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Un résident vaudois est détenu en Indonésie

D’origine polonaise, il s’est engagé dans la campagne contre Billag et pour Monnaie Pleine. Accusé de trafic d’armes, il nie en bloc.

Une photographie publiée sur les réseaux sociaux, le 1er août dernier
Une photographie publiée sur les réseaux sociaux, le 1er août dernier

Sur son profil Facebook, une photographie datant du 22 août dernier annonce qu’il quitte le territoire de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pour ce Polonais de 39 ans, établi dans le canton de Vaud, la suite du voyage a mal tourné. Jakub, ou Jakob selon son profil sur les réseaux sociaux, a été arrêté à la fin du mois d’août dans la partie de l’île appartenant à l’Indonésie. Jakarta le soupçonne d’avoir des liens avec des séparatistes. Selon le «SonntagsBlick», qui révèle l’affaire et son rapport avec notre pays, les autorités indonésiennes reprochent plus précisément au trentenaire d’avoir tenté d’organiser un trafic d’armes avec ces séparatistes. Il risquerait une peine de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans, pour trahison.

Dans un article publié à mi-septembre, le site «Vice» précise que la police admettrait toutefois qu’il n’y a pas eu d’échange d’argent ni de vente.

«Une injustice»

«Il est victime d’une injustice et a été incarcéré sous des faux prétextes», s’exclame François de Siebenthal, qui l’a rencontré en Suisse dans le cadre de la campagne pour l’initiative «Monnaie pleine». François de Siebenthal, qui s’était notamment présenté en 2003 à l’élection du Conseil d’État vaudois comme membre du mouvement Appel au peuple, pense que le trentenaire a été piégé.

Jakob, précise-t-il, possède un permis B et vit près de Lausanne. Il y ferait des petits travaux, pour gagner de l’argent et repartir en voyage. «Avant son dernier départ, il avait résilié son contrat de location, mais il avait déposé une demande pour un autre appartement. Il a une amie et devait revenir quand il n’aurait plus d’argent. Je pense que cela aurait été prochainement.»

Accointances extrémistes

En Suisse, il a notamment milité pour les initiatives «No Billag» et «Monnaie pleine». La presse révèle aussi des accointances avec des groupes d’extrême droite. Une photographie datée du 1er août et postée sur les réseaux sociaux depuis Jakarta montre notamment un homme portant un T-shirt «Defend helvetia», avec une carte de la Suisse et un fusil.

Voyageur de l’extrême

Son nom apparaît aussi sur le réseau Couchsurfing. Là, Jakob se dit «ouvert d’esprit mais conservateur, collectionneur d’artefacts et d’impressions». «Il avait des amis un peu partout, conclut François de Siebenthal. C’est une personne généreuse et active. Je pense qu’il s’est exprimé en Papouasie en faveur des Papous.»

Une page internet a été créée pour le soutenir. On y trouve un communiqué de presse de deux ONG de défense des droits humains en Indonésie, Etan et Tapol. Celles-ci appellent à la libération de Jakob et d’un étudiant de la région qui a été pris dans cette affaire. Jakob est présenté comme un voyageur de l’extrême. «Bien que ses choix aient pu être irresponsables et regrettables, sa situation semble être celle d’un voyageur idéaliste et naïf, et non celle d’un criminel», écrivent-elles après avoir relevé qu’en 2017, il avait déjà rencontré des militants kurdes en Irak. Se basant sur les propos d’un compagnon de voyage, elles ajoutent qu’il y aurait parmi les photographies utilisées contre lui des clichés pris dans un stand de tir vaudois, un canton où le trentenaire vit depuis 2008.

«Bien que ses choix aient pu être irresponsables et regrettables, sa situation semble être celle d’un voyageur idéaliste et naïf, et non celle d’un criminel»

Depuis sa prison, le Polonais a lui-même été en contact avec plusieurs médias. «Le Temps» mentionne une lettre qu’il lui a envoyée à fin du mois de septembre, où il se plaint notamment de ses conditions de détention et de la lenteur de l’enquête. Il ajoute: «Ils essaient désespérément de trouver des preuves contre moi, preuves qui n’existent pas.»

Dans le «SonntagsBlick», qui l’a eu au téléphone, il rejette également les accusations portées contre lui. Il se serait rendu dans cette province pour voir des amis et la région. «Ma seule faute a été de rencontrer des gens qui se sont révélés par la suite des activistes pour l’indépendance», explique-t-il.

Une île séparée en deux

Contacté, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) répond que, sur la base des informations parues dans la presse, il a mené des enquêtes sur l’arrestation de cet homme. Il s’est avéré qu’il n’est pas de nationalité suisse. Le DFAE ne peut dès lors pas fournir plus d’informations.

La province indonésienne de Papouasie occupe la moitié d’une île, située à l’est de l’archipel. Dans un rapport publié en juillet, Amnesty International accusait les forces de sécurité indonésiennes d’être impliquées dans les exécutions sommaires d’au moins 95 civils depuis 2010. L’autre partie de l’île est formée par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une ancienne colonie australienne qui a obtenu son indépendance en 1975.

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