Reportage au coeur du Campus Biotech

GenèveLe centre académique et entrepreneurial dédié au cerveau se remplit progressivement. Il s'est présenté aux médias ce mardi. Reportage.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une gigantesque façade de vitres, des bâtiments en briques rouges, des cours intérieurs, une cafétéria. Et désormais de nombreux chercheurs, des étudiants et des professeurs pour la plupart. Le Campus Biotech, qui a ouvert ses portes aux médias ce mardi matin, se remplit progressivement.

Une bonne trentaine de journalistes ont répondu favorablement à l'invitation de la Fondation Campus Biotech, qui gère le site de 40'000 m2. «Le 9 chemin des Mines est historique. Il y a un siècle il accueillait les ateliers de Sécheron. La famille Bertarelli l'a ensuite investi pour lancer la société Serono, qui est devenue la troisième entreprise de biotechnologie au monde. Cette belle histoire se prolonge désormais avec la création d'un nouvel écosystème autour du cerveau», s'est réjoui Benoît Dubuis, le directeur du Campus transformé en guide pour l'occasion.

Le CISA, présent depuis un an

Les journalistes ont eu l'occasion de visiter tour à tour les différents groupes de recherches présents sur les lieux. Il y a un an jour pour jour, les premiers locataires universitaires, du Centre interfacultaire en sciences affectives (CISA), arrivaient. Ils confiaient alors que le bâtiment manquait d'ambiance.

Ce n'est plus le cas. Environ 400 personnes occupent les lieux actuellement, un chiffre qui devrait grimper à 600 en janvier. La vie a repris ses droits, le sol «commence à avoir de l'humus», imageait récemment Jean-Dominique Vassalli, recteur de l'UNIGE.

«Le Campus Biotech doit être un nouveau modèle d'innovation, une interface modulable favorisant au maximum l'innovation et qui, grâce au Centre Wyss, visera à maximiser les chances de voir les nouvelles idées générer des start-up», poursuit Benoît Dubuis. Le consortium réunit d'abord des scientifiques de l'EPFL et de l'UNIGE, mais ils collaborent avec les HUG, le CHUV, d'autres hautes écoles et plus d'une centaine d'institutions dans le monde.

Le Campus Biotech, disséqué

Genève est l'endroit idéal pour ce projet, ajoute Benoît Dubuis, alors que le canton concentre depuis des siècles un savoir-faire inédit dans les sciences de la vie et la mécanique de précision horlogère. «Le medtech, les technologies, les sciences de la vie et le monde numérique doivent converger. Les nouveautés émanent dorénavant d’interfaces interdisciplinaires», selon Benoît Dubuis.

Un édifice abrite ladite «healthomics initiative», une unité qui entend exploiter au mieux le déluge de données informatiques pour personnaliser la médecine. «Faire du big data du smart data; autrement dit, capter des données pour maintenir le capital santé», résume le professeur de l'UNIGE qui la chapeaute, Antoine Geissbuhler. Comme les autres, son équipe se réjouit de travailler à Sécheron où des collaborations avec tant de partenaires sont envisageables, mais aussi parce que le quartier se trouve à proximité des organisations internationales, notamment de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Monsieur Geissbuhler collabore d'ailleurs étroitement avec l'UNITAR, l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche. A Sécheron, des instruments seront en outre partagés, comme les IRM et les imprimeries en 3D de tissus nerveux de l'HEPIA, dont une équipe vient de déménager à Sécheron.

Les entreprises se font attendre

Certains étages et des bâtisses demeurent vides, notamment celle réservée aux start-up. Les entreprises manquent encore à l'appel, même si des collaborations ponctuelles existent déjà (le CISA travaille par exemple avec Firmenich sur l'effet des arômes sur les émotions). Seule une banque, GS Banque SA, a loué deux étages dans les anciens bureaux de la direction de Merck Serono, l'entreprise créée par la famille Bertarelli et propriété du groupe allemand Merck, qui a décidé de quitter les lieux en 2012. Que fait GS Banque dans ces locaux? Souhaite-t-elle investir dans les sciences neurologiques? Injoignables, les banquiers n'ont pas pu répondre à nos questions.

Peu d'emplois ont été créés pour l'instant. «La croissance est d'abord endogène, les gens ont déménagé à Sécheron. Elle sera ensuite exogène», espère Benoît Dubuis. Si des entreprises sont certes attendues, d'autres en effet doivent jaillir du petit monde qui prend vie sur les cendres de Merck Serono.

Il émerge rapidement, alors que le retrait du groupe biotech a été annoncé en avril 2012. Pour comparaison, le Crick Institute à Londres, un écosystème comparable à celui de Sécheron mais spécialisé sur les cancers, ouvre ses portes l'an prochain, alors qu'il est à l'étude depuis une grosse décennie.

Créé: 04.11.2014, 18h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.