Rires, pleurs et longueurs ont marqué le nouveau parlement

Conseil nationalLa 51e législature du parlement suisse est lancée. Les élus ont juré, ont promis et se sont émus face à un chœur d’enfants. Récit.

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Je ne sais pas si c’est l’effet du vieillissement qui me gagne, mais cette rentrée parlementaire fait un bien fou. Un véritable bain de jouvence. Lundi sous la Coupole fédérale, une foule de nouveaux élus prend ses quartiers. L’ambiance est bon enfant. «J’aime ce côté convivial du parlement où l’on vient en famille», lâche Delphine Klopfenstein Broggini (Verts/GE) au pied des trois Suisses. Son collègue Nicolas Walder avoue qu’il se prépare à sa nouvelle fonction en prenant des cours privés d’allemand. Un souci que n’a pas François Pointet (Vert’lib/VD). Grâce à un séjour d’un an à Cologne et de deux ans à Zurich, il est bien armé de ce côté-là. «Mais c’est quand même impressionnant d’être ici pour sa prestation de serment.»

Après le joyeux brouhaha des retrouvailles des élus, le calme se fait dans la salle à 14h30. La cérémonie débute avec son rituel immuable sous l’œil bienveillant du Conseil fédéral présent in corpore. La doyenne de fonction, la Verte Maya Graf, connue depuis le documentaire de Jean-Stéphane Bron «Maïs im Bundeshuus: le Génie helvétique», s’adresse à l’Assemblée dans les quatre langues nationales. Comme toujours, pour des questions de compréhension, la partie romanche est la plus courte et la partie allemande la plus longue. Le discours ne décolle pas vraiment et la Verte enfonce des portes ouvertes sur le parlement jeune, vert et féminin. Applaudissements polis.

Suit le benjamin de l’Assemblée, Andri Silberschmidt (25 ans). Costard-cravate, il décline les thèmes chers aux Jeunes PLR, notamment celui d’une réforme de la retraite. Il flatte les vieux élus dans le sens du poil en vantant leur expérience et la prospérité du pays qu’ils ont bâti. Le discours ressemble à son costard-cravate: joli, lisse et propret. Applaudissements un peu plus nourris que pour la doyenne. Au fond de la salle, les vieux crocodiles Nordmann, Pfister, Gössi et Rösti clignent de l’œil de contentement.

Relents de Fête des Vignerons

Soudain, un gémissement d’enfant retentit dans la salle. Les pleurs, qui proviennent de la tribune du public, commencent à couvrir la voix de la présidente. Les regards montent vers le haut. C’est alors que le corédacteur en chef de la «Schweizer Illustrierte», Werner de Schepper, se lève et sort de l’enceinte avec le bambin blond contrarié qu’il a conçu avec la conseillère nationale Irène Kälin (Vert/AG).

Il est temps de passer aux choses sérieuses: l’assermentation des 200 élus du National. Elle se fait groupée mais en deux temps. Les premiers élus, plutôt à droite, «jurent» d’être fidèles à la Constitution et aux lois au nom de Dieu Tout-Puissant. Ils le font en brandissant le pouce, l’index et le majeur. Le second groupe, plutôt à gauche, «promet» de respecter les mêmes textes et de remplir en conscience les devoirs de sa charge.

Après la solennité, l’émotion. Le chœur des enfants de la Fête des Vignerons fait son entrée dans la salle avec, collées au dos, des ailes de papillon et de coccinelle. Ils entament d’une voix cristalline le Cantique suisse. Le chant est repris par toute l’Assemblée, public compris. Gros succès à l’applaudimètre. Tout le monde est ravi. Si la Fête des Vignerons est là, c’est parce que la Vaudoise Isabelle Moret est élue à la présidence du National. Elle fait un score canon avec 193 voix.

Attaque au milk-shake

Cette rentrée des classes parlementaires très consensuelle ne saurait faire oublier un fait divers pas très reluisant pour l’ultragauche zurichoise. Celle-ci a attaqué récemment le conseiller national UDC Roger Köppel dans un bistrot de la ville de Zwingli alors qu’il mangeait avec son collègue Christoph Mörgeli. Les deux hommes se sont pris des milk-shakes en pleine figure alors qu’ils mangeaient tranquillement leur repas. Le groupe «Jeunesse révolutionnaire de Zurich» justifie cette action par le fait que les deux hommes sont des porte-drapeaux de la «Weltwoche», un magazine qui «répand la haine raciste, sexiste». Une agression condamnée par les élus de droite comme de gauche

Créé: 02.12.2019, 23h45

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