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Après le rail, la route aussi aura ses milliards

Victoire sans accroc pour Doris Leuthard. Le peuple et les cantons ont avalisé à 62% le fonds destiné au financement des routes nationales et du trafic d’agglomération

Les résultats réjouissent Genève et Vaud, et leurs ministres des Transports respectifs Luc Barthassat et Nuria Gorrite.
Les résultats réjouissent Genève et Vaud, et leurs ministres des Transports respectifs Luc Barthassat et Nuria Gorrite.
ARC/Jean-Bernard Sieber

Attendue, la victoire n’aura pas fait un pli dimanche. A 62%, les Suisses ont clairement dit oui au fonds FORTA, destiné au financement des infrastructures routières et au trafic d’agglomération. Dans le canton de Vaud, trois électeurs sur quatre ont approuvé le projet. C’est le score le plus élevé de Suisse, preuve des attentes que suscite FORTA, qui devrait notamment permettre de financer les travaux de Crissier, et le très attendu contournement de Morges. Les cantons romands sont dans la moyenne. Seuls les électeurs genevois se sont montrés plus sceptiques, avec 56,8% de oui.

Fin de la guerre entre la route et le rail

Trois ans après le fonds FAIF destiné aux infrastructures ferroviaires, la guerre rail-route semble bel et bien enterrée. Le financement routier est désormais ancré dans la Constitution. Et ce sont 3 milliards de francs par an qui tomberont dans l’escarcelle de FORTA. Doris Leuthard voit sa philosophie du financement de la mobilité confortée dans les urnes. «La population approuve une utilisation complémentaire des transports», se réjouit la ministre des Transports, qui veut aller vite: les ordonnances d’application seront en consultation le mois prochain. Et le premier programme concret transmis au parlement d’ici à la fin de l’année.

Petite augmentation pour les automobilistes

Les milieux routiers sont satisfaits, ce d’autant que la facture pour l’automobiliste reste contenue: la taxe sur l’essence augmentera de 4 centimes en 2019 – on est très loin des 15 centimes imaginés au départ. «La route dispose de ce que le rail avait déjà: une base financière stable pour des réseaux de transport toujours plus sollicités», se félicite Urs Hany, président des constructeurs routiers. «Et on a évité une charge financière trop conséquente pour les usagers de la route», renchérit François Launaz, président d’Auto Suisse.

Concrétiser les projets

Pour Olivier Français (PLR/VD), qui s’est beaucoup engagé dans le dossier, «FORTA est une suite logique dans le processus de financement de la mobilité. C’est un excellent compromis, mais les problèmes de trafic ne seront pas réglés demain. On a voté une architecture de financement. Il faut maintenant concrétiser les projets.» Pour le conseiller aux Etats et coprésident du comité en faveur de FORTA, la balle est maintenant dans le camp des cantons et des villes, qui doivent se mettre autour de la table pour faire aboutir rapidement des projets concrets à soumettre à Berne.

Son analyse est partagée par le conseiller national et maire de Genève Guillaume Barazzone (PDC). «Ce n’est qu’une victoire d’étape. Genève et ses partenaires doivent désormais s’entendre sur une vision afin d’obtenir leur part de la manne fédérale. Pour cela, il faut créer des alliances avec d’autres cantons.»

La gauche inquiète et désabusée

A gauche, on accueille la défaite sans surprise, mais non sans inquiétude. «FORTA aura pour conséquence une augmentation du trafic routier», s’inquiète la présidente des Verts suisses, Regula Rytz. Et le socialiste valaisan Mathias Reynard de fustiger le «mauvais signal lancé à la population. Il est toujours moins attractif d’utiliser les transports publics.»

La Verte genevoise Lisa Mazzone est moins pessimiste. «40% des Suisses ont dit non à ce fonds, et aux moyens disproportionnés qu’il accorde à la route. Il y a une claire volonté des habitants des centres urbains de vivre dans un environnement moins bruyant et moins pollué. C’est maintenant aux cantons et aux villes de se réorienter vers la mobilité douce. Notre prochain combat fédéral sera d’introduire une taxe sur le CO2 sur les carburants», avertit la Genevoise.

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