Le référendum se prépare contre les tests prénataux

Diagnostic préimplantatoireLe Parlement a adopté vendredi définitivement la loi sur la procréation médicale assistée. Le combat aura lieu en deux temps et il divise les milieux politiques.

Selon la nouvelle loi, les couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant, pourront recourir à la fécondation in vitro afin de repérer préventivement toute anomalie de l’embryon.

Selon la nouvelle loi, les couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant, pourront recourir à la fécondation in vitro afin de repérer préventivement toute anomalie de l’embryon. Image: Keystone

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Le parlement suisse a entériné vendredi une petite révolution pour les familles. Il a définitivement adopté la loi sur la procréation médicale assistée, qui permettra le dépistage de maladies génétiques comme la trisomie. Le Parti évangélique et les milieux de défense des handicapés sont déjà sur le pied de guerre pour s’opposer à ce changement et lancer un référendum.

La nouvelle loi permet aux couples risquant de transmettre une maladie grave de recourir au diagnostic préimplantatoire (DPI). Actuellement, la Suisse a une pratique très restrictive. Les couples présentant un risque de transmettre une maladie héréditaire doivent attendre la grossesse, puis faire les analyses. Ce qui débouche sur un avortement si le couple décide de ne pas garder l’enfant handicapé ou porteur de la maladie.

L’idée est donc de pouvoir recourir à la fécondation in vitro afin de repérer préventivement toute anomalie de l’embryon avant qu’on l’implante dans l’utérus de la future maman. La nouvelle loi autorise d’utiliser cette technique, non seulement pour des maladies héréditaires graves, comme le demandait le Conseil fédéral, mais aussi pour d’autres anomalies comme la trisomie 21.

«Une pression énorme»

Pour les associations de handicapés, cela va beaucoup trop loin. «Avec le projet du Conseil fédéral, on aurait eu 100 diagnostics prénataux par année. Avec la nouvelle loi votée par le Conseil national et le Conseil des Etats, on se dirige vers 6000 diagnostics préimplantatoires», explique Christa Schönbächler, codirectrice d’Insieme, la Fédération suisse des associations de parents de personnes mentalement handicapées. Et d’ajouter: «La nouvelle loi va mettre une pression énorme sur les parents d’un enfant handicapé à qui on reprochera de l’avoir mis au monde malgré un dépistage positif. Cela, nous ne le voulons pas.»

Dix-neuf associations, dont Pro Infirmis, Cerebral et Procap, sont déjà prêtes pour la bataille politique devant le peuple. Celle-ci va, selon toute vraisemblance, se dérouler en deux temps. Il y aura d’abord le vote obligatoire sur la modification de l’article constitutionnel qui ouvre la voie au DPI. Il devrait avoir lieu en juin 2015. Si le peuple dit non, tout tombe à l’eau.

En cas de oui, la bataille va redoubler d’intensité. La loi d’application acceptée hier sera promulguée. Elle sera alors immédiatement attaquée en référendum. Les opposants auront cent jours pour récolter 50'000 signatures. Personne ne doute qu’ils y parviennent.

Côté politique, le Parti évangélique mènera la lutte à la tête des opposants. La petite formation juge le dépistage chromosomique problématique du point de vue éthique, «car il ne s’agit pas seulement de permettre de détecter les maladies lourdes, mais également de détecter les embryons avec des trisomies et empêcher la naissance d’enfants avec le syndrome de Down». La présidente du parti, Marianne Streiff-Feller, nous l’a dit clairement hier: «Tout ce qui est techniquement faisable n’est pas forcément bon.»

Elus très divisés

Les opposants peuvent-ils l’emporter dans les urnes? Difficile à dire. Hier au National, ils ont perdu sur la loi par 123 voix contre 66. Le PLR, les Vert’libéraux, le PBD et une large majorité d’élus UDC ont dit oui. Le PS, les PDC et les Verts ont dit non, mais ils étaient extrêmement divisés. Sur ce type de questions qui touchent à la vie humaine, l’appartenance partisane ne jouera cependant pas un grand rôle dans la campagne. Chacun votera selon ses convictions profondes ou son vécu.

Créé: 13.12.2014, 12h15

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