Pour la presse romande, le GSsA pose une question légitime

Votations fédérales L'initiative du GSsA a été balayée. Pour autant, les médias estiment ce lundi matin que l'armée doit s'interroger sur son avenir.

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Les médias romands ont estimé lundi que le refus de l'initiative du GSsA ne dispensait pas les partisans de l'armée de s'interroger sur ses moyens et son avenir. Les réactions au «oui» à l'ouverture des magasins des stations-services sont quant à elles contrastées.

Le taux de refus de l'initiative de la GSsA sur l'abrogation du service militaire obligatoire «a la force d«un camouflet» mais pose une question «légitime» selon la «Tribune de Genève«/«24heures». L'éditorial publié dans les deux quotidiens fait remarquer qu'«un Suisse sur deux n'accomplit pas l'entier de ses obligations militaires».

Les partisans de l'armée de milice n'ont «pas apporté de réponses» à ce sujet et la droite doit faire des propositions pour «offrir davantage que la défense d«un modèle en partie condamné».

Moral militaire «regonflé»

Même constat pour La Liberté, L'Express/L'Impartial et Le Nouvelliste. Le fait que le GSsA n'ait pas considéré les problèmes liés au recrutement dans une armée volontaire a «considérablement facilité la tâche d'Ueli Maurer et de ses amis», n'empêche que «l«armée évolue». Par conséquent, «pourquoi ne pas prendre au sérieux l«idée d«un service citoyen ouvert aux femmes, voire aux étrangers?»

Le Quotidien Jurassien fait remarquer quant à lui que «les hautes casquettes militaires seraient mal inspirées de se reposer sur leurs lauriers» car l'armée doit pouvoir «justifier sa capacité à répondre aux dangers modernes», même si le refus de l'initiative du GSsA «regonflera le moral des hautes sphères militaires, qui devront se battre pour le Gripen l«an prochain».

Fin d'une «absurdité bureaucratique»

Quant aux réactions à l'ouverture des magasins des stations-service, elles sont contrastées. Pour la Tribune de Genève/24heures, les Suisses «ont écouté leur bon sens et mis fin à une absurdité bureaucratique que personne n«a vraiment réussi à expliquer et justifier», rappelant que leur «petit oui» prouve que «la méfiance reste forte face à tout changement dans l«organisation sociale du travail».

Du côté alémanique, pour la Neue Zürcher Zeitung, la «campagne alarmiste de l'alliance du dimanche (...) a échoué. C'est une bonne chose», mais cela ne doit pas être interprété comme une volonté de généraliser l'ouverture des magasins, estime le quotidien zurichois. «Le peuple a (...) seulement approuvé la suppression d'une règle bureaucratique absurde», dit-il.

Même réaction de la part des quotidiens Der Bund et Tages-Anzeiger. «La majorité des votants ont laissé parler leur bon sens et n'ont pas transformé ce vote en enjeu fondamental, comme les opposants l'auraient souhaité. (...) A cet égard, le résultat d'hier n'est pas préjudiciable aux votations à venir», notent-ils.

Dans son édition de lundi, Le Courrier se montre nettement plus négatif. Qualifiant la campagne de «lutte simulacre pour le droit d'acheter une saucisse à rôtir en pleine nuit», il estime que l'initiative «n'est que le début d'une longue liste d'attaques contre le droit du travail» qui «font passer les envies des consommateurs avant les droits des travailleurs».

Pardon du Ciel

Quant au Quotidien Jurassien, il appelle «le Ciel» à pardonner à la Suisse et à veiller «à ce que cette logique adaptation de portée mineure n'ouvre la porte à d'absurdes dérives mercantiles à l'américaine». Le journal régional rappelle d'ailleurs que des appels au non ont été lancés dans les églises jurassiennes «pour que le dimanche reste le jour du Seigneur et accessoirement du repos». (ats/nxp)

Créé: 23.09.2013, 08h13

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