Procès de l'ancien chef des finances de la ville de Zoug

JusticeL'ancien directeur est accusé d'abus de confiance pour avoir détourné des millions de francs d'une personne âgée dont il gérait la fortune.

 Le chef du département des affaires sociales Andreas Bossard et le maire Dolfi Mueller (à droite) avaient dû s'expliquer dans le cadre de l'affaire Romer.

Le chef du département des affaires sociales Andreas Bossard et le maire Dolfi Mueller (à droite) avaient dû s'expliquer dans le cadre de l'affaire Romer. Image: Keystone

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Le procès de l'ancien chef des finances de la ville de Zoug Ivo Romer s'est ouvert lundi devant le tribunal pénal. Il est accusé d'abus de confiance pour avoir détourné des millions de francs d'une personne âgée dont il gérait la fortune.

A l'ouverture de l'audience lundi à Zoug, Ivo Romer a refusé de répondre aux questions du juge sur l'affaire et sur sa personne. Il a juste accepté de dire qu'il travaille à temps partiel depuis quelques mois et qu'il gagne ainsi entre 500 et 1000 francs par mois.

Responsable d'une fiduciaire, le prévenu âgé de 52 ans est accusé d'abus de confiance, de gestion déloyale, d'escroquerie, de faux dans le titre et de blanchiment d'argent. La procureure a requis lundi six ans et dix mois de prison.

Ivo Romer a commis des délits pendant six ans. Pendant l'enquête, il a encore vendu un terrain en Afrique du Sud qu'il avait acheté avec l'argent de la nonagénaire, a indiqué la procureure. Le prévenu n'a montré aucun repentir.

Enchantement immédiat

Lorsque la vieille dame a rencontré le fiduciaire, elle avait 90 ans. Ivo Romer était, lui, un jeune politicien en plein essor, employé d'UBS et âgé de moitié moins. L'enchantement de la nonagénaire était immédiat, selon la procureure.

L'une des filles de la vieille dame a déclaré que sa mère était folle d'Ivo Romer. L'enthousiasme s'est transformé en aveuglement, ce que l'accusé a exploité sans vergogne, a souligné la procureure.

L'argent qu'il a soutiré à la nonagénaire lui permettait de mener un train de vie que ses 11'000 francs de salaire mensuel payés par la ville ne suffisaient pas à financer. Il se montrait notamment très généreux pour sponsoriser des événements sportifs.

A la vieille dame, il remettait chaque mois une enveloppe contenant 2000 francs d'AVS. Les années passant, il a réussi à isoler complètement la vieille dame de ses enfants. Au bout d'un certain temps, les filles de cette dernière ont même été interdites d'entrer à son domicile.

Pas coopératif

Ivo Romer n'a pas coopéré pendant l'instruction. Il a ainsi refusé de répondre aux 800 questions que lui a posées la procureure, a-t-elle précisé.

Le prévenu a abusé de la confiance de la nonagénaire et a dilapidé toute sa fortune. Lorsque la vieille dame est morte à 96 ans en 2011, il ne restait que 15'000 francs des 7 millions qu'elle avait confiés à M. Romer, a encore déclaré la procureure.

L'affaire a éclaté en novembre 2012 à cause d'un article de la Weltwoche révélant l'ouverture d'une enquête pénale contre le chef des finances de la ville de Zoug, membre du PLR.

Des perquisitions ont été effectuées en octobre 2012, dont une dans les bureaux de la fiduciaire du prévenu. La société de M. Romer gérait depuis 2007 la fortune d'une nonagénaire décédée en 2011. Ses héritiers ont déposé plainte contre le politicien qu'ils accusent d'avoir détourné plusieurs millions de francs.

Conflit d'intérêt

Un jour après les révélations de la Weltwoche, Ivo Romer a démissionné de l'exécutif de la ville de Zoug. Il a toujours affirmé que les accusations portées contre lui sont sans fondement.

L'affaire a été examinée par une commission d'enquête parlementaire (CEP). Son rapport publié en août 2014 met hors de cause l'exécutif de la ville de Zoug, mais souligne un manque de tact. Le chef du département des affaires sociales Andreas Bossard (PS) y est critiqué pour n'avoir pas su évaluer l'importance de cette affaire.

Les autorités de tutelle ont aussi été critiquées. La CEP voulait notamment savoir pourquoi la nonagénaire n'avait pas été placée sous tutelle comme le demandait sa famille. La CEP a constaté que les autorités de tutelle n'ont exercé aucune pression sur Ivo Romer pour qu'il réponde à la demande de la famille.

Le problème était qu'Ivo Romer faisait partie de l'exécutif et qu'il était donc automatiquement membre des autorités de tutelle. Il y avait là un conflit d'intérêts que personne n'a constaté pendant longtemps. (ats/nxp)

Créé: 27.06.2016, 10h44

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