Quand les relations de voisinage tournent au cauchemar

Fête des voisinsUn voisin trop bruyant peut faire ressortir toute la noirceur de la nature humaine. Et produire des histoires qui finissent devant les tribunaux.

Les conflits entre voisins peuvent dégénérer sérieusement. (Photo d'illustration)

Les conflits entre voisins peuvent dégénérer sérieusement. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Chaque année, Sophie organise la Fête des voisins chez elle. «Pour nous, la Fête des voisins est aussi un moyen de mettre les choses à plat et discuter des petits problèmes.» Sage initiative. En Suisse, selon un récent sondage publié par Homegate.ch, 21% des Suisses se plaignent de leurs voisins au moins une fois par semaine. Les querelles de voisinage, fréquentes, peuvent carrément dégénérer et finir devant les tribunaux. Petit florilège de quelques affaires ayant fini devant un juge.

Big Brother à la rescousse des arbres

Il y a une dizaine d’années, les A. plantent des arbres dans leur jardin de la commune chic de Cologny (GE), masquant la superbe vue sur le lac des B. Ces derniers font opposition, mais les A. obtiennent gain de cause. Peu après, selon les A., les arbres tombent malades mystérieusement. Ils installent donc cinq caméras de surveillance pour suivre les faits et gestes des B. afin de prouver qu’ils sont les responsables de cette épidémie. Exaspérée par le clignotant rouge s’éveillant à chacun de ses mouvements, Madame B. finit par détruire l’une des caméras à coups de balai. Le juge, comprenant sa colère, ne lui en tient pas rigueur. Et condamne les A. en septembre 2018, pour violation du domaine privé, à 30 jours-amendes avec sursis ainsi qu’à une amende immédiate de 1500 francs. Les caméras sont confisquées et détruites.

Le coq, ennemi public numéro 1

Lui qui avait tant attendu la retraite, voilà que ce maudit coq l’empêche de profiter de ce repos tant attendu. La maudite bête s’égosille dans le poulailler du voisin et s’obstine à gâcher ses nuits. En août 2017, c’est le cocorico de trop. Le septuagénaire d’Arbaz (VS) s’empare de sa carabine pour faire taire l’animal à jamais. Le retraité se loupe et tue une poule. Il est condamné à 15 jours-amendes avec sursis pour délit aux lois fédérales sur la protection des animaux et sur les armes.

En Suisse, les coqs se retrouvent régulièrement au cœur de querelles de voisinage. La même année, un cas similaire trouble la tranquillité d’Arzier-Le Muids (VD). Plusieurs pétitionnaires exaspérés tentent - en vain - de faire intervenir la Commune afin de faire taire les coqs de l’un de leurs voisins. À Villard-sur-Chamby (VD) encore, un cas a mobilisé la justice pendant plusieurs années. Un homme réclamait 100'000 francs à une voisine pour la moins-value de sa résidence secondaire générée par les nuisances de ses gallinacés. Il a été débouté en 2016.

Menaces de mort pour une porte mal fermée

La mésentente entre voisins peut parfois aller très loin. En août 2016 à Saint-Gall, un trentenaire empoigne par le cou sa voisine. Motif de la dispute? L’imprudente n’aurait pas fermé la porte d’entrée de l’immeuble. La femme subit plusieurs griffures, est poussée à plusieurs reprises et reçoit une salve d’insultes. Pour finir, le voisin furieux la pousse si violemment qu’elle tombe par terre. Avant de s’en aller, il la menace de la tuer. Le Ministère public requiert une peine pécuniaire de 40 jours-amendes à 50 francs le jour ainsi qu’une amende de 600 francs pour injure, menace et voies de fait.

Attaque à la tronçonneuse

Le bruit semble être décidément la cause principale des litiges. En 2016, le jeudi de l’Ascension, un habitant des Buttes (JU) saisit sa tronçonneuse et part s’expliquer avec son voisin. Cela fait des heures que celui-ci lui casse les oreilles en taillant sa haie. Le voisin, un élu local, porte plainte. Le retraité nie avoir voulu lui faire peur en brandissant l’engin sous son nez. «Je voulais juste lui montrer que moi aussi, j’étais capable de faire du bruit», plaide-t-il devant la justice. Il est condamné à cinq jours-amende à 30 francs, avec sursis pendant deux ans, pour menaces, ainsi qu’à une amende de 100 francs pour le bruit. Le voisin jardinier écope d’une amende similaire au nom de la loi sur les dimanches et jours fériés.

Enfermée dans la buanderie

En Suisse alémanique, on ne rigole pas avec les horaires de buanderie. Une femme en a fait les frais, en juillet 2016. Il est passé 22h lorsqu’elle lance une lessive. Cela a le don d’énerver son voisin, qui décide, comme mesure de rétorsion, de l’enfermer dans la buanderie. Alertées par les cris désespérés de la prisonnière, des personnes volent à son secours. Elles sont forcées d’enfoncer la porte pour la libérer. À peine dehors, la femme s’empare d’un balai et entreprend de défoncer la porte du responsable de sa punition. Au final, six policiers ont été dépêchés pour rétablir le calme.

Le chemin de la discorde

En 2016 à Asuel (JU), un agriculteur est condamné à des jours-amendes pour avoir arraché des arbres appartenant à deux de ses voisins. L’homme se défend en affirmant qu’il ne faisait qu’entretenir un chemin abandonné.

Qu’à cela ne tienne, plus personne ne passera sur le sentier, décide l’agriculteur furieux. Il y entasse souches, troncs d’arbres, barrière, et même un mur en béton. Plus personne ne peut circuler en voiture. En réponse, l’un de ses voisins sabote sa pelle mécanique à coups de hache. S’ensuivent des insultes laissées sur le pare-brise et celles lancées lors de rencontres fortuites. L’agriculteur et sa famille finissent par déménager.

Le couple infernal

À Corminboeuf (FR), un couple fait régner la terreur depuis plusieurs années. Propriétaire de deux maisons contiguës, le couple ne supporte pas que l’on passe sur sa propriété. Problème, une route d’accès s’achevant en cul-de-sac passe sur la parcelle lui appartenant. Certaines personnes sont forcées d’y passer pour rentrer chez elles, mais les deux propriétaires ne veulent rien savoir. Injures et menaces pleuvent sur quiconque passe par là. Un jour, un ex-voisin, goûtant peu les coups de canne de Monsieur, réplique en utilisant un spray au poivre.

Las, les habitants du quartier ont fini par déposer des dizaines de plaintes. Au procès, en janvier 2018, la tension était telle qu’une demi-douzaine de policiers ont été mobilisés pour assurer la sécurité du tribunal. Au final, l’auteur de la réplique au spray au poivre est condamné à une amende de 400 francs pour voies de fait. Le couple est quant à lui acquitté, au bénéfice du doute, de la plupart des griefs reprochés.

(24 heures)

Créé: 24.05.2019, 11h40

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