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Procès Falciani: un ex-directeur d'HSBC témoigne

Divers témoins ont été appelés mercredi à la barre du Tribunal pénal fédéral dans le procès de l'ancien employé de HSBC.

Le cuisinier étoilé Paul Bocuse figure dans le listing de HSBC révélé par Le Monde. Un de ses conseillers en patrimoine a indiqué au quotidien français que le cuisinier avait «oublié» ses avoirs en Suisse: 2,7 millions de francs. Sa situation aurait été régularisée en 2010.
Le cuisinier étoilé Paul Bocuse figure dans le listing de HSBC révélé par Le Monde. Un de ses conseillers en patrimoine a indiqué au quotidien français que le cuisinier avait «oublié» ses avoirs en Suisse: 2,7 millions de francs. Sa situation aurait été régularisée en 2010.
AFP
Richard Prasquier, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), figure aussi dans le fichier HSBC de Falciani. Son explication est plausible: «Mes parents, qui ont survécu à la Shoah cachés en Pologne, ont passé leur vie dans l'obsession de mettre les leurs à l'abri en cas de nécessité. Je suis devenu, après le décès de mon père, co-bénéficiaire du compte familial à leur nom, compte que je n'ai absolument jamais alimenté», a-t-il confié au Monde.
Richard Prasquier, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), figure aussi dans le fichier HSBC de Falciani. Son explication est plausible: «Mes parents, qui ont survécu à la Shoah cachés en Pologne, ont passé leur vie dans l'obsession de mettre les leurs à l'abri en cas de nécessité. Je suis devenu, après le décès de mon père, co-bénéficiaire du compte familial à leur nom, compte que je n'ai absolument jamais alimenté», a-t-il confié au Monde.
AFP
Le cinéaste Cédric Klapisch figure également dans ce fichier HSBC. Son histoire est également plausible et sa situation régularisée: «Mon père habite en Suisse, il m'avait ouvert un compte à Genève. Il n'y avait pas énormément d'argent dessus - 300'000 francs selon Le Monde. Je ne savais pas que c'était illégal. J'ai tout régularisé en 2012, et je n'ai plus d'argent là-bas», a-t-il déclaré au Monde.
Le cinéaste Cédric Klapisch figure également dans ce fichier HSBC. Son histoire est également plausible et sa situation régularisée: «Mon père habite en Suisse, il m'avait ouvert un compte à Genève. Il n'y avait pas énormément d'argent dessus - 300'000 francs selon Le Monde. Je ne savais pas que c'était illégal. J'ai tout régularisé en 2012, et je n'ai plus d'argent là-bas», a-t-il déclaré au Monde.
AFP
L'auteur de best-sellers Marc Lévy figure dans le fichier HSBC à son grand étonnement: «J'aimerais bien savoir pourquoi mon nom figure dans ces listings! Je suis résident étranger depuis plus de quinze ans, et j'ai effectivement eu un compte à la HSBC, mais à Londres, ce qui est plutôt logique: je vivais là-bas! », s'est-il étonné auprès du Monde.
L'auteur de best-sellers Marc Lévy figure dans le fichier HSBC à son grand étonnement: «J'aimerais bien savoir pourquoi mon nom figure dans ces listings! Je suis résident étranger depuis plus de quinze ans, et j'ai effectivement eu un compte à la HSBC, mais à Londres, ce qui est plutôt logique: je vivais là-bas! », s'est-il étonné auprès du Monde.
AFP
L'avocat Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'homme, figure dans le listing HSBC pour une raison qu'il explique lui-même au Monde: «Dans les années 1960, mes parents, qui avaient connu les persécutions antisémites, décidèrent de placer de l'argent sur un compte en Suisse, au cas où, crédité de 767 000 euros (quelque 940'000 francs d'aujourd'hui). Et ma mère nous a, mon frère et moi, désignés comme ayants droit. Nous avons récemment eu droit à un contrôle fiscal au terme duquel seule ma mère a été redressée.»
L'avocat Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'homme, figure dans le listing HSBC pour une raison qu'il explique lui-même au Monde: «Dans les années 1960, mes parents, qui avaient connu les persécutions antisémites, décidèrent de placer de l'argent sur un compte en Suisse, au cas où, crédité de 767 000 euros (quelque 940'000 francs d'aujourd'hui). Et ma mère nous a, mon frère et moi, désignés comme ayants droit. Nous avons récemment eu droit à un contrôle fiscal au terme duquel seule ma mère a été redressée.»
AFP
L'homme d'affaires millionnaire Alexandre Allard figure dans ce listing HSBC mais s'en étonne. «J'ai mes comptes chez Reyl, tout le monde le sait depuis l'affaire Cahuzac! Mais ils sont tous déclarés, je n'ai rien fait de répréhensible».
L'homme d'affaires millionnaire Alexandre Allard figure dans ce listing HSBC mais s'en étonne. «J'ai mes comptes chez Reyl, tout le monde le sait depuis l'affaire Cahuzac! Mais ils sont tous déclarés, je n'ai rien fait de répréhensible».
AFP
L'humoriste Michel Boujenah est dans ce fichier HSBC à sa grande surprise: «Non, je n'ai pas de compte HSBC, en tout cas pas à ma connaissance! Si jamais j'ai de l'argent en Suisse, prévenez-moi, j'ai des tas de découverts et pas un sou, d'autant que j'essaie en vain de monter un film depuis cinq ans», a-t-il confié au Monde.
