La pression va se renforcer sur Didier Burkhalter

Conseil fédéral Le PLR neuchâtelois se voit attribuer le rôle de pivot du nouveau Conseil fédéral. L’UDC lui promet la guerre s’il ne file pas droit

Le patron de l’UDC, Toni Brunner (à dr.), a bon espoir que Didier Burkhalter (2e depuis la dr.) se comporte en fonction de la nouvelle majorité de droite du gouvernement. «Donnons une chance à ce Conseil fédéral», lance-t-il.

Le patron de l’UDC, Toni Brunner (à dr.), a bon espoir que Didier Burkhalter (2e depuis la dr.) se comporte en fonction de la nouvelle majorité de droite du gouvernement. «Donnons une chance à ce Conseil fédéral», lance-t-il. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Didier Burkhalter déteste les conflits, il redoute la politique politicienne et fuit les changements. Le conseiller fédéral neuchâtelois risque bientôt d’être servi! La nouvelle composition du Conseil fédéral, dès le 1er janvier (2 UDC, 2 PLR, 1 PDC, 2 PS), va en effet faire de lui le ministre le plus exposé du Collège. La raison? C’est de lui que pourraient dépendre les nouvelles majorités. Il devra assumer un rôle de pivot.

«Sur le papier, on a aujourd’hui un gouvernement de centre gauche. Dès le 1er janvier, il devrait être de centre droit.»

Toni Brunner, le président de l’UDC, résume la situation ainsi: «Sur le papier, on a aujourd’hui un gouvernement de centre gauche. Dès le 1er janvier, il devrait être de centre droit. Mais, pour cela, il faut aussi que les deux PLR du Conseil fédéral votent à droite. S’il y a toujours une alliance de centre gauche, cela signifiera que l’un des ministres vote autrement que son parti. Ça peut aller une fois, mais pas toutes les fois!»

Il n’aura pas non plus échappé à l’UDC que, durant la dernière législature, les décisions au gouver­nement se prenaient souvent à cinq contre deux (Berset, Sommaruga, Leuthard, Widmer-Schlumpf et Burkhalter contre Maurer et Schnei­der-Ammann), selon une idée répandue au parlement. Impossible de le vérifier, les séances sont confidentielles. Mais le président du PBD, Martin Landolt, le dit haut et fort: «Avant, les décisions se prenaient à cinq contre deux au Conseil fédéral. Désormais, elles se prendront à quatre contre trois.» Selon le Glaronais, le fameux virage à droite que devrait prendre la politique suisse grâce à une majorité PLR-UDC aux commandes n’est ainsi qu’un mirage notamment par la personnalité de Burkhalter.

Sensibilité de PLR latin

Tous les regards se tournent donc vers le Neuchâtelois. Et ce n’est pas un hasard. Le radical romand a montré dans son parcours parlementaire un profil plus à gauche que son collègue Johann Schneider-Ammann. «Didier Burkhalter est certes libéral, mais aussi plus proche du radicalisme romand qui reconnaît un rôle à l’Etat», détaille le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE). «Si l’on veut un ministre libéral-radical romand, c’est aussi pour qu’il représente la sensibilité du PLR romand!» note Isabelle Moret (PLR/VD), la vice-présidente du parti.

Mais l’UDC n’entend pas lâcher le morceau sur deux dossiers au moins: l’austérité et la politique européenne. Son président, Toni Brunner, rappelle que l’UDC, le PLR et le PDC se sont unis cet été autour d’un pacte de dérégulation. «Pour nous, à l’avenir, les points forts du budget doivent aller à la sécurité, à l’armée. Nous devrons économiser ailleurs: dans l’administration, la formation, la culture, la recherche, la coopération internationale ou encore l’asile.» Il s’attend à ce que le Conseil fédéral en débatte sans tabou et tranche dans le vif. Le fait que la pression soit mise sur Burkhalter n’est pas non plus un hasard dans la perspective des échéances de politique européenne. Le chef du DFAE porte notamment le projet de rénovation des relations institutionnelles entre la Suisse et l’Union européenne qui fait monter l’UDC aux barricades.

«Une forte personnalité»

Le parti obtiendra-t-il du Neuchâtelois ce qu’il veut? «Didier Burkhalter va poursuivre sur sa ligne. C’est une forte personnalité», croit Isabelle Moret (PLR/VD). La conseillère nationale voit autre chose dans la pression mise par l’UDC. «Les propos de l’UDC traduisent ses craintes que Didier Burkhalter ne mette la main sur Guy Parmelin», estime-t-elle. «Je pense que l’UDC a déjà mis en route sa stratégie pour un 3e siège au Conseil fédéral, qui ne peut être pris qu’au PLR. L’affaiblissement d’un conseiller fédéral comme Burkhalter permettra déjà de préparer le terrain pour les prochaines élections», estime pour sa part le socialiste Carlo Sommaruga.

L’UDC veut, quant à elle, croire que le Neuchâtelois aura pris note de la nouvelle majorité de droite. Et sinon? Toni Brunner veut éviter les spéculations. «Je nourris un grand espoir qu’il le fasse. Donnons une chance à ce Conseil fédéral», sourit-il.

Créé: 28.12.2015, 10h07

Articles en relation

«La crise avec la Russie n'est pas une surprise»

Diplomatie Invité à Genève, Didier Burkhalter a rappelé le rôle de la Suisse dans les négociations de paix. Plus...

Didier Burkhalter espère le feu vert pour le Palais des Nations

Le Conseiller fédéral a estimé jeudi après-midi à New York que l’Assemblée générale de l'ONU pourrait prendre une «position positive» cette année encore. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 19 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...