«Le PS doit réadapter son programme économique»

Ligne politiqueLe Parti socialiste se penche sur un nouveau concept économique. Le troisième de son histoire.

Samuel Bendahan (PS/VD) travaille comme chargé de cours à l'EPFL et à l'UNIL.

Samuel Bendahan (PS/VD) travaille comme chargé de cours à l'EPFL et à l'UNIL. Image: Keystone

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Face aux défis du futur, le PS veut apporter de nouvelles solutions. Il réfléchira samedi à une refonte de son concept économique. La troisième de son histoire après 1994 – suite au rejet de l’EEE – et 2006. Un processus que le parti souhaite participatif, et qui prendra fin en 2018, un an avant les élections fédérales. Interview de Samuel Bendahan (PS/VD) conseiller nationale et économiste.

Pourquoi faut-il réadapter le concept économique du PS?

Nous vivons une période de changements importants. Il y a la perspective d’une économie 4.0, avec la numérisation, le développement exponentiel des intelligences artificielles et une automatisation qui va toucher de plus en plus de métiers. Les relations économiques et le contexte international ont connu aussi des bouleversements avec l’arrivée de Donald Trump ou le Brexit. Il est essentiel pour un parti d’anticiper ces changements, plutôt que d’y réagir. D’où l’intérêt d’un nouveau papier de position.

Le PS n’est pas vraiment le parti d’une économie globalisée. Quelles réponses peut-il donner?

Nous ne sommes pas pour autant un parti antiglobalisation. Nous sommes un parti qui prône l’ouverture et la recherche de solutions ensemble. Le problème avec la globalisation, c’est qu’elle peut être faite de façon positive ou néfaste pour les gens, et qu’il n’est pas évident de l’encadrer. Plus la technologie avance, plus la capacité à concentrer le pouvoir et les richesses augmente. De grandes sociétés deviennent ultrapuissantes. Ce qui peut poser des graves problèmes à l’avenir, et rogner sur nos libertés. Le PS doit expliquer sa vision pour que ce pouvoir et ces richesses reviennent au peuple. Il doit dire comment la communauté internationale doit agir pour que cette globalisation profite à tous.

Comment concrétiser cela en Suisse?

Les domaines d’actions sont extrêmement larges. Prenons l’exemple du service public. C’est très important d’avoir une vision moderne de l’Etat. L’Etat travaille pour la population et garanti que le bien commun produit lui revienne. Ça passe par une garantie du service public, le développement d’infrastructures et des investissements qui appartiennent à tous. C’est très important. Si les investissements de demain sont privatisés, la population perdra le droit d’utiliser des infrastructures communes. Et je ne parle pas que des routes et des trains, mais aussi d’Internet, des algorithmes, de la numérisation, ou bientôt des robots. Il y a toute une technologie qui peut créer de la valeur pour tout le monde. Si elle est possédée par une minorité, cela va poser problème. Il faut donc redéfinir ce que sera le service public de demain. (24 heures)

Créé: 25.08.2017, 14h53

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