Le PS fait campagne seul pour les élections européennes

MilitantismeLe parti socialiste suisse s’engage dans la campagne pour les élections au Parlement européen de mai prochain et organise une fête à Berne ce samedi. C’est le seul parti à se lancer. Explications.

Quelque 380

Quelque 380 Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Du 22 au 25 mai, les Européens vont choisir les 751 élus qui les représenteront au Parlement européen à Strasbourg. Si la Suisse n’est à priori pas concernée, quelque 1,75 million de ressortissants de l’UE et 500'000 binationaux résident dans notre pays et sont appelés eux à voter pour définir les couleurs du nouveau Parlement. Autant de raisons qui ont poussé le Parti socialiste suisse à se lancer dans cette campagne via un site internet et à organiser une Fête de l’Europe ce samedi 5 avril à Berne.

«Impossible de faire l'impasse»

«La Suisse est directement touchée par la politique européenne et l’UE est notre principal partenaire économique», rappelle Christian Levrat, le président du PS. Il est ainsi impossible de faire l’impasse sur ces élections, selon lui. «Avec cette campagne, nous nous plaçons donc dans une vision générale pour défendre les intérêts de la Suisse».

Par ailleurs, indique-t-il, le bilan de la Commission européenne est «catastrophique». Le PS s’engage donc aussi pour tenter d’infléchir la politique menée sous la houlette de son président José Manuel Barroso. «Comment peut-on ne pas réagir en tant que socialiste quand on voit les 700 milliards d’euros dépensés pour sauver les banques alors qu’on ne consacre que 6 milliards contre le chômage des jeunes», s’insurge-t-il. Sans parler du favoritisme en faveur des pays du nord de l’Europe au détriment de ceux du sud selon lui.
Seul parti en Suisse

Mais le PS est le seul parti à se lancer dans la bataille des européennes. Tous les autres y ont renoncé, par manque d’intérêt, de moyens ou de temps. «Ils ont peur aussi, car aujourd’hui prononcer le mot Europe est devenu tabou», critique Christian Levrat. Pourtant les électeurs intelligents comprennent parfaitement que la prospérité de la Suisse, et donc leur situation personnelle, dépend beaucoup de notre relations avec l'UE, estime-t-il.

Du côté des libéraux-radicaux, on ne se sent guère concerné. «Contrairement au PS, nous ne militons pas pour l'adhésion mais pour les bilatérales», relève Isabelle Moret, vice-présidente du PLR. «Nous ne nous sentons guère concernés, d’autant que nous ne sommes pas proches de l’UMP en France, contrairement au PS qui est très proche des autres sections européennes». En outre, selon elle c’est aussi une question de bon sens. «Nous n’aimons pas que l’Europe s’immisce dans nos affaires, il est donc logique que nous n’allons pas nous mêler aux siennes».

Les élections européennes ne passionnent pas non plus le PDC. «Certes, nous sommes proches du Parti populaire européen (ndlr : qui regroupe un ensemble de partis de centre-droit et qui dispose à d'un groupe au Parlement européen) ainsi que de plusieurs sections de démocrates-chrétiens en Europe, notamment la CDU-CSU en Allemagne, et le ÖVP en Autriche», explique le président Christophe Darbellay. «Nous avons des relations étroites et amicales, mais ces élections ne sont clairement pas notre cheval de bataille».

Assez de travail avec les fédérales de 2015

Même son de cloche auprès de l’UDC, anti-européenne par nature, mais qui ne va tenter d’influencer les électeurs en Suisse à voter pour la droite dure en Europe. «Nous avons décidé de nous consacrer exclusivement à la Suisse où nous avons suffisamment de travail à faire, notamment en vue des élections fédérales de l’an prochain», relève le vice-président Claude-Alain Voiblet. «En outre, consacrer des ressources et des moyens pour cette cause passerait mal auprès de notre électorat.»

Quant aux Verts, c’est avant tout une question de moyens car ils auraient bien voulu participer davantage au débat. «Ce n’est pas facile et cela coûte cher d’organiser quelque chose», note Miriam Behrens, secrétaire générale du parti. Selon elle, les deux candidats verts européens, dont José Bové, ont été approchés mais ils ont refusé de venir en Suisse au cours de leur marathon électoral. Le parti se contente donc d’informer ses membres via ses bulletins officiels sur cette thématique et les modalités de vote. (nxp)

Créé: 04.04.2014, 13h14

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.