Révision sur les armes: campagne ultra-violente

Votations 19 maiLes internautes opposés à la révision sur les armes en votation le 19 mai tirent à boulets rouges sur les partisans. En particulier en Suisse alémanique. Côté romand, c'est plus calme.

Pour rappel, les Suisses diront s'ils acceptent de durcir la loi sur les armes pour l'adapter au droit européen.

Pour rappel, les Suisses diront s'ils acceptent de durcir la loi sur les armes pour l'adapter au droit européen. Image: Photo d'illustration

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A cinq semaines de la votation du 19 mai sur la révision sur les armes, les esprits s'échauffent. Un texte qui aurait pour l'instant largement l'aval des citoyens selon les premiers sondages. La raison peut-être d'une bataille particulièrement violente en Suisse alémanique. Le «Blick» évoque ainsi mercredi des insultes, des menaces et des tentatives d'intimidation de la part des opposants à la révision.

Pour rappel, les Suisses diront s'ils acceptent de durcir la loi sur les armes pour l'adapter au droit européen. Cette révision compromet la tradition du tir, selon ses opposants, soutenus par l'UDC. Un rejet mettra fin à la participation helvétique à l'espace Schengen, répondent les partisans du «oui».

C'est sur les réseaux sociaux surtout que les internautes se déchaînent. «J'ai suivi les campagnes électorales pendant de nombreuses années. L'agressivité des commentaires a atteint un niveau jamais atteint», déclare Nicole Wiedemeier, responsable de la campagne d'Economiesuisse.

«C'est ce qu'Hitler a fait»

Selon le journal, les partisans de la révision sont jugés comme des «traîtres à la patrie». Ils sont considérés comme des «gauchistes», même si tous les partis, y compris le PLR, soutiennent le projet de loi. Le «Blick» constate aussi un degré de férocité étonnant dans les commentaires de ses lecteurs, commentaires qu'il doit souvent supprimer.

Ainsi un opposant a pris à partie un partisan: «Tu es peut-être le cambrioleur qui viole ma femme», avant de lui exposer sa vengeance dans un fantasme violent. Un autre internaute a lancé: «Désarmer le peuple, c'est ce qu'Hitler a fait». Mais les partisans de la réforme ne sont parfois pas en reste. Ainsi l'un d'eux a lancé que «le fanatisme des armes était dû à l'impuissance».

Même les politiciens sont violemment insultés, avec en ligne de mire surtout la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. Le président et chasseur du PBD Martin Landolt a lui aussi été dénigré sur Twitter et un conseiller national, qui a tenu à rester anonyme, a reçu lui des appels menaçants de la part d'un opposant à la révision en colère. Même les chasseurs qui soutiennent le texte n'échappent pas à cette vindicte. Certains ont été intimidés au point de renoncer à faire campagne pour le oui. Une chasseuse aurait même eu peur de perdre son permis.

«Plus calme en Suisse romande»

Côté romand, la campagne semble nettement moins virulente pour l'instant. Robin Udry, secrétaire général de la société pour un droit libéral sur les armes PROTELL, se dit surpris de cette violence outre-Sarine, violence qu'il n'a pas constatée lui-même, précise-t-il. Mais oui, les gens peuvent s'énerver, reconnaît-il. Et il fait une analogie avec les gilets en France: «quand on voit tous ces gens qui ne sont pas écoutés par les gouvernements successifs qui leur ont fait moultes promesses, je peux comprendre qu'ils soient aujourd'hui furieux et que certains se lâchent sur les réseaux sociaux, même si je ne le cautionne pas».

Mais il affirme que les membres de PROTELL se montrent eux respectueux dans les débats et s'efforcent d'être factuels. En revanche, il affirme que lui aussi a reçu des insultes de plusieurs partisans de la réforme qui traitent les opposants de «crétins des Alpes, d'abrutis des flingues, d'excités de la gâchette, et autres propos à connotation sexiste», indique-t-il. «Mais on ne répond pas à ce genre de remarques», indique-t-il. «On n'a pas envie de tomber dans le caniveau.»

Créé: 17.04.2019, 10h30

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