapport à d'autres projets de prévention que vous soutenez?

Dans le domaine de la désaccoutumance, c'est très bon marché! Quelquefois, nous payons des milliers de francs pour un seul ex-fumeur. Dans ce projet, on est à peu près à 100 francs par personnes. (24 heures)

Créé: 27.01.2016, 16h46

«Le Cipret-Valais fait partie de ma famille»

Trois Valaisannes ont participé au programme d'arrêt du tabac grâce à Facebook. Elles témoignent de leur expérience


Marylise Joris (à gauche) a fait plusieurs tentatives de sevrage avant de s’inscrire. «J’ai arrêté de fumer un jour avant le début officiel. J’avais très peur, je pensais échouer. Mais j’en avais beaucoup parlé et ma fierté était en jeu! Je laisse beaucoup de messages sur la page Facebook. Lorsque quelqu’un a envie de craquer, je l’encourage. Je me sens un peu obligée, je me dis: demain, c’est peut-être moi qui aurai besoin de soutien. Le Cipret-Valais fait partie de ma famille, maintenant.

Laurence Bender (au centre) a commencé à fumer à l’âge de 14 ans. «J’essaie de décrocher depuis que j’ai 24 ans. J’essaie à chaque cigarette que je fume. Ça fait 26 ans que j’arrête! J’ai tout tenté. Ce qui m’a intéressé dans ce programme, c’est le rendez-vous. Arrêter un jour précis, tous ensemble. Le temps de préparation est positif. C’est la première fois que je tiens si longtemps, mais c’est encore trop tôt pour dire que c’est gagné. Je n’ai pas encore retrouvé ailleurs le plaisir que me donnait la cigarette. Mais je suis moins nerveuse, davantage tournée vers les autres. Ce qui a changé dans ma vie? Ma garde-robe! J’ai pris du poids. Mon corps en avait besoin, je pense, pour tenir.

Patricia Favre (à droite) a, elle aussi, quelques tentatives de sevrage derrière elle. «Je me suis lancée par curiosité, et je me suis prise au jeu. Pour moi, l’arrêt a été d’une facilité déconcertante. Alors j’essaie de booster les autres, de les soutenir. Et ce programme m’a permis de faire de belles rencontres, d’avoir des «plans de café» plus souvent!»

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