«La production laitière en Suisse souffre»

AgricultureUniterre proteste contre la baisse des prix et dénonce le copinage qui pourrit la branche.

Aujourd'hui, le prix de revient du lait est largement supérieur au prix de vente.

Aujourd'hui, le prix de revient du lait est largement supérieur au prix de vente. Image: Keystone

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La situation sur le marché laitier est intenable. C’est le message délivré jeudi à Berne par Uniterre. Une action de protestation était organisée devant le siège de la Fédération des producteurs de lait (PSL). Le lieu n’est pas anodin. Le syndicat voulait ainsi dénoncer le «copinage» qui régnerait au sein de la PSL pourtant censée défendre les intérêts des paysans. Interview de Claude Demierre, producteur et membre d’Uniterre.

Pourquoi manifestez-vous? Nous voulons montrer que les agriculteurs ne sont pas contents. La production laitière en Suisse souffre. Si nous continuons à faire ce métier, c’est uniquement par passion, car pour le reste notre activité n’est plus rentable.

La situation est-elle grave? Depuis l’introduction des paiements directs en 1992, le prix du lait a baissé de moitié. L’objectif des paiements directs était de compenser la baisse des prix dans le secteur agricole. Or, pour les toucher, il faut réaliser des prestations écologiques. Les producteurs de lait sont donc doublement perdants. Ils font face à un effondrement des prix et doivent remplir de nouvelles prestations.

Ça représente quoi pour un producteur comme vous? Je vends mon lait 50 centimes le litre. Mais rien que le coût de la nourriture pour mes bêtes, c’est déjà 40 centimes! Avec la différence, je dois payer mon personnel, investir, payer mes bâtiments et mes terres, et me verser un salaire. C’est impossible. Chaque année, le capital diminue. On se ruine. Aujourd’hui, le prix de revient du lait est largement supérieur au prix de vente.

Comment améliorer la situation? Il faut fixer un prix du lait, et être intransigeant sur le montant: en dessous, on ne vendra pas. C’est la seule solution. L’Etat doit mettre la pression sur les entreprises de transformation du lait, ou en tout cas créer les conditions pour qu’elles achètent notre production à un certain prix. La Confédération donne déjà de l’argent pour exporter certains produits.

Vous parlez de copinage au sein de la Fédération des producteurs suisses de lait. Pourquoi? Il y a dans le comité central et l’assemblée des délégués de la PSL, plusieurs représentants qui ont des doubles casquettes. Ils sont à la fois agriculteurs et membres de conseils d’administrations d’entreprises de transformation du lait. Ce n’est pas normal. C’est comme si vous aviez un représentant syndical qui serait membre du conseil d’administration. Aujourd’hui, les producteurs ne tirent pas tous à la même corde. C’est cela le plus grave.

Créé: 27.04.2017, 12h15

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