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SuisseLa presse peint un tableau contrasté de Burkhalter

La presse suisse loue le travail d'équipe du conseiller fédéral mais aussi son manque de charisme et l'impasse des relations avec l'UE.

Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter est intervenu mercredi pour la dernière fois devant le Parlement. Il a déclaré: «Au fond, je vous aime bien». (Mercredi 27 septembre 2017)
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter est intervenu mercredi pour la dernière fois devant le Parlement. Il a déclaré: «Au fond, je vous aime bien». (Mercredi 27 septembre 2017)
Keystone
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter quittera le Conseil fédéral le 31 octobre, annonce-t-il ce 14 juin 2017. Le libéral-radical neuchâtelois dit «avoir besoin d'écrire une nouvelle page dans sa vie».
Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter quittera le Conseil fédéral le 31 octobre, annonce-t-il ce 14 juin 2017. Le libéral-radical neuchâtelois dit «avoir besoin d'écrire une nouvelle page dans sa vie».
Keystone
Didier Burkhalter fait goûter les joies de la fondue au président chinois  Xi Jinping et son épouse lors d'une visite d'Etat l1 16 janvier dernier.
Didier Burkhalter fait goûter les joies de la fondue au président chinois Xi Jinping et son épouse lors d'une visite d'Etat l1 16 janvier dernier.
Keystone
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Le conseiller fédéral Didier Burkhalter, un ancien joueur de football, aura été «l'homme au service du collectif», «qui a toujours préféré le jeu d'équipe au dribble audacieux sous l'oeil des caméras», relèvent dans un clin d'oeil L'Express etL'Impartial. Le ministre PLR a toujours oeuvré pour le «bien commun, avec cette idée, chevillée au corps, que la politique des petits pas vaut toujours mieux que les annonces tonitruantes sans effets tangibles».

Utilisant également la comparaison sportive, 24 Heures note que M. Burkhalter «n'a rien du centre-avant individualiste et tout du milieu de terrain modèle, qui préfère à l'action solitaire les subtils mécanismes d'équipe». Le journal vaudois estime néanmoins que même si la politique européenne de la Suisse est l'affaire de tout le Conseil fédéral, le libéral-radical porte une responsabilité dans le dossier. «Il symbolise ce gouvernement qui n'a pas vu venir la vague de colère du 9 février 2014 sur l'immigration».

Un «homme normal»

Mais le quotidien ne juge pas pour autant son bilan plus «terne» que ceux de ses prédécesseurs. «La douce voix du Neuchâtelois (...) incarnait ce en quoi il a toujours cru: la primauté des institutions (...) Une vision très suisse. Et une qualité».

Affichant la collégialité «jusqu'au bout des ongles, le Neuchâtelois n'a jamais revêtu la taille patron», remarque La Liberté, qui souligne qu'il n'a en réalité jamais cessé d'être un «homme normal». «Cette normalité très helvétique fut à la fois sa force et sa faiblesse».

Elle l'a notamment empêché de s'imposer «comme le chef d'orchestre des difficiles négociations à mener avec l'UE», l'isolant progressivement, y compris de son parti, poursuit le journal fribourgeois. «Bien que surprenante, l'annonce de son départ confirme dès lors l'impression diffuse qu'il n?avait plus le ressort pour rebondir».

Allant dans le même sens, La Tribune de Genève écrit que le futur ex-chef du Département fédéral des affaires étrangères a toujours peiné à être un homme public et à en accepter les contraintes. «Telle fut sa faiblesse. Il est parti comme il a gouverné avec énergie, classe et honnêteté, mais sans grand charisme ni plan d'envergure ni raison convaincantes. Il est devenu de moins en moins visible. Voici qu'il s'efface».

Engagement pour Genève

Le journal genevois loue toutefois son engagement pour la Genève internationale. «Non seulement Genève a retrouvé son attrait de base de négociations sur les dossiers chauds de la planète, mais Didier Burkhalter a aussi veillé à ce que la Confédération soutienne très concrètement les grands projets en cours, dont celui de la coûteuse rénovation du palais des Nations».

«Didier Burkhalter a-t-il vraiment eu envie de devenir conseiller fédéral?», s'interroge Le Temps. «Probablement pas», répond le quotidien lémanique, expliquant qu'«en 2009, après l'annonce de la démission de Pascal Couchepin, il a hésité, il a beaucoup hésité, il a même renoncé avant de changer d'avis. Convaincu par ses pairs, poussé par son canton, il s'est lancé et a été élu».

Le Temps note que l'année 2014 aura été pour M. Burkhalter «celle de tous les contrastes. Côté pile: il était à la fois président de la Confédération et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), où il permit à la Suisse d'exercer avec succès son rôle de médiatrice et de pacificatrice. Côté face: 2014 fut aussi l'année de l'adoption de l'initiative sur l'immigration, et l'on a le sentiment qu'il ne s'en est jamais remis».

Outre Sarine, la Neue Zuercher Zeitung estime que M. «Burkhalter a entrepris de renforcer la collégialité du Conseil fédéral. Il a réussi avec d'autres (...) Mais avec la seule collégialité, cela ne fonctionne pas. Il faut aussi apporter une majorité pour construire des idées. Dans les deux cas, on va regretter la puissance créatrice de M. Burkhalter».

«Didier qui?»

Beaucoup plus sévère, le Blick demande: «Didier qui? Même après des années, le conseiller fédéral PLR Didier Burkhalter ne semble pas être entré dans sa fonction (...) Sur la scène internationale, M. Burkhalter a fait un bon travail. Il n'a seulement pas su expliquer sa politique étrangère en Suisse. Il s'est retrouvé mis à l'écart au Conseil fédéral, car il militait pour un accord-cadre avec l'UE, dont plus personne ne veut».

Le Tages-Anzeiger note pour sa part qu'«il est difficile d'être adapté à ce Conseil fédéral technocratique, fermé et peut-être le moins connu des deux dernières décennies. Après l'ère erratique de Micheline Calmy-Rey (PS), il a amené un certain calme dans la politique étrangère, ce qui a incontestablement été bien accueilli. Mais les plus importants de ses dossiers sont indubitablement des échecs. Le manque de repères palpables du gouvernement en politique européenne est fortement attribuable au faible leadership du ministre des affaires étrangères».

«Bien que politicien professionnel, le Neuchâtelois n'était pas un politicien jusqu'au bout des ongles», remarque le Bund, qui souligne toutefois sa résistance et son enthousiasme pour se battre pour sa cause, sa capacité d'expliquer cent fois, de faire les yeux doux aux sceptiques et de charmer les critiques. «Il semble que Didier Burkhalter ne se soit jamais senti bien en tant que conseiller fédéral».

ats

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