Une solution romande pour les gens du voyage?

Dossier brûlantLes Chefs des Départements de justice et police latins se rencontrent vendredi pour aborder l'arrivée, le séjour et le départ des gens du voyage. Leur objectif: trouver une solution à l'échelle romande.

Des policiers vaudois observent l'évacuation des caravanes de gens du voyage stationnées dans un champs à Chavannnes-près-Renens.(14 septembre 2012)

Des policiers vaudois observent l'évacuation des caravanes de gens du voyage stationnées dans un champs à Chavannnes-près-Renens.(14 septembre 2012) Image: Keystone

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Les Chefs des Départements de justice et police latins se rencontrent vendredi pour aborder le dossier brûlant des gens du voyage. Leur objectif est d'arriver à mettre sur pied un concordat qui règle globalement la problématique au niveau romand et tessinois. Une décision devrait tomber vendredi en fin de journée.

Les chefs des Départements de justice et police latins tenteront de s'accorder sur une politique commune concernant l'arrivée, le séjour et le départ des gitans. «Plusieurs points seront discutés, parmi lesquels la réglementation financière du séjour, avec l'éventuel dépôt d'une caution, le nombre d'aires de stationnement, et la mise en place d'une procédure d'évacuation», résume Blaise Péquignot, secrétaire général de la Conférence latine des Chefs des Départements de justice et police (CLDJP).

Le point le plus délicat concerne l'installation des caravanes des gens du voyage sur les domaines de particuliers. «Lorsqu'un différend éclate entre la communauté des gitans et le propriétaire d'un terrain, il est difficile pour la police d'intervenir», explique Blaise Péquignot. «Contrairement aux lieux publics, les forces de l'ordre ne peuvent en effet intervenir dans le domaine privé qu'en cas de troubles publics ou de menaces particulières», indique-t-il.

Les chefs des Départements de justice et police latins prévoient également de se pencher sur la manière dont les Alémaniques font face au problème.

«Tuer la minorité»

Pour Henri-Philippe Sambuc, avocat genevois de la communauté des gens du voyage, le vrai problème se situe dans la distinction entre les gens du voyage suisses et les gens du voyage étrangers. «Mais les autorités suisses ne font rien... pour des questions de paresse!», selon lui.

«Les nomades suisses vivent en Suisse, paient leurs impôts ici, et ne se déplacent qu'avec trois ou quatre caravanes. Ils est vital pour eux de pouvoir s'arrêter où ils veulent», argumente l'avocat. «S'ils veulent s'installer sur le champ d'un propriétaire, ils doivent bien sûr demander son autorisation. Mais la commune, elle, n'a pas à s'opposer», explique-t-il. «Empêcher ces gens de s'arrêter, c'est les empêcher de travailler. C'est tuer la minorité», selon lui.

«Nomades en transit»

Le problème est tout autre avec les gens du voyage qui viennent de l'étranger. «Ces nomades en transit en Suisse se déplacent avec quarante ou cinquante caravanes, ce qui représente 200 personnes au minimum», poursuit Henri-Philippe Sambuc. «Ils doivent se rendre sur des places d'arrêt temporaires, sous peine de créer des tensions avec les résidents», dit-il.

La problématique des aires de stationnement sera également abordée vendredi par la Conférence latine des chefs des Départements de justice et police. Les cantons sont certes tenus de mettre à disposition des places d'arrêt pour les gitans. Mais y en a-t-il assez? La Suisse compte actuellement une dizaine d'aires officielles, dont quatre en Suisse romande. La dernière a été présentée la semaine dernière à Versoix (GE). Il en faudrait près du double, selon Henri-Philippe Sambuc.

Créé: 05.10.2012, 07h08

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