«Révolution verte» et initiative des Verts: même combat?

Politique écologiqueLa conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens, coprésidente des Verts suisse, affiche sa satisfaction. La «révolution verte» préparée par le Conseil fédéral s'inspire largement des souhaits de son parti. Interview.

L'avenir écologique de la Suisse: un enjeu politique majeur. Ici une maison faniliale Minergie dans le canton de Saint-Gall.

L'avenir écologique de la Suisse: un enjeu politique majeur. Ici une maison faniliale Minergie dans le canton de Saint-Gall. Image: Keystone

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24 heures – Le Conseil fédéral rejette votre initiative «Pour une économie verte» et vous criez victoire. Etonnant?

Adèle Thorens – Nous sommes surtout contents que le Conseil fédéral nous oppose un contre-projet indirect. Il admet ainsi que notre initiative vise juste.

Mais réduire l’empreinte écologique est dans l’air du temps?

Quand nous avons conçu notre initiative en 2010, la confédération (l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), avec le Département de l’économie) préparait son Masterplan cleantech. Le projet était encore embryonnaire mais il comportait de bonnes idées. Notre initiative a donné une impulsion à ce travail qui s’est élargi pour aboutir au plan d’action pour une économie verte que le Conseil fédéral devrait présenter prochainement en tant que contre-projet indirect à notre initiative.

Les Verts ont donc été écoutés: vous pouvez alors retirer votre initiative?

Nous n’avons même pas connaissance du projet final de la Confédération et il devra encore passer par les débats au parlement. Je ne peux donc rien dire à ce stade. Mais le rôle des initiatives est aussi, effectivement, de lancer le débat et de maintenir la pression pour que la thématique ne disparaisse pas des radars. Comme l’a fait l’initiative sur le paysage dans la révision de la loi sur l’aménagement du territoire.

Votre initiative veut imposer des mesures contraignantes. Prenons le petit bout de la lorgnette: quand vous constatez le pataquès provoqué par la simple introduction de la taxe au sac à Lausanne, n’est-ce pas de nature à vous faire réduire vos exigences?

Pour la taxe au sac à Lausanne, nous sommes dans une phase de transition normale lors de l’introduction d’une nouvelle mesure. Quand nous aurons le recul nécessaire, comme dans les cantons alémaniques qui l’ont introduite il y a quelques années, nous assisterons à une normalisation.

Les contraintes sont néanmoins très mal acceptées!

Pour ce qui est de notre initiative, nous ne prônons absolument pas la contrainte au niveau des mesures. Nous fixons un objectif contraignant – réduire l’empreinte écologique de la Suisse à une seule planète en 2050 – mais pour le reste, l’initiative propose un catalogue de mesures parmi lesquelles les autorités pourront piocher librement.

Le Conseil fédéral ne vous a-t-il pas déjà emboîté le pas avec les 27 mesures de son plan d’action écologique?

Nous attendons son rapport pour nous prononcer. Je n’ai vu passer que quelques bribes d’informations suite à des fuites dans la presse alémanique. Pour nous, l’important reste qu’un objectif clair soit fixé et qu’ensuite, on fixe des objectifs opérationnels pour chaque législature.

Mais quel genre de mesures préconisez-vous ?

Les mesures sont, elles, à discuter et à adapter. Il y a bien sûr la fiscalité écologique, mais aussi les incitations financières positives ou encore les prescriptions. Le parlement a par exemple décidé de retirer progressivement du marché les ampoules électriques à incandescence. Quand une alternative existe sur le marché, il faut exiger le retrait des produits inefficients. (nxp)

Créé: 01.03.2013, 08h00

La conseillère nationale vaudoise Adèle Thorens, coprésidente des Verts suisses. (Image: Keystone )

De quoi parle-t-on?

La Suisse n’est pas en mesure de se fixer des objectifs trop ambitieux en termes écologiques. Fort de cet avis, le Conseil fédéral a rejeté mercredi l’initiative «Pour une économie verte». Il veut lui opposer un contre-projet moins contraignant.

L’initiative populaire des Verts «pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources» veut en revenir à une économie circulaire où les ressources sont utilisées, recyclées, réutilisées, réparées et partagées. Elle fixe un objectif clair: d’ici 2050, la Suisse devra réduire son empreinte écologique à une seule planète au lieu de trois.

Cet objectif ne pourra pas être mis en œuvre d’ici là, estime le gouvernement dont les lignes fortes du futur projet ont déjà fuité dans la presse dominicale.

L’autorégulation volontaire et le dialogue avec la société seraient au premier plan de cette «révolution verte» du Conseil fédéral, qui comporte pas moins de 27 mesures.

Parmi celles-ci la déclaration d’empreinte écologique. Ainsi, les produits devraient afficher à l’avenir la quantité de ressources consommées lors de leur production. Le projet du Conseil fédéral devrait aussi contraindre les commerces de détail à reprendre les emballages. (ats/Newsnet)

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