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Darbellay met son veto à une action des paysans

Attendu à Bulle (FR), Johann Schneider-Ammann n'aura pas à affronter la colère d'Uniterre. Le président du Salon goûts et terroirs, Christophe Darbellay, est intervenu en personne.

Christophe Darbellay (à g.) avec Johann Schneider-Ammann en août 2017. Le conseiller d'Etat valaisan ne voulait pas que la venue du ministre de l'Economie à Bulle soit perturbée par des paysans fâchés par sa politique agricole.
Christophe Darbellay (à g.) avec Johann Schneider-Ammann en août 2017. Le conseiller d'Etat valaisan ne voulait pas que la venue du ministre de l'Economie à Bulle soit perturbée par des paysans fâchés par sa politique agricole.
Keystone

C'est l'histoire d'une action avortée. Ce jeudi après-midi, des paysans membres du syndicat Uniterre avaient prévu d'interpeller le conseiller fédéral PLR Johann Schneider-Ammann à l'occasion de sa venue au Salon goûts et terroirs de Bulle (FR). Motif de leur mécontentement: la politique agricole présentée il y a quelques semaines par le ministre de l’Économie, qui vise une ouverture des frontières tout en exigeant une production suisse de qualité et respectueuse des ressources.

Or le syndicat a annoncé ce jeudi matin, par voie de communiqué, qu'il renonçait à mettre sur pied un comité d'accueil. Il est question «d'une pression exercée pour que cette action n'ait pas lieu.» De quel genre? «Le président du Salon goûts et terroirs, Christophe Darbellay, est intervenu personnellement, en téléphonant à deux de nos dirigeants», affirme Berthe Darras, secrétaire d'Uniterre.

Promesse à tenir

Le conseiller d'Etat valaisan confirme les faits. «Ce n'est ni le lieu, ni le moment pour faire de la politique, explique le ministre PDC. Nos exposants sont ici pour présenter les meilleurs produits du terroir de ce pays. C'est une belle fête. Les discussions sur l'avenir de l'agriculture se passent à Berne.»

Christophe Darbellay, qui fut sous-directeur de l'Office fédéral de l'agriculture au début de sa carrière, se dit proche du monde paysan. «Je partage en partie les revendications des membres d'Uniterre, confie-t-il. Mais pour en discuter, il faut se mettre autour d'une table et présenter ses arguments. Je me suis engagé auprès d'eux à faire en sorte qu'ils puissent rencontrer Johann Schneider-Ammann dans ce but.» Les responsables du syndicat en ont pris bonne note: «Nous n'avons pas encore de date, mais nous espérons que cette promesse sera tenue très prochainement.»

«Rien de méchant»

Les tensions étant vives, le conseiller d'Etat valaisan admet aussi qu'il craignait des débordements lors de cette 18e édition du rendez-vous fribourgeois, qu'il préside depuis de longues années. «Il risquait d'y avoir des remous. Des paysans qui empêchent les gens d'entrer dans un salon dédié au terroir, c'est un peu comme si un curé bloquait l'entrée d'une église!» Pas moins de 45'000 visiteurs sont attendus jusqu'à dimanche à l'Espace Gruyère de Bulle.

Johann Schneider-Ammann aurait-il vraiment dû faire face à un mouvement hostile si l'opération s'était déroulée comme prévu? «Non, il n'y avait rien de méchant ni de musclé, répond la secrétaire d'Uniterre. Une petite équipe était simplement prête à lui dire ce que nous pensons de sa vision du monde paysan. Venir à Bulle pour promouvoir le bon goût et l'agriculture juste après avoir livré un rapport qui veut tout le contraire, c'est tout à fait incohérent.»

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