L'humoriste Michel Boujenah est dans ce fichier HSBC à sa grande surprise: «Non, je n'ai pas de compte HSBC, en tout cas pas à ma connaissance! Si jamais j'ai de l'argent en Suisse, prévenez-moi, j'ai des tas de découverts et pas un sou, d'autant que j'essaie en vain de monter un film depuis cinq ans», a-t-il confié au Monde.
AFP
L'animateur de TV Gérard Miller figure dans ce listing HSBC et peut s'en expliquer: «J'ai reçu en héritage un compte que mon père (juif polonais immigré en France, ndlr) avait constitué à l'étranger, sans que j'y prenne la moindre part. Je me suis donc retrouvé l'héritier passif d'une situation qui s'était créée du début jusqu'à la fin sans moi».
L'animateur de TV Gérard Miller figure dans ce listing HSBC et peut s'en expliquer: «J'ai reçu en héritage un compte que mon père (juif polonais immigré en France, ndlr) avait constitué à l'étranger, sans que j'y prenne la moindre part. Je me suis donc retrouvé l'héritier passif d'une situation qui s'était créée du début jusqu'à la fin sans moi».
AFP
L'ancien responsable de la sécurité de la chaîne cryptée Canal+, Gilles Kaehlin, figure également dans ce listing. Il est très en colère et a même déposé plainte pour faux et usages de faux. Il ne s'explique pas sa présence dans cette liste HSBC: «Qu'on rende publics tous les noms! Cela permettra sans doute de démasquer d'authentiques fraudeurs, mais aussi de découvrir que ces listes ont été trafiquées, sans doute par les services de renseignement. C'est gravissime que l'on puisse m'attribuer un compte.»
L'ancien responsable de la sécurité de la chaîne cryptée Canal+, Gilles Kaehlin, figure également dans ce listing. Il est très en colère et a même déposé plainte pour faux et usages de faux. Il ne s'explique pas sa présence dans cette liste HSBC: «Qu'on rende publics tous les noms! Cela permettra sans doute de démasquer d'authentiques fraudeurs, mais aussi de découvrir que ces listes ont été trafiquées, sans doute par les services de renseignement. C'est gravissime que l'on puisse m'attribuer un compte.»
AFP
L'ancien tennisman français Henri Leconte ne s'explique pas non plus comment il a pu atterrir dans une telle liste. Sa femme a dit au Monde: «Nous sommes résidents en France depuis 2006, et mon mari a bien eu un compte HSBC, mais en France. Le fisc l'a récemment interrogé. Il n'a rien à cacher, il a été ruiné par le banquier Jacques Heyer».
L'ancien tennisman français Henri Leconte ne s'explique pas non plus comment il a pu atterrir dans une telle liste. Sa femme a dit au Monde: «Nous sommes résidents en France depuis 2006, et mon mari a bien eu un compte HSBC, mais en France. Le fisc l'a récemment interrogé. Il n'a rien à cacher, il a été ruiné par le banquier Jacques Heyer».
AFP
Il y a aussi des Français ayant résidé en Suisse ou y résidant encore et ayant un compte chez HSBC Genève, comme Alain Afflelou: «C'est le compte le plus légal de la terre. J'ai vécu à Genève de 1997 à 2006, j'y ai ouvert un compte dans une banque, rachetée ensuite par HSBC, et l'ai fermé en quittant la Suisse», a expliqué l'opticien au Monde.
Il y a aussi des Français ayant résidé en Suisse ou y résidant encore et ayant un compte chez HSBC Genève, comme Alain Afflelou: «C'est le compte le plus légal de la terre. J'ai vécu à Genève de 1997 à 2006, j'y ai ouvert un compte dans une banque, rachetée ensuite par HSBC, et l'ai fermé en quittant la Suisse», a expliqué l'opticien au Monde.
AFP
C'est le député socialiste Christian Eckert, rapporteur général du budget, qui avait rédigé le rapport sur l'analyse de la liste Falciani.
C'est le député socialiste Christian Eckert, rapporteur général du budget, qui avait rédigé le rapport sur l'analyse de la liste Falciani.
AFP
Au total, quelque 2900 Français ont été identifiés comme détenteurs de compte chez HSBC Genève entre 2005 et 2006.
Au total, quelque 2900 Français ont été identifiés comme détenteurs de compte chez HSBC Genève entre 2005 et 2006.
AFP
Hervé Falciani a remis cette liste en décembre 2008 au fisc français et a ensuite été entendu par les autorités françaises récemment, dans le cadre de l'enquête sur l'évasion fiscale.
Hervé Falciani a remis cette liste en décembre 2008 au fisc français et a ensuite été entendu par les autorités françaises récemment, dans le cadre de l'enquête sur l'évasion fiscale.
AFP
Au total, ce sont cinq milliards de francs qui étaient entreposés sur les comptes HSBC des quelque 2900 Français dont les noms figurent sur le listing.
Au total, ce sont cinq milliards de francs qui étaient entreposés sur les comptes HSBC des quelque 2900 Français dont les noms figurent sur le listing.
Keystone
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Le procès d'Hervé Falciani s'est poursuivi mercredi à Bellinzone avec l'audition d'employés d'HSBC cités comme témoins. Un ex-directeur de la banque, devenu responsable informatique à l'Etat de Genève, a comparu en premier devant le Tribunal pénal fédéral.

