Le protocole d'audition a été donné par le MPC

Espion suisseLes pièces du dossier d'accusation ont été envoyées aux avocats, sans précaution pour l'identité et les activités de Daniel M.

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Dans l'affaire de Daniel M., l'espion suisse actuellement incarcéré en Allemagne, s'est posée rapidement une question: comment le procureur allemand de Bochum a-t-il pu se procurer un protocole d'interrogatoire suisse, dans lequel l'espion explique être en mission pour le compte du Service de renseignement de la Confédération (SRC)?

C'est le Tages-Anzeiger qui amène un élément de réponse dans son édition du 11 mai 2017. Le document a tout simplement été remis par le ministère public de la Confédération (MPC)!

A la recherche de données

Il faut remonter à l'été 2014, lorsque Daniel M. contacte Tal H, un directeur d'une agence de sécurité à Tel-Aviv avec lequel il a travaillé. L'ex-policier zurichois lui demande de l'aide pour se procurer les données bancaires d'August Hanning, le chef retraité des services secrets allemands.

Avec l'aide de son spécialiste IT, Tal H. récolte sur le «darknet» des informations qu'il sauvegarde sur une clé USB avant de les envoyer à Zurich dans un courrier électronique. L'espion suisse aurait payé 42'000 euros pour ces renseignements. Qui n'ont aucune valeur car ils sont déjà connus et disponibles.

Connu chez UBS

Daniel M. apparaît dans le viseur du Ministère public de la Confédération en septembre 2014 lorsque Werner Mauss, un vétéran des services secrets allemands et détective privé, avertit UBS. Il est en contact avec un journaliste allemand, Wilhelm Dietl, également un ancien des services secrets allemands. Ce dernier a rencontré Daniel M. à plusieurs reprises dans sa quête d'informations sur August Hanning.

Werner Mauss, qui est un client de longue date d'UBS, raconte qu'il a entendu parler d'un possible réseau criminel à la recherche de données bancaires sur le système de paiement international Swift. Le nom de Daniel M. est lâché, or l'ex-policier n'est pas un inconnu chez UBS, où il a assuré durant une décennie la sécurité physique des directeurs de la banque.

Début de l'«Opération Glaçon»

L'établissement avertit alors le MPC et le procureur fédéral Carlo Bulletti met en branle l'«Opération Glaçon» («Operation Eiswürfel»). Les propos de Daniel M. sont écoutés et ses versements sont filmés. L'agent suisse sera arrêté à l'hôtel Savoy de Zurich en février 2015 lors d'une rencontre prévue avec le journaliste allemand, qui est un traquenard monté par le MPC.

Durant sa détention à Berne, Daniel M. reconnaît qu'il a cherché à se procurer les données bancaires d'August Hanning pour le compte du Service de renseignement de la Confédération (SRC). Il donne de nombreux détails, notamment comment il a réussi à recruter un informateur au sein de l'administration fiscale de Rhénanie du Nord-Westphalie mais que sa «taupe» ne lui a pas encore donné d'éléments décisifs.

Cinq mois après l'interpellation, le MPC étend son enquête aux deux hommes qui l'ont aidé à interpeller Daniel M, à savoir Werner Mauss et le journaliste allemand Wilhelm Dietl. Tous deux obtiennent un passe-droit pour venir témoigner en Suisse. Ils réfutent alors toute activité d'espionnage et c'est peu après que leurs avocats reçoivent du MPC les pièces du dossier d'accusation, le tout sur une clé USB cryptée. Le mot de passe est envoyé un peu plus tard par fax.

A Bochum, on n'en croit pas ses yeux

Daniel M. peut donc découvrir ce qui lui est reproché tout comme les deux citoyens allemand ainsi que Tal H en Israël. Ces trois personnes prennent ainsi officiellement connaissance que Daniel M. est un espion pour le compte du SRC.

Pour Werner Mauss, 77 ans, c'est un véritable cadeau de Noël avant l'heure. Le détective privé fait en effet l'objet d'une enquête par le parquet de Bochum pour évasion fiscale. Il compte utiliser la clé UBS pour prouver qu'il a dissimulé des fonds non pour lui mais pour des tiers. Les enquêteurs de Bochum tombent de leur chaise en lisant le contenu de la clé USB, dont aucun contenu n'a été «caviardé».

La dossier est ensuite transmis au procureur fédéral à Karlsruhe. Un mandat d'arrêt est alors délivré contre l'ex-policier zurichois, qui est arrêté à l'hôtel Roomers à Francfort à la fin avril 2017.

Créé: 11.05.2017, 11h16

Les Verts veulent une commission d'enquête parlementaire

Les Verts vont demander durant la session d'été une commission d’enquête parlementaire sur cette affaire. Ils demandent que le Conseil fédéral diffère l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le renseignement (LRens) jusqu’à ce que les faits soient établis.

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