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Démission de Doris LeuthardComment remplacer «l'irremplaçable»?

«Animal politique», «vraie femme d'exécutif», «politicienne exceptionnelle»: comment remplacer «l'irremplaçable» Doris Leuthard, se demandent vendredi tous les quotidiens suisses.

Deux conseillers fédéraux ont annoncé leur départ en deux jours. Johann Schneider-Ammann l'a fait mardi. Doris Leuthard l'a suivi quarante-huit heures plus tard. «Et maintenant?», titre efficacement «24heures», accompagné de la photo officielle du Conseil fédéral avec les portraits des deux sortants dans l'ombre. Sans compter que «l'annonce non concertée donne une sale impression de cacophonie au sein du Conseil fédéral», retient «Arcinfo».

Maintenant, «la campagne qui s'ouvre permettra de mener un large débat sur la composition du Conseil fédéral, ses équilibres internes et le droit d'y être représenté», répond «Le Temps». Genre, géographie, compétences, voire redistribution des départements: autant de points qu'il faudra analyser.

On s'inquiète au passage pour le PDC: «Sans la sirène Doris, ce sera plus compliqué, à moins de trouver la perle rare qui saura briller aussi fort qu'elle», analyse le «Quotidien Jurassien». Les autres partis le savent et «accueillent cette perte de locomotive avec la Schadenfreude (se réjouir du malheur des autres) qui sied», écrit le «Courrier», relevant le charisme irremplaçable de Doris Leuthard.

Femme, Alémanique, canton périphérique

Alors qui? «Il existe un large consensus sur le fait qu'au moins un des deux sièges doit être réservé à une femme», établit la «Luzerner Zeitung», dont l'opinion est partagée par l'entier des publications helvétiques. Idéalement, souffle même «Le Temps», «les deux démissionnaires devraient être remplacés par deux femmes afin que les décisions politiques s'imprègnent de sensibilités plus variées».

«Les Latins sont exclus de la succession», souligne «Arcinfo». La Suisse centrale et orientale sont dans les starting-blocs. «La Luzerner Zeitung» et le «St.Galler Tagblatt» ont déjà des noms à proposer. La première rappelle que la Suisse centrale n'a plus été représentée depuis 2003, lors du départ du Lucernois Kaspar Villiger.

Quant au magazine indépendant alémanique «Republik», il appelle les parlementaires à élire un ou une juriste pour remplacer celle qui part. «La complexité croissante, les exigences du droit européen et les relations internationales ont conduit à une légalisation de la politique (...). Il est donc d'autant plus important que ceux qui prennent des décisions stratégiques aient un bagage juridique au risque sinon de «se prendre les pieds dans le tapis».

La presse alémanique plus critique

La presse suisse est unanime: la ministre de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication peut être fière de son travail. »Populaire, dotée d'un rayonnement personnel qui n'a d'égal que sa force de travail, elle clôt son «règne» sur un bilan de seize votations populaires gagnées sur dix-huit. Respect«, écrit «La Liberté».

»Elle a trouvé dans l'exercice du pouvoir son milieu naturel, voire sa fontaine de jouvence. Peu de politiciens peuvent se vanter d'avoir conservé autant d'allant après avoir siégé douze ans au gouvernement«, s'enthousiasment «Le Courrier», «Le Nouvelliste» et le« Journal du Jura».

Son arme absolue résidait dans «une dialectique du centre», analysent le «Tages-Anzeiger» et le «Bund» qui relèvent aussi son caractère «d'adversaire acharnée». La «Neue Zürcher Zeitung» voit aussi sa capacité à reconnaître les projets faisables, ceux qui peuvent obtenir un consensus.

Mais il ne faudrait pas oublier la part d'ombre de cette stratégie. «On avait (trop) souvent l'impression que Doris Leuthard lorgnait sur sa popularité et évitait les décisions douloureuses. Or avec son charisme et son talent pour la communication, elle aurait pu faire bouger davantage de choses», avance Watson. Et, complètent le «Tages-Anzeiger» et le «Bund», «sa volonté de réussir a souvent produit des solutions recueillant un soutien majoritaire, mais plutôt discrètes en termes de contenu».

Du sens de l'Etat

Sa formule magique? «Un flair pour la théâtralité combiné à un extraordinaire pouvoir de persuasion et à un bon instinct pour le timing», estiment ainsi le «Tages-Anzeiger» et le «Bund».

C'est sur cette affaire de timing que la presse romande a, elle, des choses à dire. Elle s'était déjà un peu emportée en apprenant le départ de Johann Schneider-Ammann, car le gouvernement a sur le feu deux dossiers brûlants. Il y a l'accord-cadre avec l'UE et la campagne contre l'initiative de l'UDC sur l'autodétermination. «Est-on encore crédible lorsqu'on mène campagne tout en faisant ses cartons?», se demandent «24heures» «La Tribune de Genève» dans leur édito du jour.

«La perspective de ce double changement ne rendra pas plus solide» les décisions prises jusqu'à leur départ effectif, soutient «Le Temps». Et «24heures» et «La Tribune de Genève» de conclure: «la règle tacite veut que les conseillers fédéraux ne soient maîtres que d?une seule chose: le jour de leur démission. Mais on attend d'eux qu'ils allient à cette décision si personnelle leur sens de l'État».

ats

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