Il ne lui reste que cinq mois pour apprendre le français

NominationAvant de prendre la tête de la formation, de la recherche et de l’innovation, Martina Hirayama doit progresser dans les langues.

Martina Hirayama (48 ans) entrera en fonction au premier janvier 2019

Martina Hirayama (48 ans) entrera en fonction au premier janvier 2019 Image: Keystone

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«Elle a toutes les qualités requises pour le poste.» Johann Schneider-Ammann n’était pas peu fier, jeudi, de présenter sa future secrétaire d’État à la Formation, à la Recherche et à l’Innovation. Docteur en sciences techniques et diplômée en gestion d’entreprise, Martina Hirayama a étudié la chimie. Elle dirige aujourd’hui une école d’ingénieurs à Zurich. Elle préside le Conseil de l’Institut fédéral de métrologie, est vice-présidente du conseil d’administration d’Innosuisse. Et la liste est encore longue.

Un CV impressionnant qui souffre d’un bémol: sa maîtrise du français. Et si ce point pose problème, c’est que les bases légales sont claires: les cadres de l’administration doivent avoir des connaissances actives de deux langues nationales, et passives d’une troisième. «On attend d’une personne à cette fonction qu’elle ait une bonne connaissance de la Romandie, et cela passe par la connaissance de la langue, reconnaît Géraldine Savary (PS/VD). Mais vu ses capacités, je ne doute pas qu’elle fasse des progrès.»

Président d’Helvetia Latina, Jacques-André Maire (PS/NE) lui laisse également une chance. «Si l’objectif est atteint en janvier, lorsqu’elle entrera en fonction, ce n’est pas un problème. Dans le cas contraire, il faudra être ferme: les connaissances linguistiques, c’est déterminant pour un tel poste.»

La principale intéressée s’est engagée à progresser. «Parler les langues, c’est très important pour cette fonction, répond Martina Hirayama dans un français hésitant. Je comprends très bien la langue, mais pour mieux la parler, je ferai des cours intensifs dès octobre.»

Johann Schneider-Ammann éteint tout de suite ce début de polémique. «Mme Hirayama parle quatre langues: allemand, anglais, français et italien. Pour ce premier contact avec la presse, elle a souvent répondu en allemand, mais je peux vous assurer que dès le début de l’année, elle répondra dans un français impeccable.»


«La recherche suisse a besoin de l’UE»

Vous êtes chimiste et dirigez une école d’ingénieurs. Avez-vous les qualités politique et diplomatique pour le job?
Lorsque vous êtes à la tête d’une haute école, vous devez aussi avoir de la diplomatie pour mettre d’accord les différents acteurs. J’ai aussi travaillé avec des hautes écoles d’autres régions du pays. Nous avons notamment mis sur pied un master commun avec les HES de Suisse romande et du Tessin. Trouver des solutions à partir de visions différentes, je trouve cela passionnant.

La Berne fédérale et ses rouages, c’est autre chose!
Je ne vais pas vous dire que je sais déjà tout. Je compte sur ma future équipe pour m’aider à relever la tâche. Je suis très motivée à apprendre.

Vous serez vite mise dans le bain avec la recherche qui pourrait pâtir du pataquès européen. Est-ce une crainte?
C’est un thème important. Il faut trouver un chemin avec l’UE, pour assurer les programmes de recherche. Beaucoup de choses sont entreprises actuellement. Le secrétaire d’État, Mauro Del’Ambroggio, s’engage pleinement sur ce dossier. Je verrai où les discussions en seront au 1er janvier, quand j’entrerai en fonction.

La recherche suisse peut-elle s’en sortir sans l’UE?
L’innovation et la recherche se jouent à un niveau international. Il y a un équilibre à trouver entre concurrence et alliance. Il ne faut pas oublier que notre partenariat avec l’UE nous a permis d’attirer des programmes et des chercheurs de renom.

Vous habitez en Thurgovie. Quelle est votre proximité avec la Suisse romande?
J’ai fait une partie de mes études à Fribourg. Et j’en ai de très bons souvenirs. Et au niveau des paysages, c’est une région magnifique.

Comment allez-vous vous positionner dans la guéguerre entre EPFL et EPFZ?
Là aussi, il y a un équilibre à trouver entre concurrence et collaboration. Ces écoles sont concurrentes lorsqu’elles doivent recevoir de l’argent de la Confédération, mais elles ont aussi tout intérêt à collaborer.

Vous louez la formation duale. Estimez-vous qu’il faut plus d’apprentis et moins d’étudiants?
Ce que j’apprécie dans notre système, c’est justement qu’il offre des chances quelle que soit la voie choisie. L’économie a besoin des deux. Ce qu’il faut absolument assurer, c’est qu’un jeune – qu’il choisisse la filière professionnelle ou académique – ait la possibilité de continuer à se former s’il le souhaite.

Vous avez deux filles, quelle voie ont-elles choisie?
La question ne se pose pas encore pour la cadette. Quant à l’aînée, elle est en train d’y réfléchir.

Et que lui conseillez-vous?
Je dis toujours à mes filles de suivre leur envie et leurs capacités. Qu’importe le chemin, il faut faire les choses avec passion. (24 heures)

Créé: 23.08.2018, 19h12

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