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«Ce résultat n’est pas un plébiscite pour l’huile de palme»

Le rejet des initiatives agricoles est-il un signal pour plus de libéralisme? Interview de Jean-Pierre Grin (UDC/VD).

Jean-Pierre Grin, conseiller national(UDC/VD)
Jean-Pierre Grin, conseiller national(UDC/VD)
LAURENT CROTTET -A

L’huile de palme profitera-t-elle du net rejet des initiatives agricoles? Cette denrée alimentaire est largement décriée. La plantation de palmiers à huile est une des principales causes de la déforestation. Le bilan social est lourd aussi, puisque les populations locales sont chassées de leurs terres. Une motion veut justement exclure ce produit de l’accord de libre-échange avec la Malaisie. Adopté par le National, le texte passe ce lundi devant le Conseil des États. Interview de son auteur, Jean-Pierre Grin (UDC/VD).

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L'éditorial: La Suisse est dans l’impasse agricole

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Le non des Suisses à des aliments équitables, est-ce un oui à l’huile de palme?

Non. En refusant cette initiative, les Suisses ont rejeté l’idée de contrôler l’ensemble des aliments produits à l’étranger et que l’on souhaiterait importer. Ce qui aurait accentué le tourisme d’achat. Ils ne se sont pas prononcés sur l’huile de palme en particulier.

C’est pourtant l’exemple type de l’aliment «pas équitable»…

Et c’est pour cela que ma motion demande de l’exclure des accords de libre-échange avec la Malaisie, mais aussi avec l’Indonésie. Le texte des Verts, lui, ne faisait aucune distinction de produits. Il aurait conduit à un appauvrissement de l’offre et à une hausse des prix.

Après ce résultat, vous pensez encore que le Conseil des États puisse accepter cette exclusion?

Il y aura un peu de suspense. Le vote était serré en commission. Il faudra voir comment les partis se positionnent en plénum.

Ce double non, c’est quand même un refus du protectionnisme agricole, et donc un appel à plus de libéralisme. Non?

Il y a peut-être une partie des Suisses qui ont rejeté ces textes parce qu’ils estiment qu’il faut ouvrir les frontières dans le domaine agricole. Je pense ici en particulier au refus de l’initiative d’Uniterre sur la souveraineté alimentaire. Mais je pense que c’est une minorité. J’en veux pour preuve le dernier article sur la sécurité alimentaire. Il y a une année, les trois quarts de la population ont soutenu ce projet de l’Union suisse des paysans. C’est un contrepoids bien réel à trop de libéralisme dans ce domaine.

Johann Schneider-Ammann, qui milite pour plus de libéralisme, ne va pas voir les choses de cette façon.

Il y a effectivement un risque. Mais ceux qui défendent les paysans au parlement vont se battre. Ouvrir trop grand les frontières aurait comme conséquence une chute des prix. Or nous ne voulons pas d’une agriculture suisse qui ne vive que des paiements directs. Nous voulons une agriculture suisse qui reste productrice.

En tant que paysan, n’avez-vous pas un œil qui rit et un œil qui pleure aujourd’hui?

Non. Ce ne sont pas des votes contre les paysans. Notre agriculture est respectueuse de l’environnement. Elle est sans OGM et limite au maximum les pesticides. Je pense que la population nous soutient. D’ailleurs, lorsque les paysans sont unis, comme sur l’article sur la sécurité alimentaire, ils sont suivis par la population.

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