Cet ancien directeur du département de développement informatique d'HSBC a été interrogé sur les activités d'Hervé Falciani au sein de la banque. Il a dressé le portrait d'un «garçon très sociable» et d'un «bon technicien».

Hervé Falciani avait été engagé en 2004 pour établir une base de données servant à gérer les relations avec les clients, contenant entre autres les dates d'anniversaire de ceux-ci, a expliqué l'ex-directeur devant la Cour des affaires pénales. «Je n'étais pas son supérieur, mais j'ai pu l'observer», a-t-il ajouté.

Au bout de dix-huit mois, le projet sur lequel Hervé Falciani travaillait avait été abandonné, suite à l'acquisition d'une autre banque qui possédait une telle base de données. Hervé Falciani avait été déçu, mais avait su rebondir surtout qu'à l'époque les banques privées étaient en plein essor et que le travail ne manquait pas.

«L'aide apportée par ce garçon allait dans le bon sens», a ajouté le témoin. Interrogé sur l'attitude d'Hervé Falciani, l'ancien directeur a assuré qu'il n'avait pas connaissance de déclarations du prévenu faisant ouvertement état de dysfonctionnements au sein des services informatiques de la banque.

Besoin de reconnaissance

«Hervé Falciani aimait dire qu'il avait des idées et avait un besoin de reconnaissance. Il disait qu'on n'allait pas assez vite. Ce sont des choses qui m'ont été rapportées», a déclaré l'ex-directeur. «Nos rapports étaient superficiels. Sauf à une occasion, peu après son engagement, lorsqu'il s'était plaint d'avoir un salaire aux conditions monégasques et non pas aux normes suisses».

Un collègue d'Hervé Falciani, qui avait travaillé avec lui de 2006 à 2008, a lui aussi été questionné sur les activités professionnelles de l'accusé au sein d'HSBC. Hervé Falciani était chargé de livrer des programmes pour la construction de bases de données, a précisé l'informaticien.

Le témoin a ensuite déclaré qu'Hervé Falciani était venu travailler à Genève avec l'ordinateur portable qu'il avait précédemment, lorsqu'il était employé par HSBC Monaco. Cet ordinateur n'était pas «aux normes», a-t-il souligné.

Il permettait notamment à Hervé Falciani d'être son propre administrateur et donc d'installer des logiciels externes, ce qui n'était pas possible sur les portables fournis par HSBC Genève à ses employés.

Contrôle du passé des employés

Le témoin a ensuite énuméré les mesures de renforcement de la sécurité prises par HSBC concernant l'anonymisation des données. Ces mesures, entre autres, vont du blocage d'e-mails externes au contrôle du passé des employés qui ont accès aux données sensibles.

Le procès devrait se poursuivre avec les dépositions de deux ex-employés d'HSBC. Il devrait se terminer vendredi avec le réquisitoire du procureur et les plaidoiries de la défense et des parties civiles.

Hervé Falciani est accusé de service de renseignements économiques, de soustraction de données et de violation du secret commercial et bancaire. Il a livré à la France le nom des trois quarts environ des clients privés de la banque HSBC.

La divulgation de ces données a eu un impact sans précédent. Elle a permis à un consortium de plusieurs médias de révéler que près de 120 milliards de dollars auraient transité par la banque HSBC dans le but d'échapper à l'impôt ou pour être blanchis via des sociétés-écrans.

(ats)

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