«Le rail est beaucoup plus sûr, mais les risques existent»

TrainDoris Leuthard répond aux critiques suite à l’accident chimique à Daillens

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L’accident survenu à Daillens, dans le Gros-de-Vaud, où quatre wagons-citernes transportant des substances chimiques se sont renversés tôt samedi matin, a d’énormes répercussions sur le trafic ferroviaire de Genève à Bâle, un axe stratégique pour la Suisse romande. Il pose aussi des questions sécuritaires. De nombreux élus vaudois et genevois appellent à restreindre le transport de substances dangereuses sur rail. Entretien avec la conseillère fédérale en charge des transports, Doris Leuthard.

–Comment avez-vous réagi en en apprenant l’accident de Daillens samedi ? Quelle est la première pensée qui vous a traversé l’esprit ? Personne n’a été blessé, ou pire, tué suite au déraillement. Pour moi, c’était le plus important. C’est le point positif de cet accident. Mais bien sûr, les dommages sur l’infrastructure ont un coût énorme et l’interruption de la ligne a des effets désagréables. Mais il faut quand même savoir que le transport des marchandises dangereuses est beaucoup plus sûr sur le rail que sur la route. Je crois que tout le monde est d’accord sur ce point-là. Et nous avons beaucoup travaillé ces dernières années pour améliorer encore les conditions de transport.

–Mais pourquoi ne pas limiter le transport de matières dangereuses, et surtout, faire produire certaines substances chimiques sur site, ce qui était la règle il y a 15 ans? Le transport des marchandises comme le transport des personnes s’inscrivent dans un contexte international, avec des marchandises dangereuses en provenance du port de Rotterdam ou de celui Gênes, qui transitent ou qui restent en Suisse. Comment faire ? Je veux dire par là que l’on doit garder une vue d’ensemble et ne pas se focaliser sur une seule région. Pour le chlore, un groupe de travail est à l’œuvre avec des représentants des cantons et de deux de mes offices. Et si je regarde les tonnages des substances dangereuses transportées sur le rail, je remarque que le chlore représente une petite partie. En première place figure le pétrole, le kérosène. Et il ne faut pas oublier que toutes ces substances sont importantes pour notre économie et toute la population.

–En marge de l’accident, des voix critiquent s’élèvent par rapport à l’entretien du réseau ferroviaire. «La Confédération se moque du peuple», dit le syndic de Lausanne Daniel Brélaz… Non, pas du tout ! Naturellement, nous allons analyser les causes de l’accident. Mais est-ce qu’il préfèrerait le transport de ces substances sur l’A1 ? Je ne pense pas. Le rail est beaucoup plus sûr. Mais les risques existent. Sur la route comme parfois sur le rail. Mais nous appliquons une surveillance sérieuse. Et tant les clients, que les opérateurs, que les autorités ont beaucoup investi dans la sécurité. Dans le cas de Daillens, je rappelle qu’à aucun moment, la population n’a couru de danger. Il ne faut pas exagérer aujourd’hui.

–Par rapport au chlore, une piste évoquée du côté de Genève voudrait que les cantons traversés aident les firmes chimiques à produire du chlore sur site. Vous le verriez d’un bon œil ? La Confédération n’a pas pour mission de trouver de tels accords entre cantons ou entre entreprises et services de transports, mais de garantir que les standards sont appliqués correctement. Si de tels partenariats publics-privés sont conclus, et bien, pourquoi pas, ils pourraient représenter une solution. Il faudra regarder quelles seraient les conditions. Si l’on trouve une meilleure organisation avec des distances plus courtes, on l’examinera.

Créé: 27.04.2015, 18h28

(Image: Patrick Martin)

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